Boulimies / hyperphagie :
 

 

Comment le survisme peut aider à comprendre
les comportements boulimiques ?

Tout d'abord, il s'agit de définir ce qu'est la boulimie :

Est-ce être gros ?
Est-ce manger trop ?
Est-ce autre chose ?

La boulimie doit être vue différemment de l'obésité.

L'obésité, c'est manger de façon déséquilibrée (trop gras/trop sucré) et avoir ainsi une accumulation d'énergie qui n'est pas dépensée (trop d'énergie issue de la nourriture, qui se transforme en graisse faute d'être dépensée physiquement ou intellectuellement).
L'obésité peut être aussi causée par des facteurs génétiques ou des dérèglements chimiques. Mais dans ces cas (assez rares), la personne ne mange pas forcément trop.

La boulimie, c'est avant tout une recherche de plaisirs par le palais.

Mais ça ne se limite pas là. Ainsi, il existe différents comportements liés au taux d'angoisse :
plus l'angoisse et l'impression d'être "perdu face à un danger" est forte, plus la crise boulimique est forte (plus elle parait incontrôlable).

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Etats et processus :

.la boulimie lente
.pourquoi "on a faim" ?
 hyperphagie
.la boulimie violente
.coupable de quoi ?
.boulimie vomitive
.la pulsion
.l'habitude
.différences : cerveau boulimique / cerveau anorexique

 

 

 

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La boulimie "douce"
qui fait que l'on mange continuellement en petite quantité.



Le cerveau a tendance à être angoissé par le vide et "s'occupe en mangeant". Pourquoi ? Parce que manger est un acte qui assure notre survie d'une façon très accessible (il suffit d'ouvrir le frigo ou un paquet de nourriture). Manger procure du plaisir, mais surtout un "plaisir sûr à tous les coups" (contrairement à d'autres plaisirs (sexuels, sociaux, travail, etc)).

Se sortir de "boulimie douce" ? Peut être "nourrir" son cerveau avec une autre occupation (se cultiver, oser voir le monde, etc…) Car la "boulimie douce" souvent comme base la timidité : ne pas oser dire les choses, parler de ses désirs, parler de ce qui ne va pas dans l'optique de "construire mieux pour l'avenir".

"Exister" est "interdit" par une partie de son cerveau, alors l'objectif est de comprendre que cet interdit ne tient pas la route, et qu'il faut exister. Se faire respecter.
Il y a trop "d'interdits" possibles pour en faire une liste, et pour mettre en face de chaque interdit une façon de voir différemment les choses. De plus, tout dépend ensuite de la philosophie de vie (nos valeurs prioritaires) que l'on adopte. Au patient de chercher progressivement quelles sont ses valeurs prioritaires, et la meilleure façon de défendre (exprimer) ses valeurs.

L'équilibre est lent à mettre en place, mais cette lenteur ne doit pas faire perdre de vue cet objectif premier : oser exister.

 

 

Le problème de la faim :

L'un des problèmes à ne pas mépriser lorsqu'il s'agit de sortir de la "boulimie douce", c'est la "création de la faim".


Qu'est-ce qui fait que l' on a faim ?


c'est un processus complexe, qui fait appel au taux de sucre que l'on a dans le sang (appelé glycémie / lorsqu'on a trop de sucre, c'est de l'hyperglycémie et lorsqu'on a pas assez de sucre, c'est l'hypoglycémie )
Cette glycémie est analysé par l'hypothalamus et le thalamus (situé sous le cerveau) qui envoie des messages au cerveau pour lui dire "faim !" ou "pas faim !"
Mais, une part de notre impression de faim vient des organes, qui (pour schématiser) se creusent du fait qu'ils ne sont pas remplis de nourriture. Or, une personne développant de la "boulimie douce" a (à force de manger) un estomac qui est grand. Et le fait de ne pas "manger tout le temps" lorsqu'elle va mieux, fait que son estomac n'est plus rempli en permanence, et donc elle a faim.
Faim = satiété = avoir encore de la place.
Il est donc important de se retenir de manger hors des repas, afin que progressivement l'estomac reprenne une taille normale. Si les repas à heures fixes sont équilibrés et d'un volume "normal", (ne plus avoir faim, sans forcer), l'estomac ne criera plus famine en permanence. (ceci pour la part physiologique et non pour la part "angoisse" traité ci-dessus et dessous)

