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16/11/2009 (et 22/11/2009 plus bas)

jonathan KHALIFA : Bonjour, J'ai trouvé votre site internet interessent pour la question que j'ai à vous poser.
Voila, cela va faire 1 an environ que lorsque je suis devant ma femme (à table ou dans la voiture ou à un autre endroit), je commence à rire "nerveusement" de manière crescendo, alors que ma femme me parle de quelque chose de sérieux.

Je n'ai aucune raison de rire et pourtant dès qu'elle me parle d'un sujet qui peut être n'importe quoi, je ris sans motif. Je suis tout à fait conscient de cela et souhaite vraiment trouver la solution à ce probleme qui hante mon couple. En effet, ma femme pense à juste titre qu'elle n'est pas prise au sérieux.

Pourriez-vous me dire si c'est un phénomène qui s'explique d'après vos connaissances.
Merci
jonathan

 

Bonjour,

Le rire est l’antichambre de la peur (comme indiqué ici).
Aussi, lorsque vous dites « , ma femme pense à juste titre qu'elle n'est pas prise au sérieux » je pense que vous vous trompez.
Votre rire est la conséquence de la réflexion de votre cerveau qui analyse les données
« ma femme parle » comme étant « menaçantes » mais « finalement pas un grand danger ».
(nous voilà bien avancés ! ;o)

Lorsque votre femme parle, soit dans son discours, soit dans sa manière de parler, il semblerait que quelque chose vous gêne.
N’étant pas présent lors de cet « événement » je ne peux qu’émettre les hypothèses suivantes :

Est-ce sa façon de parler qui vous met mal à l’aise ? (accent ? chuintement ? son aigu ou grave ? fragilité ?)
Est-ce son vocabulaire qui n’est plus celui dont vous avez l’habitude ?
Est-ce son faciès lorsqu’elle vous parle ?
Est-ce lié aux sujets de discussion ? Est-ce que ces sujets sont sérieux pour elle, et pour vous dérisoires ? (Et le fait que votre femme y accorde une importance capitale vous semble une « menace », un décalage avec la réalité (communément appelé "connerie") ?)

Pour arriver à cerner le « pourquoi », il serait bon de savoir « à partir de quand » votre femme vous a fait rire et ainsi voir quel élément n’est plus le même, quel élément a créé une rupture dans « la norme habituelle ».

Lorsque vous aurez pris conscience de ce processus du rire et déterminé quel élément vous « menace », vous saurez probablement comment palier au problème.

Pour le fait que ce soit "crescendo" il n'y a rien d'exceptionnel à cela :
votre propre réaction, (votre propre rire) vous paraît incompréhensible, non maîtrisé, et cela menace votre survie (une menace bien relative, mais "menace" tout de même).
Cela fait donc : un rire d'un rire, d'où un crescendo.

22/11/2009

jonathan KHALFA : Bonsoir,
Merci pour cette analyse déjà détaillée qui me parle énormément, je me retrouve beaucoup à certains endroits de vos explications. Au moment où je vous écris, j'ai passé toute la soirée à rire "nerveusement" uniquement lorsque ma femme commence à s'adresser à moi (ou plutôt lorsqu'elle démarre une explication et qu'elle me parle sérieusement ou sur un sujet drole aussi, mais c'est surtout lorsqu'elle commence à parler).
Imaginez ce que je ressens, je me sens nul et cela joue sur mon morale, j'ai même pleuré pour extérioriser ma "détresse" face à ce comportement incontrôlable. Pourtant, j'occupe une place importante dans la société où je travaille, je me suis marié il y a deux ans et je vis un grand bonheur, je n'ai vraiment aucune raison de m'exprimer de la sorte.

je ressens comme si j'étais comprimé et que cette compression se transforme en rire car il faut que ça sort, pendant que ma femme me parle, je vous répète que je n'ai aucune maladie mentales ou autres facteurs extérieurs qui pourrait influer sur mon comportement nerveux et de plus en plus répétitif.

