Crise d'ado
ou maladie mentale ?

 

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06/08/2011

PYRUS : Existe -t-il des formes "allégées" de psychose ou de schizo , de ?
Ma fille est peut-ètre dans ce cas ; comment le savoir ; a 18 ans,comment différencier la crise d'adolescence et la maladie mentale?
Elle est suivie par une psychiatre mais nous nous sentons impuissants car toute la famille souffre à cause de son comportement .
Nous avons l'impression de ne pas avoir de réponse, nous ne savons plus comment être avec elle ; lui donner plus de limites car "c'est l'adolescence" ou être encore plus patient car elle est malade et "n'y peu rien"?

Comment différencier la crise d’adolescence de la maladie mentale :

Définition de maladie mentale : déformation involontaire de la réalité. (exemple : une personne paranoïaque verra de grands dangers partout autour d'elle, sans que ces dangers soient « réellement menaçants ».) Et plus on s'éloigne de la réalité, plus on peut qualifier cet état de "maladie".

Il faut différencier « la vérité » de « la réalité ».

La vérité est ce que l’on croit vrai, exacte.

La réalité n’a que faire de nos croyances et de notre ego d’humain qui se croit invulnérable.
C’est grâce à la communication entre humains, à l’échange de regards différents que l’on arrive à dessiner les contours de la réalité.

Cette différenciation est vraiment fondamentale lorsqu’on cherche à reprendre pied, à ne plus se perdre dans nos raisonnements, nos peurs, nos désirs, etc.

L’adolescent est un humain qui cherche à établir ses propres limites.

Il sort de son état d’esprit de « bébé centre du monde avec un univers limité qui gravite autour de lui » et doit atteindre l’état d’esprit : « je suis un parmi d’autres, une poussière dans l’univers, mais j’existe quand même » et trouver un équilibre entre « rien et tout ».
Et trouver un équilibre entre « rien » et « tout » n’est actuellement pas évident dans notre société optimisée qui pousse à « l’absolu », à la consommation sans limite alors que la planète et tout un tas de paramètres ont des limites.

La question de donner des limites est primordiale dans l’éducation, mais à condition de comprendre ces limites.
Exemple : si on dit à un enfant, « ne va pas au-delà de la barrière, c’est dangereux » sans lui expliquer clairement ce qui est dangereux, sans lui faire comprendre les relations causes à effets comme « il y a un ravin, dans un ravin c’est difficile de tenir debout, on peut se blesser et avoir très mal, et comme c’est un trou, personne ne peut venir à notre aide car personne ne nous voit » , si on ne lui explique pas le « pourquoi » des limites, l’enfant sera généralement tenté « d’essayer » par lui-même car obtenir des données nouvelles participe à sa survie.
A ses risques et périls.

Tout n’est que question d’apprentissage dans de bonnes conditions, avec une bonne communication entre humains. (bonne communication = communication compréhensible, sans tabou, sans rapport de force, etc).

Faut-il être patient avec une personne malade et qui par conséquent n’est pas responsable de son état ?

Cela dépend de ce que l’on appelle « patient ».
Si c’est attendre que les choses aillent mieux d’elles-mêmes, c’est une dangereuse illusion car sans apport extérieur, le malade reste dans sa maladie et reste convaincu que « sa vérité », c’est « la réalité » et donc, qu’il est inutile de modifier « sa vérité » puisque qu’elle est convaincu qu’elle assure sa survie.

Donc il faut être patient car peu de choses se font en 5 minutes, mais constant dans ses efforts de communication afin de remettre chaque chose à sa place. (et laisser évidemment le temps à la personne de « digérer » les informations nouvelles, de réfléchir calmement à ce qu’elle vient d’échanger, ceci afin qu’elle détermine elle-même où est sa survie / remise en cause, détermination de ses valeurs dominantes à elle, etc).

Voilà pour la « belle théorie ».

Je ne sais pas si vous êtes la même personne qui a posé ces questions-ci, mais maintenant, concrètement, lorsque vous dites :
« Nous avons l'impression de ne pas avoir de réponse, nous ne savons plus comment être avec elle ».
Quelles sont actuellement vos questions sans réponse ?
Vous ne savez plus « comment être avec elle » lorsqu’elle fait quoi ?

 

Si vous avez le temps d'expliquer, n'hésitez pas.