 

 

 


Hyperphagie


Ce terme spécifie le fait de manger énormément. Alors quelle différence avec la boulimie ?
En terme d'informations dans le cerveau, il n'y en a pas vraiment. Parfois, certaines définitions de la boulimie impliquent que la personne malade dissimule d'une manière ou d'une autre sa prise de nourriture excessive, en utilisant des laxatifs ou en alternant avec des périodes de privations, etc.
Pourquoi créer le terme d'hyperphagie ? Peut-être une question de mode, cela fait mieux de dire "hyperphagique" que "boulimique". Mais plutôt que s'occuper de l'étiquette que l'on met aux comportements alimentaires dangereux pour la santé, il vaut mieux s'occuper du fond, c'est à dire comprendre les causes de ces comportements.

 

 

 


La boulimie
peut prendre une forme
plus violente

(plus l'angoisse est forte, plus la forme est violente) :


Ainsi, on commence par manger lentement, avoir du plaisir à manger, mais accélérer le rythme d'ingurgitation , et progressivement ce plaisir perd son intensité et on continue a ingurgiter des aliments sans aucun plaisir, pour s'étouffer.

Pourquoi manger autant ?
Face au plaisir de la nourriture, l'individu peut se sentir mal, se dire "je suis nulle de manger comme ça". Alors vient le moment de se punir, de se venger de ce corps, de continuer à manger sans aucun plaisir. "Ah tu aimes la nourriture ? Et bien bouffe ! Bouffe jusqu'à éclater !"

Lorsque le besoin d'étouffement est présent, il y a clairement le besoin de se faire du mal.
(lorsque ce besoin de se faire du mal est présent, lire également les explications sur l'anorexie, car un certain nombre de personne passent de la boulimie à l'anorexie et inversement).

Le besoin de se faire du mal répond à un impératif du cerveau : recréer de l'harmonie.

De l'harmonie entre quoi et quoi ?
A ce stade, la personne boulimique se sent coupable. Or un coupable doit être puni. C'est ça l'harmonie recherchée dans ce comportement alimentaire. Se punir par l'étouffement, par les douleurs liées à trop de nourriture dans l'organisme.

 

 


Alors coupable de quoi ?


Coupable d'être la cause de problèmes, et là, tout peut être sujet à traumatisme : divorce, engueulades des parents, manque de considération répétée au travail, avoir le sentiment que sa naissance n'a pas été désirée, etc. (voir traumatisme)

Souvent la personne boulimique se sent coupable de son propre comportement alimentaire, mais cette "culpabilité" n'est pas la culpabilité fondatrice qui a généré le comportement boulimique (il est en effet logique qu'un événement (qui est le résultat, une action) ne soit pas créé par l'événement lui-même, mais par des facteurs présents dans le passé.) Alors quelle est la source de "culpabilisation" de base ?
C'est le travail à faire avec une personne apte à décripter vos peurs, vos angoisses. C'est cette personne qui sera apte à trouver cette base qui a ensuite fait "boule de neige" et c'est elle qui vous aidera à remettre votre puzzle dans le bon ordre.

 

 


Une autre forme de boulimie est
la boulimie vomitive

(se faire vomir après avoir mangé).


Quelle est la base de ce comportement ?

Le principal facteur qui entre en jeux dans la côté vomitif (en plus du ou des traumatismes de base) est "sauvegarder les apparences" de manger normalement. Mais comme dans la tête, il y a toujours la notion de "je ne suis pas bien, je suis coupable" et bien le cerveau boulimique doit se punir. Mais pas aux yeux de tous comme peut l'être un refus de manger (forme d'anorexie). Là, on se cache pour vomir.
Le résultat physique de ce vomissement peut se voir (maigreur), mais il peut être totalement discret. Donc la "sauvegarde des apparences" est surtout sociale.

 

 

 

Autre notion importante :


la pulsion.


La pulsion semble toujours irrationnelle, non maîtrisable. Il est évident que sa maîtrise n'est pas chose aisée, mais elle est parfaitement rationnelle : Elle est systématiquement une réponse à une angoisse trop forte. Pas d'angoisse, pas de crise. Angoisse qui monte, on sent qu'on ne contrôle plus rien, crise.

