La gestion
des paradoxes

La philosophie d'un surviste.

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Intro
Le cercle des profs disparus.

C'est quoi le bonheur ?
Paradoxe : il est partout, mais insaisissable ?
Paradoxe : quête totalement personnelle mais impossible sans les autres.

Gérer la violence
Paradoxe : par la non-violence ou par une violence plus forte ?

L'être supérieur
Paradoxe : Etre supérieur, c'est être esclave

C'est écrit d'avance
Paradoxe : Le hasard du destin ou le destin du hasard ?

Le miroir
Paradoxe : je veux savoir ! Mais pas trop...

La conscience fait peur
Paradoxe : conscience = impuissance ou puissance ?

Je suis né mais je n'existe pas
Paradoxe : peut-on exister sans être ?

L'éducation
Paradoxe : Savoir que l'on ne sait pas.

 

Dialogue avec un clown
Paradoxe : sans la peur, le rire n'existerait pas

Dieu existe-t-il ? (la fin d'un vieux débat)
Paradoxe : dieu est partout et nulle part ?

Anti-dieu contre surviste.
Paradoxe : Annihiler la puissance de " l'idée dieu "
mais reconnaître que " l'idée dieu " est immortelle..

Le but de l'univers (la fin d'un autre vieux débat)
Paradoxe : l'univers bouge sans être vivant

La notion de justice
Paradoxe : pour bien voir, être aveugle

Contrer une manipulation
Paradoxe : savoir manipuler un manipulateur

Le but de ceux qui ont tout
Paradoxe : avoir tout pour s'ennuyer plus

Les sentiments
Paradoxe : les émotions sont du poison ou le nectar de la vie ?

Gérer la mort
Paradoxe : l'impensable doit être pensé

Pense à la virgule
Paradoxe : tout a une fin mais rien ne finit vraiment.

 

 

C'est quoi le bonheur ?

Paradoxe : il est partout, mais insaisissable ?
Paradoxe : quête totalement personnelle mais impossible sans les autres.

 

C'est quoi le bonheur ?

Le bonheur est avant tout « un état d'esprit » symbolisant le bien être.

Me voilà bien avancé...

Désolé pour l'imprécision. Mais il est difficile d'expliquer ce qu'est le bonheur en peu de mots. Pour se faire une idée et éviter de se perdre en conjoncture, on peut commencer par déterminer ce qu'il n'est pas : en aucun cas le bonheur est une configuration d'événements ou une configuration matérielle précise et immortelle.

?

Je veux dire par là que le bonheur serein, ce n'est pas comme une liste de commissions pour remplir un frigo, qui serait toujours identique jusqu'à la fin des temps. Ce n'est pas non plus un endroit clos bien délimité (une île déserte sous les tropiques). En un mot, le bonheur n'est pas un point précis.

Pourquoi le bonheur n'est pas un point précis ?

Lorsqu'on mange toujours le même plat à midi et le soir, on finit par ne plus apprécier de venir à table. Le cerveau se lasse généralement des situations rigoureusement identiques : lorsqu'il tourne trop en rond, le cerveau s'ennuie, se lasse, déprime. Avoir atteint le « bonheur tant désiré » n'est donc pas une garantie de « bonheur jusqu'à la fin des temps ».
Par exemple, une situation maritale n'est pas une fin en soi. Atteindre un certain confort ou avoir des habitudes dans les normes de la société peut donner l'impression d'étouffer ou d'être un robot.
Le cerveau a besoin d'excitation, de mise en danger, afin d'avoir pleinement l'impression d'être vivant.

Comment puis-je faire pour atteindre le bonheur ?

Le bonheur est un état d'esprit. Pourquoi ? Parce qu'avec « tout », certaines personnes continuent à être malheureuses, et qu'avec « rien » d'autres gardent le sourire et sont heureuses. Faut-il ne « rien » avoir pour être heureux ? Non, car « avoir » participe à notre survie. Mais comme nous n'avons pas tous les mêmes besoins, (certains cerveaux se lassent plus vite que d'autres, certains cerveaux ont plus peur que d'autres), notre bonheur est et restera personnel, une quête intérieure. Et cette quête intérieure relève autant de la connaissance de nos propres besoins, que de l'équilibre avec les besoins des autres.

Cela fait beaucoup de connaissances à gérer !

