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20/08/2009

christine : est-ce que comprendre la logique peut suffire pour guérir ?
Et si non, comment faire?
Je suis boulimique, j'ai un manque affectif, je comble ce vide pour ne pas penser à cette sexualité qui m'angoisse et à mes désirs coupables, je pourrais faire un symposium sur les causes de ma maladie. C'est du passé, la vie a changé depuis mon enfance, les blessures sont pansées. Et ? Je suis toujours boulimique, parce que je ne sais pas faire autrement. J'aime énormément votre esprit logique, mais finalement, est-ce que l'absence de solution n'est pas ce qui vous relie à vos détracteurs?
...
Je n'arrive pas à trouver réponse à ma question : pourriez-vous m'orienter vers un "praticien" sur Paris? Ou n'y en a-t-il pas?...
Bien à vous, Christine

Bonjour,
Comprendre la logique, la mécanique d’une maladie, est une chose. Arriver à déterminer quels sont les éléments présents dans SON propre cas, et le rattacher à cette mécanique, en est une autre.
Je ne doute pas que vous ayez beaucoup réfléchi à votre problème.
Mais prenons l’exemple de votre phrase : « Je suis boulimique, j'ai un manque affectif »
Cette phrase ne semble pas être la vôtre mais celle de magazine psychologique passéiste, de ces écoles qui font croire que « vous avez un vide sur le plan affectif ? Alors vous comblez ce vide avec la nourriture ».

FAUX.
Le cerveau ne fonctionne pas comme ça. Il fonctionne avec des informations et des éléments chimiques (plaisir/déplaisir) qui construisent votre moral (avoir bon moral ou être déprimé), etc.

Dans un cerveau boulimique, l’information « nourriture » est égal à « plaisir chimique nécessaire pour rééquilibrer mon moral ». (je précise que la phrase précédente dépend de votre « degré » de boulimie, car si vous en êtes au stade de « violence », et mangez jusqu’à avoir mal, les informations présentes dans le cerveau ne sont pas les mêmes / voir ici).

Pour rééquilibrer le cerveau boulimique, il faut s’attaquer à deux choses :

- la source d’angoisse.
Qu’elle est-elle ? Quand vous parlez « des causes » (au pluriel), avez-vous cherché LA première cause ? Il est évident que dans une vie, plusieurs éléments s’ajoutent et finissent par faire une montagne angoissante. Mais souvent, il y a à la base, un seul « petit caillou » qui nous a orienté. (le petit caillou, cela peut être la réflexion de quelqu’un que l’on a mal interprété, cela peut être un manque de chance dans une rencontre, ou…. Etc.)
Et de cette orientation primaire, on en a fait une orientation « générale », une habitude.
(chaque fois qu'une réflexion fuse, on le prend pour soi "en pleine face", et on oublie de relativiser / à chaque nouvelle rencontre, on appréhende, alors on préfère se réfugier dans une coquille, ou fuir, éviter de se retrouver dans telle ou telle situation).
Et chaque fois qu’un problème se pose, on donne comme cause, comme raison à ce problème, la même que pour le petit caillou.
("les autres ne m'aiment pas", / "j'attire que les mauvaises personnes" / "c'est de ma faute" etc.)

Et le caillou, ce petit « tabou très solide » est devenu avec le temps, une montagne, surtout si on n’a pas l’habitude de communiquer avec les autres (histoire de voir si les autres ont le même point de vue que nous, etc.)

Donc, cette source d’angoisse, c’est une information présente dans votre cerveau, et cette information a l’étiquette « danger, menace pour ma survie ». Et tant que cette étiquette existera, tant que l’information n’aura pas pris une place harmonieuse… L’angoisse sera forte et votre cerveau adoptera le comportement boulimique comme « une solution au problème ».

- la notion de plaisir (car le plaisir n’est pas uniquement dans la nourriture, même si ce moyen est très accessible dans notre société, qu’il permet de se rassurer, etc). le plaisir est partout ! Et cela, il faut l’apprendre à votre cerveau.