Alors je pense que c'est comme vous le dites : "Lorsque votre femme parle, soit dans son discours, soit dans sa manière de parler, il semblerait que quelque chose vous gêne" Effectivement il y a quelque chose à ce moment là qui m'échappe et qui me transforme en personne incontrôlable. C'est peut-être son air sérieux qui me fait rire et comme vous le dites justement, je ressens une menace mais qui n'est pas une réelle menace en réalité : "« ma femme parle » comme étant « menaçantes » mais « finalement pas un grand danger ». "

Je vous assure que je vis un calvaire pendant ces moments, surtout lorsque ma femme en pleure et que je continue à rire lorsque je l'a vois pleurer, mais c'est par à-coup, ça vient et ça part (pour mon rire), comme si que j'étais habité, possédé par quelque chose qui me perturbe. Lorsque vous me dites :"Pour arriver à cerner le « pourquoi », il serait bon de savoir « à partir de quand » votre femme vous a fait rire et ainsi voir quel élément n’est plus le même, quel élément a créé une rupture dans « la norme habituelle ».

C'est impossible pour moi de tracer le départ de ce changement.
Une autre information pour vous permettre de mieux me répondre : lorsqu'elle me parle de quelque chose qui touche notre foyer, ou notre maison ou de quelque chose qui ne fonctionne plus dans notre appartement par exemple, ça ne me le fait plus du tout car je vois un "danger" pour nous et pour moi c'est sérieux.
Par contre lorsqu'elle me parle de ces copines ou de sa journée avec très souvent la même histoire (sa collègue l'a harcèle à longueur de journée), cela me fait rire alors que c'est un sujet pour lequel j'aimerai l'a rassurer, la conforter comme je le fais souvent. Où quand je vois son visage qui commence à me parler d'un sujet banal et qu'elle commence à sourire pour me raconter la suite, alors mon rire nerveux incontrôlable arrive.

Je pense ainsi, d'après votre analyse que ça doit être le faciès, ou sa manière de s'exprimer qui me met dans cet état. Mais comment arrêter ce désastre qui prend une place "venimeuse" dans la vie et l'avenir de notre couple. J'essai de trouver des réponses tout seul dès fois car normalement c'est plutôt moi qui aide les gens à les réconforter lorsqu'ils se confient à moi (au travail, dans la famille ou des amis).

On m'a souvent dit que j'étais une personne qui comprenait et écoutait les problèmes et malaises de personnes très touché par un problème (divorce, solitude, etc..). J'aime conseiller une personne dans sa détresse ou sa dépression car je sais trouver des réponses pour elle. Je pense que le meilleur psychologue dans ma vie, c'est moi, j'ai ris conscience de cela pendant ma dépression de l'adolescence, j'avais 17 ans, j'en ai 29 aujourd’hui t je vis une vie paisible surtout dans mon moral que je maitrise, et les gens me font souvent le compliment pour ma grande capacité à accepter et à contrôler des situations où d'autres auraient déjà déprimé.

Pourriez-vous à partir de tous ces éléments me dire si vous avez d'autres éclaircissements par rapport à votre expérience.
Je compte sur vous.
Merci Jonathan

Bonjour,

Pourtant, j'occupe une place importante dans la société où je travaille, je me suis marié il y a deux ans et je vis un grand bonheur, je n'ai vraiment aucune raison de m'exprimer de la sorte.

Vous avez une très bonne raison de vous exprimer de la sorte.
La mécanique du rire est infaillible. Il y a des éléments qui vous menacent lorsque votre femme parle avec vous. Reste à les identifier.

je n'ai aucune maladie mentales ou autres facteurs extérieurs qui pourrait influer sur mon comportement nerveux et de plus en plus répétitif.

