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06/10/2009

Marcel : bonjour, j'ai lu très attentivement ta réflexion sur l'anorexie et je trouve ton raisonnement extraordinaire, j ai tellement lu de chose absurde sur le net.
Ma copine souffre d'anorexie et a pris la décision de s en sortir, je lui ai donc expliqué ce qu'était l'anorexie, elle en est a l'étape ou elle fait la liste de tout ce qui lui ai insupportable et voila donc ma question.
Est ce que le traumatisme peut être d ordre sexuelle mais non lié directement a la personne. ce que j entend par la c est que ce n est pas ma blonde qui c est faite abusé sexuellement mais son frère.
merci

 

Bonjour,
« l’information » de départ, celle qui a amené à la « cascade de sentiments de culpabilité » peut parfaitement être l’abus sexuel d’une tierce personne si on se sent coupable de ne pas avoir pu empêcher cet événement. Cela peut exister si les personnes sont très proches, si l’une se sentait responsable (d’un petit frère, d’une petite sœur), mais ça peut arriver aussi lorsque des personnes ne sont plus très proches mais liées tout de même : S’il arrive quelque chose à l’une d’elle, l’autre peut se reprocher de ne pas avoir eu de liens assez forts et elle arrivera au même schéma de sentiments de culpabilité.

Pour « remettre à sa place » l’information qui a été déformée, à savoir « je suis coupable du crime (de l’abus sexuel) », il semble préférable d’aider dans ce cas les deux personnes (le frère et la sœur), et de traiter la sœur comme une « co-victime ».

Et pour déculpabiliser ces faux coupables, il est important d’expliquer que ce n’est pas parce qu’on est « présent » lors d’un événement, que pour autant, on est responsable de l’avènement de cet événement.

Bien sûr, le contre-argumentaire est : « oui, mais j’étais présent, j’aurai pu empêcher cela ! »

« Faux : si vous ne l’avez pas fait, c’est que vous n’étiez pas apte à le faire (trop jeune, pas assez de forces, soumis à des contraintes plus fortes que soi, etc.) »

La personne qui se sent coupable doit arriver à se « décentraliser » de l’événement et ce n’est pas évident, car notre ego a naturellement toujours envie de se prendre pour le centre du monde, pour un « Atlas soutenant le monde » et capable de tout ! Non, l’humain a ses limites, c’est dur d’apprendre cela, de l’accepter, de comprendre que l’on n’est pas « superman » ou « superwoman ».

Mais inutile ensuite de se sentir coupable de ne pas avoir été « superman » ou « superwoman » : Ces personnages ne sont pas réels, et la maladie mentale, c’est justement prendre pour réalité ce qui n’est pas réel.
L’autre démarche souvent nécessaire, est pour la victime de comprendre la psychologie de l’agresseur afin que la victime ne généralise pas (afin qu’elle ne voit pas « un agresseur » en tout homme ayant telle ou telle apparence, etc.) Pas évident non plus, mais tout à fait réalisable.

Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas.

PS/ si vous trouvez utiles les explications de ce site, n’hésitez pas à les communiquer à des personnes concernées de loin ou de près.

 

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