Quand vous dites :
« c’est du passé, la vie a changé depuis mon enfance, les blessures sont pansées » :
est-ce que ça veut dire que vous avez « accepté de tourner la page », que vous avez « pardonné » ? (pardonné à d’éventuels agresseurs ou pardonné à vous-même de vous êtes trompé, etc).
Ou est-ce que ça veut dire que chacune des composantes douloureuses a retrouvé une place logique ? Le processus du « pardon » est différent de celui de « comprendre pourquoi une personne a agit de telle ou telle manière ».
Comme je l'ai expliqué ici, l’une des difficultés pour que chaque information présente dans le cerveau ait une place harmonieuse, est que la victime doit à un moment, se mettre à la place de l’agresseur pour comprendre comment on peut arriver à commettre un crime.
Pas évident ! Mais nécessaire…
Précision : il n'y a parfois pas besoin "d'agression" pour que le thème du sexe, soit un traumatisme. (voir exemple ci-dessous)

Si des questions restent en suspens mais que le temps a posé dessus son voile et atténué les douleurs, est-ce que votre cerveau ne reste pas pour autant en « déséquilibre », fragile ?

En conclusion :

Vous avez sûrement compris plein de choses, mais à mon avis, vous êtes encore sur le chemin de la guérison. Si vous voulez guérir, vous pouvez vous appuyer sur la recherche de la logique. La logique est la solution car votre cerveau est logique. Pour vous comprendre, il faut donc comprendre la logique qu’il utilise.

Si votre angoisse est toujours là, il est normal d’être toujours boulimique. C’est logique. Combattez votre angoisse en regardant où est réellement « la menace pour votre survie » (le petit caillou).
Ainsi, vous serez plus à même de trouver des solutions.
Exemple : si le sexe est tabou, comprenez quelles informations votre cerveau utilise pour arriver à la conclusion « tabou » / est-ce que ma famille m’a déjà parlé de sexe (ai-je les tabous de ma famille ?) / est-ce que le sexe est « sale » ? (pourquoi ? qu’est-ce que la notion de « sale » ? Etc.) / mon ego m’empêche-t-il d’oser poser des questions sur ce sujet ? J’ai peur de passer pour un(e) imbécile ? /
En se posant ce type de question, vous verrez quelle est « l’information dominante » parmi toutes celles possible. (vous êtes seule apte à déterminer cette information dominante, c’est un « combat » entre vous et vous-même.)
Et une fois que cette « valeur dominante » est identifiée, trouvez la solution qui vous permet de changer l’erreur.
Exemple : si le tabou est essentiellement familiale, se tourner vers d’autres sources que la famille pour avoir des réponses. Si le tabou est lié à « le sexe est sale », comprendre que « laver physiquement est une chose, mais que le lavage est plus dans le cerveau, de comprendre à quoi sert tel ou tel liquide, que c’est naturel, normal ; que les microbes ne viennent pas par génération spontanée, qu’il faut relativiser « la menace microbienne et autre » (en se rappelant que l’organisme humain est composé de milliards d’organismes vivants indépendant et que c’est mieux ainsi, que c’est ainsi que le corps humain a trouvé son équilibre, etc. etc. etc.

Et parallèlement, apprenez à avoir du plaisir autrement qu’avec la nourriture. Plus votre cerveau prendra l’habitude d’avoir du plaisir de plein de manières différentes, moins il sera esclave « d’une seule source : la nourriture ». Attention : certaines personnes passent d’une addiction (d’une dépendance) à une autre. Exemple : elles deviennent droguées de sport à la place de « droguée de la nourriture ». Alors, multipliez les sources de plaisirs ! Ouvrez votre cerveau au reste du monde, même si souvent ce monde peut être « con, agressif, etc. »

Pas facile de changer ses habitudes, pas facile de déterminer quelles informations de notre cerveau sont fausses, mais avec de la communication, vous allez y arriver :o)

PS/ je ne connais pas de psy « surviste ou non » sur Paris. Mais la solution est dans la communication efficace, qui vous fait vous remettre en question positivement, toujours sur des choses compréhensibles, logiques, solides.
Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas.

 

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