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Un grand merci aux nombreuses personnes qui, par leur témoignage, ont permis la validation des informations qui suivent. Si vous faites partie des victimes de cette maladie, (patient ou famille), nous espérons que les connaissances suivantes vous permettront d'avancer.

Pour voir la vidéo
explicative :


Anorexique, les différentes étapes :
(exemple de progression possible)

01 - La personne anorexique ne sait pas qu'elle est anorexique.

02 - L'anorexique sait qu'elle est anorexique (exemple : par un IMC indice de masse corporelle trop faible)

03 - Personne d'autre ne sait qu'elle est anorexique.

04 - Une personne (médecins, parents ou amis) sait qu'elle est anorexique => démarche de se soigner.

05 - L'anorexique ne comprend pas le mécanisme du TCA (la cause réelle, le traumatisme qui en est la base) et se limite à la surface : penser à la nourriture ou/et à son apparence (obsession)

06 - L'anorexique connaît le mécanisme des TCA.

07 - L'anorexique arrive à faire un parallèle entre le mécanisme décrit et son propre cas.

08 - L'anorexique a pu correctement (avec de l'aide extérieure pour avoir d'autres avis et vérifier qu'elle ne se fait pas d'idées ou qu'on ne la trompe pas) identifier son traumatisme.

09 - Le trauma étant identifié, remettre chaque élément de l'événement à sa place. (aide extérieure fortement recommandée pour déterminer où est la place de chaque chose).

10 - L'anorexique comprend qu'elle n'était pas coupable de l'événement traumatisant (même si elle était présente physiquement).

11 - L'anorexique peut casser son réflexe de culpabilité permanente (le plus long ! Utiliser les sciences du comportement ou sciences cognitives)

12 - L'anorexique était anorexique. (Ceci n'est pas une "prédiction" mais une façon de tracer un plan, de prévoir un chemin pour avancer et ne pas rester dans l'anorexie.)


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[A -]
Principe absolu de l'anorexie mentale :

Tous les cerveaux humains tissent des relations de causes à effets.
A chaque instant, et pour toute chose.
Les personnes victimes de T.C.A. n'échappent pas à ce travail de mise en relation de causes et d'effets. Mais à un moment de leur vie, un événement a généré de la souffrance. Or cet événement, cet "effet", n'a pas trouvé de cause...

 

 

L'anorexie (nous n'avons pas trouvé d'exemple contraire)
est liée à une relation cause / effet (qui peut être relationnel (divorce des parents/amour déçu/etc), d'ordre sexuel (traumatisme lié à une pratique non maîtrisée), etc)
que la personne n'a pas comprise dans son passé.

Ce manque de compréhension n'assure évidemment pas la survie de l'anorexique.
Cette personne va donc être obligée d'utiliser une cause artificielle :
"Cause de la chose que je n'ai pas comprise, pas maîtrisée ? Moi !
Si mes parents ont divorcé, c'est de ma faute.
Si on a abusé de moi, c'est de ma faute.
Etc…"
Or cette culpabilité est une erreur ! <= cette erreur va générer la maladie.

Apparaît ensuite la notion de "punition", car pour retrouver de l'harmonie (programmation de tous les cerveaux depuis des millions d'années), lorsqu'il y a une impression de crime, il faut que l'auteur du crime soit puni. L'anorexie est une forme de punition. La personne anorexique est une personne profondément "juste", qui a horreur de l'injustice. Mais se trompant de "coupable", elle se punit pour rien. Le sentiment de culpabilité (présent dans les données du cerveau d'une anorexique) est une erreur <= cette erreur est la maladie.

Dans la réalité, ces personnes n'avaient absolument pas le pouvoir d'intervenir dans l'évènement traumatisant, (généralement trop jeunes, sans expérience, face à des forces qui les dépassent, etc) mais comme elles étaient présentes, elles prennent cette présence comme centrale dans la relation de causes à effets. Il est dur d'accepter que notre ego roi ne soit pas le centre du monde, et qu'il faut savoir reconnaître que parfois, on subit sans rien pouvoir faire.
Ainsi, le trauma trouve un semblant d'explication : "si ma vie n'est pas cool, c'est de ma faute".

Il ne faut pas perdre de vue que si une personne utilise la mécanique des Troubles Compulsifs Alimentaires, c'est parce qu'elle a le sentiment que ça assure sa survie.

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[B -]
Sentiment de culpabilité généralisé :

Avec le temps, ce sentiment de culpabilité se généralise.

La FAUSSE culpabilité de n'avoir pas compris (car en général le traumatisme arrive à un âge où on est incapable de comprendre si on ne vous l'explique pas : la jeunesse n'est jamais un crime, c'est un état de fait ! On n'a pas l'expérience d'une personne plus âgée, ni la sagesse permettant de faire face aux souffrances)
de cette fausse culpabilité, donc, naîssent toutes les autres culpabilités de sa vie :
"Je suis malade, c'est de ma faute,
je ne réussis pas un examen, c'est que je suis mauvaise,
si je ne suis pas aimée par l'être que j'aime c'est parce que je ne vaux rien, etc, etc. "
Tous les prétextes sont bons pour se sentir coupable.