Le rire n’est pas un signe de maladie mentale !
Certains humains extrémistes ont cru dans le passé qu’il était « diabolique « et que faire rire était un crime de sorcellerie… Pourquoi ?
Parce que ce n’est pas une réaction discrète, parce que c’est incontrôlé, parce que pour beaucoup d’humain, le rire est incompréhensible.
Il est normal d’être mal à l’aise quand on ne maîtrise pas son comportement.
Mais vous n’êtes pas fou. Comprenez la mécanique du rire et vous n’aurez plus cette impression d’incompréhension totale. Je ne sais pas ce que vous mettez dans « aucun autre facteur extérieur », mais si votre cerveau reçoit des informations du monde extérieur, les « facteurs extérieurs » sont obligatoirement présent dans le fait que vous riez. Non ?

C'est impossible pour moi de tracer le départ de ce changement.

Il le faudrait pour faciliter la résolution du problème… Mais je conçois que ce n’est pas évident, surtout si c’est venu progressivement.
Dans un couple, dans les temps des premières rencontres, souvent les amoureux rient.
Pourquoi ?
Comme d’habitude, parce que certains éléments les menacent, mais en même temps cette menace n’est pas vraiment un danger. Et l’une des principales « menace » qui génère le rire des amoureux, est le fait que « l’autre » vous regarde attentivement, vous « dévore » des yeux sans même s’en rendre compte…

Par contre lorsqu'elle me parle de ces copines ou de sa journée avec très souvent la même histoire (sa collègue l'a harcèle à longueur de journée), cela me fait rire alors que c'est un sujet pour lequel j'aimerai l'a rassurer, la conforter comme je le fais souvent.

Deux « mondes » semblent vous côtoyer :
l’un fait de performance, d’optimisation, d’adaptation, de changements (liés à votre métier),
l’autre, d’absurdité d’une situation qui se répète encore et encore.
(pour caricaturer et je dis bien caricaturer : le monde du privé face au monde étatique).

La situation de votre femme vous « menace », sa « façon de tourner en rond » vous menace, mais ce danger vous semble dérisoire face au reste des problèmes du monde, autrement dit, qu’en deux temps trois mouvements, ses problèmes pourraient être résolus mais que rien n’est fait pour. (attention, ce qui précède est une probabilité et non une certitude).

Où quand je vois son visage qui commence à me parler d'un sujet banal et qu'elle commence à sourire pour me raconter la suite, alors mon rire nerveux incontrôlable arrive.

Qu’est-ce que vous ne lui dites pas dans ces moment où elle commence à vous parler d’un sujet banal ?
Est-ce que vous vous retenez de lui dire : « mais qu’est-ce que j’en ai à foutre de tes conneries ? »
Soit, ce serait de la provocation que de lancer une telle phrase, mais…
Avez-vous peur de vous disputer avec votre femme ?
Avez-vous peur d’avoir un avis différent et qui donnerait l’impression qu’il n’y a pas d’harmonie entre vous ?
Bien souvent, certaines personnes croient que la vie de couple doit être « sans nuage », un « long fleuve tranquille »… Mais être en couple ne veut pas dire « ne pas réagir »…

Etre en couple ne veut pas dire « s’écraser au profit de l’avis de l’autre », sinon à la longue la cocotte minute explose ! Etre en couple et oser dire des « choses qui fâchent » ne veut pas dire non plus « fin du couple » ! Bien au contraire ! Si la communication est là, si on arrive à exprimer ce que l’on ressent vraiment, les moments vécus sont plus vrais, plus intenses.

D’autre part, on est pas obligé de « se fâcher » lorsque l’autre vous dit quelque chose que l’on a pas envie d’entendre ! Restons intelligents, essayons de comprendre pourquoi l’autre arrive à telle ou telle conclusion, différente de la notre ; comprenons pourquoi nous-même arrivons à une conclusion différente, et en comprenant les différences, on les accepte mieux, sans avoir à serrer les dents, sans avoir à retenir sa désapprobation, sans craquer nerveusement.
(l’équilibre est une fois de plus lent à établir, mais avec de la bonne volonté, du savoir, de la communication… tout est possible !)