La conscience de cette équité peut-elle faire disparaître les pulsions ?

Du jour au lendemain, certainement pas, mais progressivement, être conscient du mécanisme peut aider à amoindrir progressivement leur importance. Lorsqu'un patient sent que l'angoisse totale et la panique arrivent, il est important qu'il se questionne :
"suis-je vraiment en situation de panique ? quels sont les éléments en présences ? qu'est-ce qui me panique ? N'y a-t-il pas un autre moyen de gérer l'élément nocif en présence, qu'en paniquant ?"

Généralement, lorsque le patient se répète ce processus de compréhension, les crises sont moins fortes. Mais attention, il ne faut pas perdre de vue d'aller chercher quels sont ces éléments perturbateurs et arriver à mieux les appréhender car si on aide à contrer un comportement d'impulsion sans traiter le fond, la crise d'angoisse risque de prendre une autre forme (se faire du mal autrement / auto-mutilation physique, etc).

 

 


L'habitude


l'habitude d'un comportement alimentaire (même s'il est nocif), rassure la personne, lui donne l'impression de mieux maîtriser, il est donc difficile de contrer ces comportements alimentaires néfastes. Il vaut mieux commencer par "désamorcer la pression" en soignant le traumatisme, plutôt que de forcer la personne à avoir un autre comportement alimentaire que celui qu'elle a mis en place. Il ne faut jamais oublier que dans leur tête, avoir ce comportement alimentaire nocif, assure mieux leur survie qu'un autre comportement.

L'utilité de dire à un patient : "C'est nocif " ?

Ça ne résout pas le problème de comportement. Cela peut aider à lui faire prendre une certaines conscience du danger, mais c'est une bataille avec l'inconscient ! Et lorsque le conscient sait que c'est nocif, l'inconscient ne fera que lui dire : "oui c'est nocif, mais c'est ce que je veux ! Vous ne pouvez pas comprendre !"
Ce qu'il faut réaliser, c'est le "pourquoi je dois être punis", comprendre que cette punition n'a pas lieu d'être tout simplement parce que la personne boulimique a à un moment, fait une simple erreur de raisonnement, qui faute de communication, est devenu une montagne. (traumatisme)

 

 


Quelles informations différentes dans
le cerveau boulimique
et le cerveau anorexique ?


Alors pourquoi certaines personnes se punissent en mangeant trop, et d'autres en ne mangeant pas assez ?
Quelle est "l'information dans le cerveau" qui fait la différence ? Suivant les cas que j'ai pu observé, le facteur qui diffère est "le plaisir". Le boulimique commence par apprécier le plaisir de la nourriture, alors que l'anorexique lui, c'est immédiatement : "plaisir interdit !".

Doit-on en conclure que la personne boulimique se sent "moins coupable" que l'anorexique ?

Peut être.
Mais l'un des paramètres différent semble également être : "l'instant de vie".

Les boulimiques semblent vivre l'instant présent et le futur
( "passé = danger" ) :

"ce qui compte, c'est maintenant, se sentir bien, vite tournons la page, avançons ! Oublions !".

Alors que les anorexiques pensent beaucoup plus au passé et au présent
( "futur = danger" )
,
se demandant toujours "Est-ce que j'ai bien fait d'avoir fait telle ou telle chose ?"=>"J'ai mal fait ! C'est sûr ! STOP ! Je ne peux pas oublier une chose pareille !"=>"l'avenir n'est pas possible !"

Pour ce paramètre de "l'instant de vie", de "quels facteurs dans le temps je prends le plus en compte", il n'y a pas de systématique catégorique. C'est juste une forte tendance que j'ai pu constater.

Pourquoi alors certaines personnes passent du comportement boulimique au comportement anorexique et inversement ? En regardant de près les moments du changement de comportement, on s'aperçoit que l'information "plus rien n'a d'importance" est majoritaire dans le cerveau lorsque la crise de boulimie survient.
Or "plus rien n'a d'importance" veut dire "pas de passé, pas de futur".

 

  Mais que l'on soit boulimique ou anorexique, on a un passé à comprendre (et c'est possible), on a un présent harmonieux à vivre (en prenant le temps), et on a un futur à construire (comme pour chaque humain).
Courage !
Comprenez, communiquez !
:o)