Aussi, pour ne pas se noyer, il est important de faire un tri, un tri par importance, par valeurs dominantes. Le survisme permet de définir les valeurs dominantes des situations complexes. Cette approche permet d'établir un subtil équilibre, de ne pas mépriser certains paramètres, mais laisser de côté ceux qui n'agissent pas directement sur la mécanique.

Certaines personnes vous vendent le bonheur : « achetez cet objet et vos soucis disparaîtront. » « Suivez mon enseignement à la lettre, ne mangez pas ceci, buvez cela, et tout ira pour le mieux ».
Seulement il y a tellement de paramètres dans l'univers, dans notre univers, tellement d'incertitudes dans le hasard des rencontres d'une vie, même en ayant cerné les caractéristiques précises qui permettent d'évaluer vos propres besoins à un instant précis, il est impossible que quelqu'un trouve votre bonheur à votre place. Personne ne peut savoir d'avance qu'un jour dans un musée, la vision d'une peinture peut toucher votre âme au point de ne plus voir la vie de la même manière.
Si quelqu'un vous dit « ceci est ton bonheur, fais ce que je te dis », il y a de grandes chances pour que vous alliez dans le sens de cette personne, mais pas dans le vôtre. Obéir aveuglément à une personne ne vous permettra donc pas de trouver le bonheur. Une personne « sage » peut éventuellement donner des indications sur des domaines à explorer, mais en aucun cas elle ne pourra dire « fait exactement ceci et tu seras heureux ».

En jouant l'avocat du diable, je dirais que des gens se sentent bien mieux en obéissant à quelqu'un toute la journée, qu'en étant face à eux même ! Je connais une fille qui a choisi de vivre avec une personne autoritaire parce qu'elle avait ainsi moins de responsabilités écrasantes, moins à réfléchir sans trouver de réponse : il lui suffisait de se laisser vivre !

C'est vrai qu'un grand nombre de personnes sur terre, préfèrent être sous les ordres de quelqu'un. L'exemple le plus répandu est « l'ordre militaire », où l'individu n'a pas à « se prendre la tête », il lui suffit d'obéir. Mais si l'ordre militaire finit par disparaître pour une raison ou une autre, l'individu se retrouve complètement perdu, sans but. Or, c'est ce qui arrive après un accident invalidant ou lorsque le militaire prend sa retraite.
Tous les anciens militaires ne se retrouvent pas dans cette situation, heureusement, mais si l'alcool est si présent dans certaines vies, ce n'est pas un hasard. C'est pour oublier que l'on s'ennuie ou que l'on est incapable de résoudre correctement ses problèmes.

Donc à court terme, obéir aveuglément à des ordres peut quand-même parfaitement procurer « le bonheur » !

Oui, pour bon nombre de gens c'est le cas. Mais c'est du court terme et l'habitude d'obéir sans réfléchir par soi-même fragilise l'individu lorsque des changements arrivent.
Or le monde change en permanence ! Rien n'est éternel, même pas une armée ou une patrie.

Que peut apporter le point de vue « surviste » dans la quête du bonheur ?

Le point de vue surviste permet de déterminer facilement et avec exactitude, nos valeurs prioritaires. Et ainsi, de savoir où est notre chemin, où est notre bien être, notre bonheur.

Le bonheur est-il impossible à trouver si on ne connaît pas ses propres valeurs prioritaires ?

Evidemment ! Enfin... On peut tout de même être heureux sans s'être posé les grandes questions de base : qui suis-je ? Qu'ai-je ? Courge ? Mais ce bonheur là est bien fragile lorsqu'arrivent les grands chamboulements de la vie comme la vie en couple, les décès, les naissances, l'éducation des enfants, etc.

Soit, mais concrètement cette quête du bonheur passe par quel chemin ?

Reprenons les deux définitions de « philosophie » et de « survisme » :

Qu'est-ce que la philosophie ?
La philosophie c'est une sélection de valeurs prioritaires (que nous soyons simple citoyen actuel ou « Platon » ou « Socrate », nous privilégions tous des valeurs : le cynisme, la jouissance, la famille, notre travail, etc. Ce sont nos valeurs prioritaires).

Qu'est-ce que le survisme ?
C'est une approche de la psychologie qui permet de déterminer les valeurs prioritaires d'un individu à un moment précis, suivant un axe unique : la survie.

