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17/11/2008

Julie : Que pensez vous des thérapies cognitivo-comportementales ? Je suis une formation pour devenir psychothérapeute et compte me spécialiser dans les troubles alimentaires. J allais m orienter vers les TTC. Aujourd'hui j'ai lu vos articles, j'ai adoré et commandé votre livre ! J'ai besoin de votre avis.

Bonjour,
Quel principe utilise les thérapies cognitivo -comportementales ?

Le principe est d'apprendre un bon comportement, un comportement équilibré. Exemple : si une personne a l'habitude de manger tel aliment en prédominance (trop sucré, trop gras, etc), la thérapie comportementale doit lui montrer le chemin physique dans un magasin, pour aller voir le rayon légumes, l'aider à choisir de bons légumes permettant d'apprécier ces derniers, l'aider à les cuisiner pour ne pas se retrouver seul face à des légumes que l'on ne sait pas cuisiner, etc. L'aide passe aussi par "regarder la composition" des aliments que l'on achète, pour bien prendre conscience de la composition de ces derniers et des conséquences (regarder leur composition et non repartir dans une problématique de "contrôle" en comptant les calories). La thérapie est une sorte d'accompagnement par un "guide" qui montre le chemin. Tout ceci est très bien pour que le patient ait moins peur des changements à faire, pour casser ses anciennes habitudes nocives. (évidemment à condition que le "guide" reste un guide et non un gourou que l'on suit comme un mouton).

Il faut en effet comprendre les limites du "faire sans comprendre", car "agir comme un pantin" n'est pas très efficace à long terme. Par contre, si la thérapie congnitivo-comportementale permet une prise de conscience chez le patient, alors le patient quitte le faux " refuge " qu'est la maladie et ça, c'est le but recherché.

A NOTER : à cause de la psychanalyse (freudienne et dérivée) et de ses interprétations "étonnantes" (pour rester poli), un certain nombre de personnes ont été dégoûtées à l'idée même de réfléchir et d'analyser le "pourquoi" (faute d'un "pourquoi" qui tienne la route avec les Freudiens). Cela a donc poussé à adopter des thérapies "cognitivo-comportementale" qui par opposition à la psychanalyse, sont parfois allé trop loin dans le "surtout ne pas réfléchir trop longtemps". Il est donc intéressant de ne pas partir d'un extrême pour plonger dans un autre.

L'avantage (je ne devrais pas utiliser ce mot car il fait publicitaire, mais bon…) ; l'avantage du survisme, c'est qu'il crée un pont entre la compréhension du "pourquoi j'ai agis ainsi" et l'apprentissage par le comportement (par une thérapie cognitivo-comportementale).
Il ne faut jamais oublier que le patient a toujours besoin de comprendre.

Et finalement, que fait la thérapie cognitivo-comportementale ?
Elle aide à changer la valeur qu'on a donné à une information.


Dans l'exemple des TCA, elle aide à changer la valeur que l'on a donné à "nourriture".
Elle aide à comprendre que la nourriture n'est pas un moyen de contrôle ou la seule source de plaisir possible, etc.), que la nourriture est d'abord une source d'énergie nécessaire à la vie.
(je vous dis cela en connaissance de cause. Plusieurs des personnes avec qui j'ai longuement parlé (au sujet de TCA), ont fait des rejets de l'approche cognitivo-comportementale car le thérapeute leur donnait l'impression de les forcer à faire quelque chose d'insupportable. Dans un premier temps, ne voulant pas "décevoir", elles obéissent un peu, puis elles ont laissé tomber la thérapie car dans leur tête, le "plaisir de manger" restait une valeur supérieur et interdite (en rapport avec le sentiment de culpabilité et de "punition logique, rassurante" liée à la maladie).

Bonne continuation à vous dans vos études et courage, car si la mécanique de la maladie est toujours la même, les raisons personnelles de chaque victime sont souvent très différentes d'une victime à l'autre. Mais c'est possible d'aider à sortir les patients de ces maladies ! ça, il ne faut pas l'oublier ! Go ! :o)

PS/ que vous achetiez ou non le livre ne change évidemment pas ma réponse.


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