Traumatismes sexuels :

 

Préambule : la description de certaines mécaniques de notre cerveau, n'est pas un déni de la personnalité de chacun, ni de la souffrance de chacun. Il est "impossible" de se mettre à 100% à la place de la victime pour comprendre ce qu'elle pense et ressent. Mais plus il y a "communication", plus on peut se rapprocher de ces 100% et ainsi aider la victime.

beaucoup de paramètres sont modifiés si la victime ne peut pas communiquer facilement et ainsi avoir la possibilité de remettre les éléments présents à leur bonne place.
Un paramètre gravement modifié après un viol, est
"ma faculté à maîtriser les éléments qui m'arrivent",
autrement dit, accepter que parfois, on n'y peut rien, les éléments extérieurs sont trop fort.

Un peu à l'image d'un marin dans une tempête. L'eau de l'océan, ce n'est que de l'eau, et pourtant ça balaye un homme sur le pont d'un navire, et l'homme est vaincu par de l'eau.

Tant qu'on ne vit pas d'éléments "plus fort que nous", ou que l'on a pas appris cela, on se sent encore comme "un être supérieur à tout". Mais nous ne sommes que des humains. Parfois forts, parfois moins.
Mais il ne faut pas oublier que "parce que c'est arrivé", il y a obligation que ça va recommencer.

Autre paramètre gravement modifié : "mon intégrité".

Qui suis-je ?

Un ensemble de valeur spécifiques à ma personnalité. Je suis donc en grande partie ce que je décide d'être. Mais je n'ai pas décidé d'être une victime ! Je n'ai pas décidé de vivre une expérience douloureuse ! Je n'ai pas décidé de mettre dans ma tête des choses qui ne sont pas à moi ! Pourtant ces choses sont là, dans ma tête, sans que ce soit "moi".

Comment les faire sortir ?

Le cerveau humain est fait pour comprendre, non pour oublier.

"Je suis victime, mais je me sens coupable, pourquoi ?"

Parce qu'on se dit : "et si je n'avais pas pris à droite et que j'étais allé à gauche", "et si je m'étais mieux défendu", "et si…".

La réalité, c'est qu'il faut accepter non pas d'être victime, mais que nous ne sommes pas maître de toutes choses dans l'univers, et que certaines choses sont plus fortes que nous. A nous de nous protéger, sans pour autant tomber dans l'extrême de la paranoïa.

Le tabou de la jouissance.

Dans certains cas, malgré qu'il y ait crime commit par l'agresseur dans le fait d'imposer sa volonté et une relation sexuelle, malgré la violence, la victime jouit alors qu'elle n'aime pas l'agresseur. Pourquoi ? Parce que la jouissance a un minimum de base mécanique et que certains frottements déclenchent une mécanique indépendante de la volonté. (Et oui, une part de nous est "robot", malgré tout ce qu'on peut nous dire). Et lorsqu'il y a jouissance de la victime malgré le crime, la victime perd ses repères et cela s'ajoute à son sentiment de culpabilité.

La faute en revient à notre système éducatif qui n'explique pas la mécanique de la jouissance. Ce n'est donc pas la faute de la victime.

Paradoxe source de bien et de mal.
Définition du crime sexuel : tout contact utilisant au moins un sexe (celui de l'agresseur ou de la victime) non désiré expressément (avec des mots) ou non consciemment (lorsqu'une personne n'a pas reçu préalablement un enseignement sur ce qu'est le sexe et les relations sexuelles, etc.)