Concrètement, à chaque information nouvelle reçue par le cerveau, ce dernier se demande si elle doit être classée dans la boîte « assure ma survie » ou dans la boîte « n'assure pas ma survie ».
Et une fois classées dans chacune de ces 2 boites, les informations de chaque boîte se classent par ordre de priorité.
Exemple :
deux informations :
la première : j'ai faim
(information = « j'ai faim » transmise à travers l'hypothalamus et le thalamus)
et une deuxième information : je suis en train de travailler et le travail n'est pas fini.

2 possibilités de classement d'importance suivant « nos valeurs propriétaires » :

Possibilité 1 :
Je vais manger tout de suite car l'information « me nourrir » est plus importante (valeur prioritaire) que « finir le travail avant ».
Certains appelleront cela : être épicurien.

Possibilité 2 :
Je vais continuer à travailler car l'information « travail fini » est plus importante (assure mieux ma survie) que l'information « manger à heure fixe ».
Certains appelleront cela : être un bosseur acharné.

La question que se pose en permanence notre cerveau (de manière plus ou moins inconsciente) est :

« est-ce que cela assure ma survie ? Si « oui », je le fais, si « non » je ne le fais pas, »

le survisme aide donc à la prise de conscience des valeurs prioritaires.

Autre exemple :

Si un militaire s'engage dans l'armée parce qu'il veut défendre « la patrie », et qu'il meurt au combat, a-t-il pour autant oublié la valeur que représente sa famille qu'il laisse derrière lui ?

Non, car sa survie, ce qui fait qu'il est pleinement lui, c'est la défense de la valeur « patrie ». La patrie est sa valeur dominante.
Tant pis si une personne dans un bureau a décidé qu'il doit être à un moment précis dans un lieu précis et qu'il meurt.

La patrie = survie.

Pourquoi ? Parce que même s'il meurt, la patrie survivra (selon lui, en partie grâce à lui). Il ne se sera donc pas trompé sur sa « survie », son harmonie.
On peut trouver cela étrange de « survivre de cette manière », mais le bonheur de ce militaire est dans cette survie-là et il n'appartient à personne de dire « tu as des valeurs erronées »,
car c'est son choix et son bonheur n'appartient qu'à lui.

Si par contre le militaire s'engage pour la sécurité de l'emploi parce qu'on est en temps de paix, parce qu'il aura une bonne retraite bien avant 60 ans, à ce moment là, le survisme permet de comprendre que ses valeurs prioritaires sont « la sécurité ».
Sa sécurité peut sembler illusoire quand son métier est directement ou indirectement lié à la mort d'autres humains qui se défendront également avec des armes.
Dans ce cas, le survisme peut mettre en évidence le fait que sa valeur prioritaire « la sécurité = survie » n'est pas réellement en accord avec ses agissements.

Se trompe-t-il ? A-t-il mal pris en considération certaines données, certains risques ?
Pour lui, sa mort n'assurera pas du tout « sa survie » (sa valeur dominante : sa sécurité)
On peut donc douter de sa façon d'obtenir « le bonheur ».

Dans ces deux cas, personne ne connaît d'avance l'avenir et les deux peuvent mourir.
Mais le premier assume et inclut ce risque dans sa vie, il vivra donc dans un certain bonheur (en accord profond avec ses valeurs). Le second, lui, vivra mal, dans l'angoisse qu'une guerre se déclenche. (angoisse = opposé du bonheur).

Ce dernier point de vue est antimilitariste ! Le survisme est donc antimilitariste ?

Mais ? Le survisme n'est pas « pro ou anti militariste » ! Ce n'est qu'un moyen pour comprendre quelles valeurs l'individu rend prioritaires à tel ou tel moment ! Rien d'autre. Ce n'est pas un moyen de juger l'individu, mais de le rendre conscient. C'est tout. Et c'est déjà pas mal. Pour le reste, chacun doit assumer les valeurs qu'il se donne comme prioritaires.

Mais pour revenir à la question : est-ce que certains peuvent savoir où est le bonheur des autres, je pense que la réponse est « oui ». Exemple, les parents d'un enfant savent ce qui est bon pour l'enfant, bon pour son bonheur.

Non.
Ils savent ce que leur expérience leur a enseigné. Et leur survie passant par l'enfant (car l'enfant est une projection d'eux-même, une sorte de continuité temporelle), ils seront toujours tentés de dire « fais ceci, fais cela, ne va pas là ». Ces choix font évidemment partie de l'éducation, mais en aucun cas le parent ne pourra avoir la certitude que SES choix pour l'enfant apporteront réellement le bonheur à son enfant.

Pourquoi pas ?

