11 ans, en souffrance.

 

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28/02/2012

domifa : Bonjour, ma fille de 11 ans a peur de vomir tous les soirs et elle est suivie par une pédopsychiatre pour déterminer la nature de son mal.
Elle a perdu 5 kg en 10 jours et son IMC est trop bas.
Pour l'instant nous ne connaissons toujours pas l'origine de son mal être entre hémétophobie ou anorexie.
Le pire est présent depuis maintenant une semaine où chaque soir elle nous fait une crise d'hystérie grave. Elle délire qu'elle a très mal au ventre, qu'elle va vomir si elle dort, qu'elle veut absolument qu'on lui parle et surtout qu'elle veut qu'on l'accompagne à l'hôpital. Nous lui avons beaucoup parlé, nous l'avons aussi rassuré et maintenant nous avons l'impression qu'elle joue ou qu'elle utilise sa maladie pour nous mettre sous pression.
Nous n'avons aucune aide et nous ne savons plus gérer cette situation que se soit nous ses parents ou ses deux soeurs ainées.
Que faire ?
Domifa

<<<<<<<<<<<<<<< Pour l'instant nous ne connaissons toujours pas l'origine de son mal être entre hémétophobie ou anorexie.<<<<<<<

Cette origine n’est pas « l’origine », c’est juste une étiquette qui rassure certains, mais qu’elle soit hémétophobe ou anorexique, ce n’est pas le problème.
Le problème est de trouver la ou les informations qui lui font croire qu’elle est en grand danger.
L’objectif pour aller mieux est de la rassurer mais de la rassurer vraiment, pas avec des mots vides de sens pour elle.
Elle a l’impression « de ne pas maîtriser », il faut trouver ce qu’elle n’a pas l’impression de maîtriser.
Comme dit dans les pages de ce site internet ainsi que sur la vidéo en rapport avec l’anorexie, il ne faut pas se tromper de problème. Le problème n’est pas la nourriture, (même si il ne faut pas oublier que les apports en nourriture doivent être bons pour que le cerveau puisse fonctionner correctement et aller mieux (avec le corps évidemment)).
Le problème est « cet événement » ou « cette information dans sa tête » qui n’a pas trouvé une place correcte, adaptée à la réalité et dont elle se rend "coupable".
Et tout peut devenir « le problème » (divorce, mauvaises réflexions répétées, choc d'accident, etc).

Si elle est en souffrance c’est qu’elle manque d’harmonie.
Il serait peut être bon qu’elle regarde la vidéo sur les traumatisme -l’anorexie – les tocs.
Peut-être fera-t-elle des liens entre ce qui est expliqué et ce qu’elle vit.
Cela permettra de « désamorcer » la bombe, ses crises.

Ensuite, il faut qu’elle prenne le temps de réfléchir à ce qui la perturbe autant et qui la rend coupable, en insistant bien sur le fait que sur ce point, et uniquement sur ce point, elle s’est trompé, elle n’a pas à se rendre coupable.
Elle n’est pas coupable. (les vrais coupables en prison ne sont pas anorexiques).
Mais elle doit retisser les liens entre les informations, sans haine, sans stress, et comprendre ce qui s’est réellement passé.
Parfois c’est dur de le faire avec les parents, car les parents restent « des personnes importantes à ne pas décevoir ». Là aussi, il faut expliquer que « ce n’est pas un drame ».
Les problèmes, ça peut se résoudre ensemble, même si notre ego nous dit « non, je fais tout seul car moi seul sait ! » ou « j’ai trop honte pour en parler ».
(faire cette démarche avec le thérapeute ou autrement, mais toujours en situation sécurisée.
Parler ne doit pas être plus traumatisant que de ne pas parler ! Sinon, elle va se taire, elle va mentir et tout faire pour "éviter de se retrouver dans une situation où sa survie lui semblera menacée"
)

PS/ elle a l’air d’être paniquée à l’idée d’être seule.
Que s’est-il passé lorsqu’elle a été seule à un moment ?
Courage.