La compulsion, le reflexe de culpabilité est tel, qu'il leur est difficile de voir comment vivent les autres, voir que ça arrive à tout le monde de connaître des échecs, voir que ne pas recevoir d'amour de la personne qu'on aime, etc, sont des choses normales de la vie ! Il n'y a pas besoin de se punir ou de justifier son malheur !

Ne pas oublier qu'un crime (l'événement traumatisant dont le patient se rend à tort coupable) ne doit pas (dans sa tête) être sans punition ! Sans "logique".

Les valeurs dans la tête du malade font que :
pour un crime commis = administrer une punition !

C'est ça l'harmonie dans sa tête. C'est là qu'est sa survie ! Une des valeurs primordiales de base est l'honneur, l'intégrité. Mais comme cette "harmonie" est artificielle car basée sur une erreur d'appréciation, l'anorexique voulant défendre son honneur, finit par utiliser le mensonge pour sauver les apparences.
Mais l'anorexique n'est pas dupe de ses mensonges, et ces derniers viennent se rajouter à son sentiment de culpabilité de "commettre des crimes".
Après l'anorexique se justifie ainsi : "on n'est plus que l'ombre de soi-même puisqu'on le mérite car on n'est pas une personne bien !"

L'anorexique se punit pour un crime qu'il n'a en fait jamais commis !
C'est la différence avec un vrai criminel qui lui, cherchera toujours à se dédouaner de ses crimes en pensant : "les autres font pareil, ce n'est pas ma faute mais celle de la société, etc". Un vrai criminel, dont la nature est criminelle, n'utilise pas les TCA pour s'exprimer !

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[C -]
"Plaisir ? Surtout pas !"

Pourquoi ?

La gestion du plaisir est aussi déformée par le cerveau de l'anorexique. Voici les informations présentes dans sa tête :
Plaisir = bien être. Or avoir du bien être ce n'est pas bien quand on est criminel. Voilà pourquoi toute source de plaisir (la nourriture en est un), a un goût amer pour les anorexiques.
Pour cette personne :

Plaisir = dysharmonie puisqu'elle ne mérite pas le plaisir (rapport à la culpabilité/sentiment de crime). Seulement le cerveau a besoin des éléments chimiques générés par le plaisir, pour être équilibré et bien fonctionner.

Arrive alors la dépression. Et avec la dépression, le sentiment de culpabilité se nourrit encore plus. Mais ça se soigne ! Voir la suite de ces explications pour mieux comprendre, ainsi que consulter un psychiatre, seule personne en France apte légalement à vous prescrire des drogues rééquilibrant la chimie du cerveau et son équilibre "plaisirs/déplaisirs").
(Mais utiliser des drogues ne peut soigner qu'à court terme, seule une reflexion de fond peut modifier la valeur des informations présentes dans le cerveau).

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[D -]
Le contrôle :

Le contrôle de la nourriture (pour assurer sa survie) est fait pour contrôler les éléments passés qui n'ont pas été contrôlés (et qui ont causé le traumatisme). La personne anorexique se dit :

"il ne faut surtout pas que cette sensation de ne rien pouvoir faire soit à nouveau présente, donc maintenant je prends les devants, et je contrôle ma nourriture car la nourriture c'est très très très important".

Parce que contrôler la nourriture lui donne l'impression d'assure sa survie. Evidemment, l'approche de l'anorexique étant basé sur de l'artificiel, le contrôle de la nourriture ne lui apporte pas de vraie solution pour comprendre son trauma. Le stress est toujours là. Avec le temps, il devient encore plus extrémiste dans son contrôle, culpabilise encore plus, se fait vomir, etc…

Mais ce "contrôle" (qui devient une pulsion, donc, incontrôlable / paradoxe) est égal à un enfermement.
Le cerveau humain est fait pour comprendre, et ainsi maîtriser sa survie, mais dans un cerveau où des éléments faux interviennent (ceux liés à la culpabilité articielle), le moindre petit problème pouvant prendre des proportions énormes, le cerveau prend la décision de tout contrôler, pour qu'aucun petit problème ne vienne le détruire.
Sauf que le cerveau humain n'a pas la puissance pour contrôler l'univers, il y a trop de données. Alors le cerveau réduit l'univers, il devient "la famille" ou "moi" ou "la nourriture".

La "prison" devient salvatrice toujours à cause de cette notion de culpabilité mais également parce qu'elle permet de restreindre son univers.

Problème : la culpabilité est FAUSSE mais pour s'en apercevoir, le comprendre, le gérer, il faut que le cerveau accepte les données extérieures à lui (aide psychologique, amis, etc).

Et ce n'est pas dans une prison que la communication est la plus facile...

Ne pas oublier non plus que pour communiquer, lorsqu'on est parent d'un ou une anorexique, si "le parent" fait parti du "problème", il est impossible de communiquer avec...
La solution doit venir de l'extérieur.

 

[E -]
Methode possible
pour sortir de la prison :

La "prison" étant salvatrice (toujours à cause de cette notion de culpabilité mais également parce qu'elle permet de restreindre son univers et un univers restreint permet d'être contrôlé), sortir de cette prison est comme un "poison" pour l'anorexique. Alors comment s'y prendre ?

suite ...