Parce que même si le parent connaît très bien son enfant, ses goûts, son histoire, sa sensibilité, il y a tant de paramètres qui constituent l'univers, que personne n'a le cerveau capable de calculer toutes les possibilités, toutes les combinaisons amenant ou non à la survie.
Déjà calculer, comprendre, être conscient pour soi-même, c'est long, difficile, alors le faire pour une personne autre que soi, un autre corps, une autre histoire... C'est impossible !

Pourtant la mère aimante est très bien placée pour comprendre son enfant et savoir où est son bonheur !

Non, je regrette : même une mère aimante ne vit pas à la place de son enfant, ne voit pas ce qu'il voit quand il est seul en classe, quand il shoote dans un ballon, lorsqu'il est avec ses copains ou copines. Chaque individu est unique. Et même si l'enfant communique bien avec sa mère, il dira ce qu'il ressent avec son âge d'enfant, sans conscience réelle de beaucoup de paramètres. Résultat, même si l'enfant dit beaucoup de choses, il déformera naturellement certaines données, il taira ce qui lui fait honte, etc. Et ces déformations parfois très éloignées de la « réalité », amènent à des raisonnements inexacts de la mère (ou du père).

T'es sûr ?

Combien de parents aimants se retrouvent néanmoins « sur le cul » lorsqu'on leur annonce que leur enfant a fait telle ou telle chose dans leur dos ?
Car cela fait aussi partie de la « survie » pour l'enfant que de ne pas tout dire, d'apprendre à être autonome, de prendre des risques, d'expérimenter, de faire des bêtises pour voir les limites, ressentir les peurs, les joies, etc.

Alors les parents ne doivent pas servir de guide ?

Les parents ne peuvent que « faire du mieux qu'ils peuvent », expliquer et prévenir des dangers potentiels, être là pour le réconfort, etc. Mais le bonheur de chacun dépend de chacun.
Car un enfant qui suit aveuglément des parents autoritaires se retrouve généralement perdu lorsque ces derniers disparaissent, ou alors l'enfant sous cette pression « pète les plombs » avant !
Pareil dans le cas où l'enfant a des parents qui ont réponse à tout : l'enfant ne fait pas l'effort de réfléchir par lui-même, se contente d'être « gavé » par ses parents. Si un jour il n'y a plus cette source qui le gave, qui répond automatiquement à ses problèmes, qu'il ne peut pas appuyer sur le bouton pour avoir une réponse, il se sent perdu.
Un cerveau qui n'a pas pris l'habitude de résoudre des problèmes par lui-même, est un cerveau « handicapé » qui aura du mal à assurer sa propre survie.

Donc, il ne peut pas exister de « guide » pour la vie ? Mais alors que tentes-tu de faire en répondant à la question « où est le bonheur » ?

Je ne fais qu'exprimer mon avis et ne donne aucun « ordre » à respecter à la lettre.
Tout le monde peut être « guidé », que ce soit par un policier ou un pompier en cas de danger dans un incendie, que ce soit par un guide de musée qui nous transmet son savoir, que ce soit par un étranger lorsqu'on est perdu dans une ville inconnue,
donc le problème n'est pas le mot « guide » ni l'action de « suivre ». Le problème est « suivre aveuglément sans rien chercher à comprendre ».

Mais il existe des personnes beaucoup plus intelligente que toi ou moi, qui gèrent facilement des situations complexes qui nous dépassent, qui savent mieux ce qu'il faut faire ! Qui savent où est la réalité ! Donc il n'y a pas de mal à suivre aveuglément des personnes très très intelligentes !

Si, il y a un problème.
Ce problème est toujours le même : la dépendance.
Car si cet être « extrêmement intelligent » ou qui te fait croire à son extrême intelligence, disparaît, tu te sentiras complètement perdu et ta survie ne sera plus assurée.
Comme l'on été des dizaines de milliers de personnes à la mort d'Hitler ou de Staline. Elles se sont senties totalement perdues et cela engendre parfois le sacrifice ultime de leur vie, le suicide.

Si l'être « extrêmement intelligent » ne te donne pas les clés pour comprendre ce qu'il comprend, si au lieu de transmettre son savoir il te donne des ordres, s'il dit « moi je sais, toi tu ne sais pas » et en reste là, c'est que cet être est finalement un ignorant, ou qu'il méprise les conséquences que cela peut avoir sur ta propre vie.

