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24/07/2009

madasophie :
Bonjour, je vis avec mon conjoint depuis 9 ans. Je trouve qu'il a un comportement qui tend vers la paranoia. J'ai consulté sur internet ce qu'est cette maladie et je trouve qu'il y beaucoup de points qui le caractérise. Comment puis-je lui dire ou l'amener à consulter ? Merci pour votre réponse.

La gestion de la paranoïa est assez délicate car par définition, un paranoïaque ne se base pas sur des éléments réels pour raisonner. Il voit des menaces partout, même là où il n’y en a pas.
Et pour amener un paranoïaque à consulter, il faut qu’à ses yeux, la façon de se protéger ne soit plus « tout ce qu’on me dit c’est pour me manipuler, donc je n’écoute pas ».

Il faut que dans son cerveau, les informations dominantes soient : « ma façon d’aborder les choses qui m’entourent me nuit de plus en plus et menace ma survie, je dois donc me faire aider pour voir de nouveau les choses telles qu’elles sont réellement ».

Pas facile de changer d’avis sur « là où est ma survie ».
Surtout que lui faire se poser des questions peut lui sembler déjà une façon de le manipuler.

Mais plusieurs choses peuvent aider à changer :

- « Les paroles s’envolent » alors utiliser un maximum l’écrit, et garder ces écrits pour déterminer « où est la réalité, où est ma survie ». (mais certains paranoïaques remettront en cause ces écrits, même si c’est eux-même qui ont écrit…)
- Comprendre ce qui a amené le paranoïaque à « généraliser le danger ». Comme pour pratiquement toutes les maladies mentales (non issues d’un problème purement lié à la chimie du cerveau), un « traumatisme » est à la base de la déformation de la réalité.
Celui ou celle qui aide le paranoïaque, (qu’il soit diplômé ou pas en psycho) doit donc trouver quel est le traumatisme de base et dire au paranoïaque :
« Si tu vois des dangers partout, ce n’est pas un hasard. Il semblerait que tu aies subi un traumatisme (voir ici, et donner également ces explications au paranoïaque, car il a peut être également envie de comprendre). De ton traumatisme et de ton « isolement » (manque de communication avec autrui, avec des personnes t’aidant à savoir où est la réalité), ton cerveau a fait des généralisations. Pour ton cerveau, c’était une question de survie :

« traumatisme = information mal rangée dans une suite de cause à effet = danger »

« pas de bonne communication => déformation de la réalité = manque de confiance en soit et en « les autres » => solution de facilité : tout ce que je ne maîtrise pas à 100% = danger pour ma survie »

Alors :
« est-ce que tout ce que je ne maîtrise pas à 100% est-il vraiment un danger ? »
« qu’est-ce qu’un danger ? » (il doit donner sa définition)

Important : toujours insister sur le fait que la meilleure façon de maîtriser sa survie, c’est que LUI comprenne ce qui se passe dans SON cerveau. C’est LUI qui doit être capable d’expliquer, c’est LUI qui doit être le maître et un maître ne se « cache pas » ni dans un silence, ni dans de la violence, ni ailleurs. Un « maître de soi » est capable d’expliquer, de communiquer. Sinon, c’est bien qu’il y a un problème dans son cerveau.

Attention : il faut que tout cela ne soit pas fait dans un état d’esprit « accusateur » de la part du « soignant ». Il faut dédramatiser un maximum le problème pour que le « paranoïaque » n’aille pas se cacher dans sa coquille. Mais en même temps, il faut bien lui faire comprendre que son comportement n’assure pas sa survie à 100% et qu’il serait peut-être bon qu’il regarde les conséquences de voir « du danger partout ».
Dur équilibre à trouver entre « mettre la pression » et « surtout ne pas menacer la survie du paranoïaque ».

Chacun se construit son monde, chacun se construit SA vérité.
Le meilleur moyen d’assurer sa survie, c’est que cette « vérité » soit le plus proche possible de la « réalité ». Et la réalité, on s’en approche lorsqu’on se remet en cause un minimum, lorsqu’on écoute les points de vue différents du sien (non pas pour les suivre obligatoirement, mais pour que le point de vue des autres permette d’argumenter, de raisonner, de construire des causes et des effets solides).

Si vous avez d’autres questions plus précises à ce sujet…

 

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