07/03/2012

domifa : Bonsoir, je vous écris suite à votre réponse d'une fille de 11 ans en souffrance. Selon votre hypothèse qui semble correcte, nous devons trouver la source du malêtre de notre fille. Actuellement chaque soir c'est pire et maintenant elle veut mourir pour ne plus souffrir. J'avoue que nous avons très peur et que nous ne savons plus la rassurer. Elle nous obéit plus du tout et elle nous ressasse à chaque fois qu'on doit la guérir et qu'elle sera à nouveau gentille. Elle raconte aux personnes qu'elle doit rentrer à l'hôpital et que ceci sera mieux pour tout le monde. Il n'y a pas d'hôpital adapté près de notre domicile et le thérapeute ne comprends pas non plus cette réaction.
On est perdu.
Que nous conseillez-vous ?
Merci de votre aide.
domifa

Lui avez-vous demandé ses impressions lorsqu’elle est seule ?
Vous êtes ses parents, vous devez représenter la sécurité.
Si vous paniquez devant elle, elle risque de ne pas avoir confiance.
Respirez à fond, tranquillement. C'est VOUS les maîtres de la situation.
Seuls les dangers non identifiés sont difficilement résorbables. Il faut qu’elle se sente comme dans un cocon pour pouvoir parler.
La communication doit lui montrer que « parler aide à se sentir mieux malgré qu’au début on a l’impression que c’est l’inverse ».

Donnez lui des exemples personnels (des exemples de moments dans votre jeunesse où vous n'osiez pas dire que vous aviez un problème, un souci, mais qu'en parlant, ça a été mieux après), ainsi elle pourra faire des « ponts » entre elle et vous.
(Mais il faut faire sentir que c'est vous l'adulte parce que vous avez maintenant l'expérience, le savoir, et que vous allez lui transmettre ce savoir pour qu'elle grandisse à son tour.)

S’est-elle fait agressée en étant seule ?
A-t-elle des tabous ? (ce n’est pas évident pour une enfant de parler de tout mais parfois, on arrive quand même à détecter les « gênes » suivant le sujet).

Quand vous lui demandez « c’est quoi le danger qui te menace le plus ? » (autre que vomir, être seule), essayez de noter sa réaction, de me la communiquer.

N’oubliez pas que ce n’est pas « l’enfant » qui commande, ce sont les parents. Il ne s’agit pas là d’imposer des points de vue à un enfant, il s’agit de ne pas inverser les rôles.
Vous devez représenter la sécurité.

« que cherches-tu à l’hôpital que tu ne peux pas obtenir ici ? Pour être soignée, il faut que les médecins sachent de quoi tu as peur. Tu penses que cette peur est comme une montagne, mais rassure toi, on peut t’aider et cette montagne va devenir plus petite et plus tard, tu pourras gravir cette montagne sans problème, elle deviendra une simple petite bosse. Pourquoi as-tu l’impression que nous ne pouvons pas t’aider ?
Nous voyons bien que tu souffres mais la solution pour que tu souffres moins, pour que tu sois protégée, c’est de parler de ce qui t’es arrivé. Inutile de paniquer, de vouloir en finir, etc. Respire tranquillement et profondément. Tu n’es pas seule. Dans l’histoire de l’humanité parmi les 7 milliards d’humains, d’autres ont dû vivre ce que tu as vécu, mais ils ont pu vaincre ce problème en parlant.
Tu es plus forte que tu ne le crois, tu as de la volonté, oriente là pour trouver les mots et mettre des baffes à ce danger
».

Osez donner des pistes pour qu’elle n’ait pas à prononcer les premiers mots si terribles pour elle.
Surtout, ne réagissez pas avec la colère, avec une forte voix.
Ce n’est pas celui qui a la voix la plus forte qui a raison.
Celui qui a raison est celui qui trouve les mots adaptés à la réalité.

Toutes les causes doivent être reliées à des effets et inversement. Si vous lui dite « fait ceci » il doit y avoir une explication logique dans sa tête.
Donnez lui l’explication afin qu’elle ne s’imagine pas des trucs décalés avec la réalité.

Courage, si vous n’avez pas la possibilité de l’emmener voir une psychologue (ce que je vous recommande quand même, sans demander son avis à votre fille), essayez déjà de lui parler comme indiqué ci-dessus.
Courage, tenez moi au courant,
n’hésitez pas.