Je pense ainsi, d'après votre analyse que ça doit être le faciès, ou sa manière de s'exprimer qui me met dans cet état. Mais comment arrêter ce désastre qui prend une place "venimeuse" dans la vie et l'avenir de notre couple.

Ce qui nuit aux couples, c’est le manque de communication. Il vous semble important de comprendre pourquoi vous riez ainsi ? Mais il en va de même pour elle. Et l’important c’est qu’elle sache elle aussi « comment se forme le rire », et qu’elle comprenne que « vous ne vous moquez pas ». Mais ce n’est pas évident de dire à quelqu’un : « apparemment quelque chose me menace lorsque tu me parles de certaines choses », car l’autre peut avoir le reflexe de s’offusquer, d’être pris pour un « ennemi » (puisqu’on est un danger). Sauf qu’il faut relativiser, une personne qui fait rire n’est pas « un ou une ennemie » et la meilleure preuve que vous avez des liens forts, c’est que vous écoutez et réagissez à ce qu’elle dit.
Avoir des réactions nerveuses face aux paroles de votre femme ne veut absolument pas dire que vous n’aimez pas votre femme !
ça n’a rien avoir ! Soyez rassuré et rassurez-la.

normalement c'est plutôt moi qui aide les gens à les réconforter lorsqu'ils se confient à moi (au travail, dans la famille ou des amis) …/…. je vis une vie paisible surtout dans mon moral que je maitrise, et les gens me font souvent le compliment pour ma grande capacité à accepter et à contrôler des situations où d'autres auraient déjà déprimé.

En tant que logicien, je réagis sur le mot « maîtrise ».
Ce mot n’a absolument rien à faire avec « mon moral ».
Si votre cerveau a utilisé le mot « maîtrise », c’est qu’il sent qu’il y a une force en lui qui a envie de « craquer ».
(Et « craquer » peut vouloir dire pleurer un bon coup, il n’y a pas de honte même si notre ego nous dit « ais l’air d’un homme sûr de lui, solide comme un rock ».)

Alors je vais faire une aparté qui n’a rien à voir avec la « mécanique du rire ».

Beaucoup d’humains avec certaines capacités (facilités) intellectuelles et ayant une sensibilité, une réceptivité importante, se sentent obligés de « soigner le monde » car ils ont conscience que « le monde, c’est nous », « si les autres vont mal, c’est une menace indirect envers ma propre survie, car des gens qui vont mal sont capables de faire du mal. » Et sans faire bien attention, ils deviennent « Atlas » portant la voûte céleste. Mais un humain, aussi « puissant » soit-il, n’est pas et ne sera jamais « le géant Atlas ».

L’humilité est une chose à « apprendre ». Je ne suis pas du tout en train de vous dire que vous êtes un « prétentieux », je mets juste l’accent sur le fait que notre ego a naturellement envie de nous faire croire que nous pouvons tout sur tout. (c’est ce que notre ancien statut de « bébé » autour duquel le monde tourne, nous a fait croire au début de notre vie). Alors sommes-nous à l’inverse « rien », « nul » comme vous dites à un moment plus haut ? Non, nous sommes entre « quasi rien », à peine une poussière dans l’univers, et « une puissance considérable capable de faire fondre la matière et modifier l’univers » (l’humain, l’environnement, la bombe A, la bombe H, etc). « capable de déplacer des montagnes à l’échelle individuelle ».

Dur équilibre à trouver.
L’équilibre n’est pas « un point fixe dans l’univers ». L’équilibre c’est à la fois admettre ses faiblesses et à la fois reconnaître ses capacités. Sans se prendre la tête outre mesure.

Espérant vous avoir donné des informations utiles...


Si vous avez des questions suite à ce texte, n’hésitez pas.

 

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