Angoisse :

 

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28/02/2011

elise : Mon mari est un homme tres angoissé de nature, il l'a toujours été. Ces derniers mois ont été intenses pour nous. Nous avons eu a gérer plusieurs difficultés notamment financières . Il le vivait tres mal sans que celles-ci ne soient réellement dramatiques. Il s'est beaucoup renfermé, était stressé. Depuis 2 ans, suite à un malaise il s'est persuadé qu'il était malade..d'abord des poumons puis du coeur. Nous avons rencontré de nombreux médecins qui lui ont expliqué qu'il n'avait rien de grave.

Pourtant il ne veut pas y croire, passe son temps a surveiller son rythme cardiaque. Il avait de plus du mal à gérer les relations familiales. Suite a quelques réunions de famille un peu tendues, il s'est mis a rejeté mes proches et à les accuser de ne pas le reconnaitre à sa juste valeur, de le prendre pour un nul. Il répète que "NOUS" voulons lui nuire, nuire à sa santé, à son bien être. Je pense lui avoir été très dévouée pendant de nombreuses années et avoir tout fait pour apaiser ses nombreuses angoisses. Je l'aime énormement et tente de l'entourer le plus possible. Tous nos proches le reconnaissent. Il a fini par me rejeter et demander le divorce.

Il est devenu très sombre et violent dans ses propos. Je n'arrive plus à lui parler, à lui faire entendre raison. Cette crise est-elle passagere? Je pense qu'il a de forts sentiments pour moi mais que sa colère actuelle le pousse à tout rejeter. Puis-je garder un peu d'espoir? Ces crises sont-elles amenées à se resorber?

Focaliser sur "sa santé" , dans son cas sur les poumons et le coeur, est généralement une manière de "mieux contrôler son environnement". Un peu à la manière de "toc" : faute de pouvoir maîtriser tout ce qui nous entourre, on se concentre sur un ou deux points. Et ça devient obsessionnel parce qu'il est plus "facile" pour notre survie de maîtriser une chose plutot qu'une foule de choses.

Pour apaiser des angoisses, il faut cibler correctement sur les bonnes angoisses car tout peut être angoissant et "soigner les angoisses une par une" peut être un "combat" sans fin.
On peut donc éviter de courir après la dernière angoisse en date si on s'occupe d'aller au fond des choses, l'angoisse profonde, celle qui peut venir de l'enfance et n'apparaître que lorsqu'on est adulte et "vieux", ou l'angoisse de l'âge, de la mort, etc.

Le fait qu'il soit devenu "sombre et violent dans ses propos" montre que le problème fondamental est toujours oppressant, obsédant, et que le manque de communication à ce sujet fait qu'il tourne en rond, se frustre de ne pas trouver de solution, etc.

Cette crise est-elle passagere?

elle passera s'il trouve ce qui menace vraiment sa survie et qu'il modifie cette menace. (quelle menace ? C'est à lui de trouver, à vous d'essayer de voir si vous avez accès à ce genre de "donnée", et il peut se faire aider par un psy, il n'y a pas honte, même si l'ego humain masculin a généralement du mal avec l'idée de creuser en soi et de montrer ses "faiblesses".)

"Lui faire entendre raison" c'est dire qu'il se trompe et si c'est une personnalité forte (têtue) c'est aller dans le mur. La solution idéale pour recréer de l'harmonie c'est chercher à comprendre ses frustrations ("comprendre" ne veut pas dire "accepter". "Comprendre" veut dire savoir pourquoi il en arrive là). Vous parlez de son impression de ne pas être reconnu à sa juste valeur : quelle est sa valeur ? qu'est-ce qui lui manque ? est-ce que ce manque est réel ? est-ce que ses valeurs sont des valeurs "stables" ou court-il après "la dernière voiture à la mode" etc. ?

Notre société pousse parfois à aller dans le mur mais on a tellement le né dans le guidon que l'on ne s'en aperçoit pas...

Quelle est sa philosophie de vie ? Quelle est la votre ? Quelles sont vos valeurs prioritaires ?
(si vous voulez, vous pouvez télécharger gratuitement un bouquin de philo ici, peut-être vous donnera-t-il des pistes à suivre ou des explications utiles.)

Puis-je garder un peu d'espoir ?

Je ne suis pas un vendeur d'espoir, je peux juste vous dire que tant qu'il y a de la communication, tant que la personne en danger ne se replie pas complètement sur elle-même, alors il y a possibilité de faire évoluer les choses.

Mais parfois aussi, le silence peut permettre de faire le point sur sa vie.
Mais il y a silence et silence... Le silence ne doit pas cacher une spirale sans "apport d'air frais".

Si vous avez une question plus précise sur un comportement incompréhensible ou autre, n'hésitez pas.