Ph.

09/04/2012

fadoma : voilà notre fille est hospitalisée pour son problème d'angoisse qui tourne maintenant à une anorexie mentale.
Les 2 premières semaines elle a été traité pour ses angoisses avec un environnement ouvert. Mais elle a encore perdue 2.5 kg sur son lit d'hôpital.
Les médecins ont donc décidé de la traiter pour l'anorexie mentale avec un contrat très restrictif basé sur des bonus. En fait elle est enfermée seule dans sa chambre sans loisir, ni distraction et des visites de ses parents 3x par semaine de 30 minutes.
Les bonus sont basés sur une prise de poids de 500G par semaine et ils sont définis chaque semaine de nature différente comme, p.ex. une sortie de la chambre, un cercle de visite ouvert, etc.. Depuis que ce contrat est mis en place, notre fille nous demande chaque fois de rentrer à la maison et son poids continue de descendre, 1.5 kg en 2 semaines. Les pédiatres nous encouragent à ne pas céder et à continuer le traitement.
Mais nous ne savons pas du tout si il s'agit de la bonne méthode puisqu'elle continue de perdre du poids. Ils nous ont signifié que maintenant notre fille est en danger de mort du point de vue carence et des battements de son coeur trop faible.
Ils envisagent de lui mettre une sonde gastrique. Nous voudrions en tant que parent lui donner ce qu'elle désire; à savoir une rentrée à la maison pour qu'elle puisse prendre ses repas avec nous. Nous aimerions connaitre votre avis.
Merci.
fadoma

Bonjour et merci pour ces informations.
L'approche clinique que vous décrivez, est celle dite du " su-sucre ".
Elle se base sur l'idée que l'humain est motivé par le plaisir et qu'en le privant de plaisir mais en lui indiquant le chemin à suivre pour avoir du plaisir, il va obéir, réapprendre et suivre le chemin indiqué pour avoir le " plaisir ".

Mais cette méthode oublie que certains cerveaux se sont auto-convaincus qu'ils ne méritent aucun plaisir (sorte d'automutilation). Pour utiliser une métaphore, si vous essayer d'attirer un chat avec un jus de citron bien frais, le chat ne viendra pas... Parce que pour le chat, sa survie ne passe pas par le jus de citron bien frais.
Si votre fille ne veut pas éprouver de plaisir parce qu'elle se croit coupable de quelque chose, et qu'elle veut se punir, aucun plaisir n'aura de valeur à ses yeux.
Cette méthode peut quand même " un peu " marcher à court terme, si son sentiment de culpabilité n'est pas trop intense, mais il ressortira à un moment ou à un autre car " le fond du problème, la culpabilisation, n'aura pas été soignée ".

Face à cet état de fait, je ne sais quoi vous dire. Je ne suis pas médecin, juste logicien, par conséquent je n'ai aucune légitimité aux yeux des médecins pour donner mon avis.
Pourtant je connais par expérience les agissements multiples et complexes des anorexiques. Mais... Ecouteraient-ils un avis qui vient " de nulle part " ?

Si les médecins vous disent qu'il faut lui poser une sonde, alors il faut lui poser une sonde.

Est-ce que vous avez essayé de lui faire " manger " des gélules de spiruline ? (la spiruline est une algue naturelle qui est très riche en protéines et qui est donnée en complément alimentaire aux personnes qui souffrent de la famine).
La personne qui mange cela n'a pas l'impression de " manger un vrai repas ", elle n'éprouve pas de " plaisir ", mais au moins ces gélules lui apportent des aliments essentiels.

Pour la question de la " source de culpabilité " qui occupe son esprit, (qui est à mes yeux centrale), pouvez-vous en parler ?
Avec elle et sur ce site afin que je puisse déterminer ce qui est illogique dans son esprit ?
Avez-vous pu lui communiquer la mécanique de sa maladie et ainsi lui expliquer qu'elle s'est trompée, qu'elle n'est pas coupable ?
Quels sont ses mots pour parler de " la culpabilité " ?
Quels sont à ses yeux, les crimes qui la touchent le plus ?

 

N’hésitez pas.