D'une manière générale, un « intelligent » qui écrase l'autre, qui le rend dépendant, qui ne rend pas l'autre plus fort, c'est finalement un être identique à celui qui arrive vers toi avec une massue et qui te frappe.
Que l'écrasement soit physique (avec une massue) ou mental (suite à une discussion), cela revient au même. Cette domination ne sert qu'à donner l'illusion aux dominateurs de mieux assurer leur survie. Ce n'est pas une vraie confrontation face à un être égal ou plus fort, c'est un combat lâche.
L'être « plus faible » reste plus faible.

Pourquoi un être intelligent devrait être « généreux » en donnant de la force aux autres, en leur transmettant tout son savoir, sans limite ? La survie passe par garder pour soi ses avantages ! Sinon l'autre peut retourner l'arme contre toi, devenir aussi intelligent et te menacer !

L'intelligence n'est jamais menacée par une autre intelligence.

L'intelligence, c'est connaître correctement les causes et les effets d'une situation. Et cette connaissance ne peut pas détruire autre chose que l'ignorance et l'obscurantisme.

Ta définition de l'intelligence me paraît bizarre. Je ne vois pas la différence entre ta définition de l'intelligence et la définition du « savoir »...

Le savoir, c'est l'identification de causes et d'effets. Point. Ce savoir peut être faux, inexact.
(C'est une différence avec l'intelligence).
Le « savoir faux » n'a pas comme synonyme « l'ignorance » car la personne ayant ce « savoir inexact » ne se sent pas « ignorante ».
D'autre part, « le savoir » n'est pas forcément lié au support humain. « Le savoir » peut être contenu dans un livre ou tout autre support non vivant.
L'intelligence, c'est « connaître », ce qui implique que le support doit être vivant.
Un livre ne « connaît pas » une formule mathématique...

Les différences sont bien subtiles...

Mais je pense que l'intelligence ne supporte pas l'égalité. Un être intelligent ne cherche pas à transmettre son intelligence, il la garde pour lui.

Je crois que tu confonds intelligence et ego. Et là, il est vrai que certains « ego » préfèrent que le voisin soit plus bête, plus pauvre, etc.
Mais c'est un problème d'ego et non directement d'intelligence ou de transmission de savoir.
Evidemment, l'égo n'est pas une entité à part entière, il dépend de l'intelligence. Et une intelligence pleine et entière ne place pas son ego au centre du monde... En conclusion, la personne qui ne veut pas transmettre ses connaissances n'est peut-être pas si intelligente que tu le crois.

Aucune personne ne connaît précisément où sera le bonheur de l'autre, mais... Puisqu'il faut connaître ses valeurs prioritaires pour savoir où est son bonheur relatif : quelles sont les valeurs prioritaires dans la philosophie surviste ?*

*Précisons que « reconnaître le survisme comme une approche rigoureuse de la psychologie » ne fait pas de celui ou celle qui l'admet, une personne dont la philosophie est surviste. Chacun reste évidemment libre de son choix de valeurs prioritaires.

Les valeurs prioritaires de la philosophie surviste sont la liberté totale d'accès au savoir, ainsi que la liberté de communiquer ce savoir quel qu'il soit.
Pourquoi ? Parce que tous les chemins ont potentiellement la capacité d'assurer notre survie. Il est donc impératif de connaître le plus de chemins possibles afin de pouvoir choisir celui qui nous paraît le meilleur. Et pour connaître le plus de chemins possibles, il faut respecter la liberté d'expression. Attention, le plus dur est d'accepter de respecter la liberté des autres alors que notre ego nous pousse à penser « j'ai raison les autres ont tort ! ».
Cet objectif entraîne l'obligation de se remettre en cause, il nous oblige à comprendre que nos certitudes sont établies uniquement pour nous. Se remettre en cause n'est pas un drame. Au contraire, la faculté de s'adapter est l'un des meilleurs moyens pour assurer notre survie.

Se remettre en cause en permanence, ça n'aide pas à se sentir stable, à avoir des points de vue établis. « Se remettre en cause en permanence », pour toi, ça veut dire que tout le monde doit savoir retourner sa veste et renier ses convictions ?

Il ne s'agit pas d'être une girouette qui tourne au moindre vent. Si un navigateur à voile aime seulement le vent du nord, il aura beau s'acharner à n'aimer que cette direction, il devra faire avec les autres vents pour avancer, sans pour autant renier sa « valeur prioritaire ».