Lorsque le crime sexuel est commis par un parent, la confusion dans l'esprit de l'enfant, est totale, car un parent donne des limites à son enfant. Si ces limites sont celles d'un malade, l'échelle de valeurs de l'enfant n'est plus en rapport avec la réalité. Mais comment gérer le fait qu'une personne vous apporte à la fois la survie (un parent étant présent pour défendre d'un danger extérieur à la famille, pour apporter un toit, pour donner à manger, des loisirs, etc) et à la fois être source de dangers, de souffrances, lorsqu'elle commet des crimes sexuels ? Le problème réside dans " l'étiquette ". On commet souvent l'erreur de poser une étiquette, quel que soit le domaine, et c'est cette généralisation qui amène des paradoxes. Exemple : Une personne fait une connerie, on le traite de con. Mais sera-t-il toujours un con quels que soient les éléments qui lui sont confrontés ? Généralement non. Pour les parents, c'est la même chose. Un parent n'est pas un " dieu ". Ce n'est qu'un humain avec ses points forts et ses faiblesses. N'en déplaise à certains. Et on peut aimer les points forts et détester les points faibles. Simple question d'harmonie et de compréhension. Mais ce n'est une fois de plus pas la faute d'un enfant de (par exemple) se déplacer dans l'appartement sans mettre de culotte, ou d'être jugé comme attirant. La faute est commise par l'adulte qui méprise l'individu "enfant", même si l'adulte prétend donner une punition. Rappelez-vous de la définition de "crime sexuel" ci-dessus.

Pour finaliser le soin psychologique :

L'autre problème pour "remettre chaque chose à sa place", c'est que pour comprendre l'événement d'un viol, il faut que la victime puisse exprimer ce qu'elle ressent, mettre des mots à ses douleurs, mais, chose encore plus dure : se mettre dans la peau de l'agresseur pour comprendre l'autre partie de l'événement. Or souvent, la victime n'a qu'une envie, c'est oublier l'existence de l'agresseur. Seulement cet oubli n'aide pas à comprendre le "pourquoi" (et la démarche n'est pas de "pardonner" mais de comprendre les informations utilisées par le cerveau de l'agresseur :
Chez certains individus dont la force de raisonnement est déficiente, ce sont les éléments purement chimiques (hormones et autres) qui gouvernent les actions produites pas le cerveau.
Le reste de "raisonnement" est au service de cette chimie.
Un agresseur ne choisira pas sa victime lorsque cette dernière est en position de force, car sinon la victime serait vainqueur de l'affrontement.
L'agresseur attend ou choisi le moment de vulnérabilité.
C'est une méthode lâche mais toujours appliquée par l'agresseur, car c'est ainsi qu'il assure sa survie.
Son ego lui interdit de se mettre à la place de la victime.
D'ailleurs souvent il n'y a pas de victime pour lui, seulement des objets.

Ceci est "les grandes lignes", mais chaque agresseur a des motivations différentes, certains reproduisant des actes dont ils ont été les victimes dans leur passé.
Pourquoi font-ils ça alors que soit disant ils sont incapable de se mettre à la place des victimes ? Ils font ça pour comprendre "leur passé" (le présent, le passé, le futur de leur victime, ils s'en foutent). En répétant ces gestes, ils se mettent à la place de leur agresseur pour mieux maîtriser ce qu'ils n'ont pas maîtrisé en étant une victime.
Attention, toutes les victimes ne deviennent pas à leur tour des tortionnaires. Si les réponses aux questions sont apportées par le soin, ou l'éducation, ou si la victime a un sens fort de l'empathie, cette dernière n'aura pas besoin de violence pour s'exprimer.

Le coupable doit "payer".

Dans notre besoin fondamental d'harmonie, un coupable doit payer pour son crime. Mais dans certains configurations de crime, la victime est trop jeune pour dénoncer au moment de l'agression (sans oublier le chantage fait par les bourreaux : " si tu le dis, tu perdras l'amour des tiens " ce qui est évidemment faux : une victime ne perd pas l'amour des siens. Au contraire.), ce qui fait que le tortionnaire peut continuer à commettre ses crimes ailleurs. Et lorsqu'une victime s'aperçoit de cette possibilité de continuité de crimes commis, mais qu'elle n'a pas la force de dénoncer ou qu'il est trop tard, elle se sent une fois de plus coupable (une fois de plus coupable à tord), car une victime ne peut être responsable de la destruction ou du chamboulement mental causé par l'agression.
Ne pas avoir dénoncé, est une suite de ce chamboulement non volontaire. Il n'y a donc pas "crime" de la part de la victime.
Ceci ne doit pas empêcher de dénoncer un crime sexuel, même bien longtemps après qu'il ait été commis, lorsque la victime se sent assez forte pour entamer les démarches auprès de la justice.