Comprendre la suite :
viol, manger, vomir, se punir.

 

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02/12/2013

 

Larryisreal : Bonjour, j'ai été... Violée il y'a quelque temps par un membre.. de ma famille.. J'ai prévenue ma mère etc.. On a porté plainte, je vois un psy. Mais depuis cet accident.. Je fais que manger, j'ai essayé de me faire vomir, je me suis mutiler.. Merci de m'aider à comprendre se qui se passe dans ma tête.

Bonjour,

voici les grandes lignes de ce qui se passe probablement dans votre tête.

  • Manger : cela occupe l'esprit et vous évite d'avoir à repenser à votre accident.
  • Manger permet également de rééquilibrer son moral (car l'action de manger génère du bien être dans le cerveau)
  • L'action de se faire vomir se retrouve souvent dans des comportements « punitifs ».
    Comme pour les mutilations.
  • Pourquoi se faire vomir ou se scarifier ?
    Généralement, c'est pour se « punir ». Pour souffrir.
  • Pourquoi chercher à souffrir, à se punir ?
    Parce que votre cerveau a probablement l'impression d'être « coupable », et comme vous êtes probablement une personne « juste », pour vous, les coupables doivent être puni, ne méritent pas d'éprouver du bien être. D'où les punitions.
  • Pourquoi se sentir coupable ?
    Parce que vous avez été victime d'un événement et que vous en cherchez une cause logique, une sorte de justification. Et faute d'en trouver une qui vous paraisse plus « logique », votre cerveau se dit : « si j'ai subit cet événement, c'est parce que quelque part, je le mérite, j'aurai dû agir autrement et cet événement ne serait pas arrivé, etc. »

Mais lorsque votre cerveau pense que vous êtes fautive : il fait une erreur.

Vous n'êtes en rien responsable de cet événement.

Un adulte doit respecter les autres, qu'ils soient enfants ou adultes. Et le respect passe par ne pas commettre de tels actes, quel que soit « la justification que s'invente le criminel ».
Ce n'est pas « vous » le criminel, c'est l'autre. Il est donc inutile de vous punir de quoi que ce soit, de vous sentir coupable de quoi que ce soit.

Parallèlement, comme les cerveaux humains aiment bien comprendre les causes et les effets du monde qui nous entoure, votre cerveau va logiquement chercher à comprendre le « pourquoi » de cet accident.

Alors... pourquoi cet événement ?

Réponse :

  • Parce qu'un adulte n'a pas respecté l'autre.
  • Parce que cet adulte a un problème de pulsion sexuelle qu'il ne sait pas gérer.
  • Parce que cet adulte n'a pas choisi d'attaquer « un garde du corps », mais quelqu'un de plus « petit » que lui, parce que sa pulsion l'a transformé en lâche.
  • Parce que, manque de chance, c'est tombé sur vous par « facilité » pour cet adulte criminel. (mais ce « manque de chance » il ne faut pas croire qu'il sera présent toute votre vie, c'est juste « dans ce moment là », comme pour les accidents de la route : on ne décide pas.
    Comme pour les bateaux pris dans une tempête soudaine, on ne choisit pas, il faut parfois accepter notre petitesse par rapport aux éléments « plus forts, plus violents » que nous, face auxquels nous sommes impuissants (momentanément).
    Et vous n'êtes pas « faible » tout le temps, la preuve, il vous a fallu de la force, du courage pour en parler à votre mère, pour porter plainte.)

Chacun de nous est « petit » par rapport à certains éléments qui nous dépassent. Inutile de pour autant « péter les plombs ». La solution est d'être humble, et de remettre à sa vraie place notre ego qui nous fait croire que nous sommes « le centre du monde ». Nous ne sommes ni le centre du monde, ni « rien du tout ». Nous sommes un ensemble de valeurs qui animent nos agissements. (suivant nos goûts, notre éducation, les choses que l'on décide de vivre, etc).

Le plus dur parfois, dans les situations comme la vôtre, c'est d'arriver à comprendre pourquoi un humain (le criminel) peut agir comme il a agit. Comprendre ne veut pas dire accepter ou justifier. Comprendre veut dire : « qu'est-ce qu'il lui a passé par la tête (quelles sont ses valeurs dominantes du moment) pour agir ainsi ? ».
Et ne pas oublier de faire des différences entre les humains. Ce n'est pas parce que certains sont malades (comme par exemple votre criminel) que pour autant, tous les humains sont malades.

Quoi qu'il en soit, vous n'avez pas décidé de vivre cet événement, vous n'êtes absolument pas coupable de quoi que ce soit dans cet événement.

Réapprenez à respirer profondément, continuez à communiquer, nourrissez votre cerveau avec toutes les belles choses qui nous entourent. Inutile de focaliser sur un événement. Mais il faut que cet événement soit « bien compris » pour qu'il ne reste pas une épine dans le pied.

Si une de ces explications n'est pas claire, si vous avez des doutes, n'hésitez pas à reposer une ou des questions,

Ph.

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