C'est un peu « bateau » ou niais d'annoncer ce qui suit, mais il est tout de même important de le préciser :

la philosophie surviste ne peut apprécier la dictature sous aucune forme. Mais elle sait reconnaître que lorsqu'une prise de décision majoritaire est impossible à obtenir (1) ou si elle nous paraît personnellement inacceptable (2), il faut savoir « lancer les dés » et accepter le résultat comme un fait. Libre ensuite de faire mieux par une autre prise de décision.

(1) ( parce que déterminer le mieux possible où est « la survie commune» est parfois impossible)
(2) (exemple : obliger chacun à rouler à vélo pour lutter contre la pollution)

Je n'ai pas trop compris ce que tu viens de dire sur les « décisions majoritaires inacceptables »...

Croire en la démocratie directe, c'est avant tout accepter la décision majoritaire, même si elle nous paraît absurde. Exemple concret :
« le résultat d'une élection nous déplaît. Mais nous devons l'accepter. »

Je ne comprends plus rien : la philosophie surviste c'est accepter d'être esclave et ne pas réagir ?

Non. Ne plus être maître de son avenir n'est pas forcément synonyme de déresponsabilisation. C'est juste comprendre que nous ne sommes pas « tout puissant » et que la force de certains éléments, supérieure à la nôtre, méprise notre volonté. Notre survie ne passe pas par « notre ego roi ».
Exemple, un navigateur dans une tempête doit apprendre l'humilité, car les forces de l'océan, les forces du climat sont supérieures aux siennes et ceci malgré sa volonté. Ce qui n'empêche pas d'avoir une forte volonté de survivre quoi qu'il arrive et de ne pas abandonner face à une situation qui paraît « impossible ».

Jolie métaphore, mais quel est le rapport avec le bonheur ?

Le bonheur personnel est un équilibre à trouver avec soi-même, une quête personnelle. Mais le monde, même celui que l'on a dans sa tête, ne se limite pas à notre nombril, à notre personne. L'humain est un animal social, qui a besoin des autres pour survivre. Son bonheur est donc intérieur, mais dépend de sa façon d'appréhender, de communiquer, de vivre avec les autres.

Faux ! Les ermites se passent très bien des autres !

Soit. Mais le cerveau d'un seul humain ne peut contenir tout le savoir du monde. Il ne peut connaître toute la médecine, et pratiquer sur lui-même toute la chirurgie parfois nécessaire à sa survie. Et je ne parle pas des biens utiles et impossibles à faire soi-même faute de ressources multiples (exemple, une machine à laver).

C'est une vision matérialiste ! Et si tout le monde vivait davantage en ermite, il n'y aurait pas autant de pollution sur terre !

Peut-être, mais y aurait-il assez de place sur notre planète pour que chacun soit ermite ?
Autre exemple de l'impossibilité de « tous vivre en ermite » :
les déjections humaines (d'un seul ermite) sont facilement absorbées par l'environnement, il n'y a pas besoin de système d'épuration, mais s'il y a « plein d'ermites » partout, alors l'environnement sera totalement pollué par les déjections et il faudrait pour leur survie à tous, qu'ils construisent un système d'épuration... Ce qui les obligerait à ne plus être réellement ermite...
Mais avant de se perdre plus en conjoncture, il faut voir les faits : si les humains ont tendance à se regrouper en société, ce n'est pas un hasard, mais bien parce que cela assure mieux leur survie depuis la nuit des temps, face aux bêtes sauvages, faces aux problèmes climatiques, etc.
Alors revenons à la notion de « bonheur parmi les autres ».
Notre bonheur, notre équilibre dépend en grande partie de notre manière de nous placer par rapport à la société.

Entre « vivre uniquement pour soi » et « vivre totalement dépendant des autres », il faut trouver un équilibre, propre à chacun. Un peu à l'image de la démocratie où il faut accepter que le parti adverse gagne lorsqu'il est majoritaire.
Voilà pourquoi il faut savoir « se faire un peu violence » et lutter (dans une certaine mesure) contre une partie de nous-même qui n'a pas envie d'accepter ce que la société veut nous imposer (imposition d'un regard différent du sien). Mais pour cela il faut avoir suffisamment de recul pour se demander en toute objectivité :

Est-ce que ma survie est réellement menacée par la décision de la société contraire à la mienne ?

En conclusion, la recette du bonheur peut se définir comme un état d'esprit constructif qui permet de survivre quels que soient les problèmes que l'on rencontre.

 

 

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