08/08/2011

PYRUS : Bonjour,
Je suis la personne qui a déja posé une question en novembre 2010. Répondre à votre question m'est très difficile ; en fait, j'ai le sentiment d'avoir tellement accumulé de souffrances morales dans ma relation avec ma fille, cela depuis plus de deux ans, passant par des grands moments de détresse , d'impuissance, de peurs ( de la maladie , de son avenir...)et d'autres moments, plus rares hélas, d'espoir, que je ne sais plus ou j'en suis. Tout me semble embrouillé, bloqué... J'ai l'impression d'avoir tout tenté pour l'aider, mais au final cela semble immuable.

La question principale, cependant , qui m'obsède, c'est cette question de la "maladie" ; malade ou pas ? Simple crise d'ado ? Elle est "comme ca" parce qu'elle n'y peut rien ou elle joue de certains mal- être pour obtenir des avantages (ne pas partager nos repas, ne pas participer au taches ménagères...).

Si j'étais certaine de sa maladie, je lui trouverais plus d'excuses et me montrerais plus patiente; mettre un nom sur ce qu'elle a me soulagerait,car ce qui est intolérable , c'est de ne pas savoir. Est-ce qu'on s'y prend mal avec elle, dans notre éducation, ou quoi qu'on fasse, ce n'est plus de notre ressorts (de notre responsabilité?) .

Ce n'est pas d'un désengagement de nous parents dont je parle, mais plutot d'un aveu d'impuissance.

Je comprends votre sentiment de « ne pas savoir sur quel pied danser »,
dommage que vous ne puissiez donner plus d’exemples.
Vous donnez tout de même deux comportements :

« ne pas partager nos repas » montre qu’elle est clairement dans le refus d’être vue en train de manger, et de communiquer. C’est un enfermement. Votre fille semble être « dans sa propre secte », n’écoutant qu’elle, ayant peur de devoir se remettre en question, mais ce comportement ne dit pas « quel est l’élément déclencheur qui l’a enfermé dans sa propre coquille ».
Evidemment, les parents peuvent se reprocher de mal communiquer, de ne pas trouver les mots, etc. Mais la relation « parent/enfant » est tellement chargée en émotions, en « apparences » que le fond est difficile à aborder. La libre communication est un art qui ne s’apprend ni à l’école ni dans la famille. Et c’est bien dommage.

Mais encore une fois, que ce soit de votre côté ou du sien, oubliez le « qui est coupable ».
Ce qui compte est de comprendre le « pourquoi elle se sent coupable, honteuse, etc ».

« ne pas participer aux tâches ménagères » montre également son enfermement sur elle-même.
Faire « parti d’un groupe » quand on a l’impression que ce groupe menace votre survie, n’est pas une idée attrayante. Mais ne comprenez pas cette dernière phrase comme « votre famille est à rejeter ». Non.

Dans sa tête, faire parti d’un groupe ça veut dire « être jugée par le regard des autres », ça veut dire « devoir se remettre en question » et c’est insupportable pour elle de se remettre en question car, même si elle n’a pas confiance en elle auprès des autres, elle a tout de même ce fort sentiment de ne pas se tromper dans ses raisonnements.
Pourquoi ce fort sentiment tout en étant très fragile ?
Si, comme je le pense, elle a subit un traumatisme (mais n’allez pas imaginer n’importe quoi, un traumatisme peut être généré par une simple réflexion appuyée d’une personne qu’elle apprécie), si son cerveau a focalisé sur ce traumatisme, son cerveau a cherché un responsable à ce traumatisme, et faute d’avoir trouvé la réelle cause du traumatisme, elle s’est dit : « je suis la cause du problème ».
Son monde s’est « écroulé » à cause de ce traumatisme, mais son cerveau a « enfin trouvé le responsable » : elle.
Si vous lui « enlevez » cette conclusion (bancale) que c’est « elle, la coupable », elle a le sentiment de ne plus avoir quoi que ce soit à se raccrocher.
Voilà pourquoi elle tient tellement à sa conclusion qu’elle est coupable, et que les autres ne peuvent rien pour elle, et que remettre en cause sa conclusion de culpabilité, c’est comme devoir vivre un deuxième traumatisme.
(en gros, elle s’est construite une jambe de bois pour marcher, alors s'il faut qu’elle jette sa jambe de bois, forcément elle ne pourra plus marcher ! Elle a le sentiment que sa survie sera encore plus menacée.) Ce sentiment est une erreur, mais tant qu'on ne lui a pas prouvé que c'est une erreur, elle continuera à le prendre pour "la vérité". (revoir ci-dessus en début de page, la différence entre "vérité" et "réalité").

Et lorsque vous replacez un individu se sentant coupable, au sein d’un groupe qui ne lui confirme pas qu’elle est coupable, forcément, cet individu se sent mal, il n’y a pas d’harmonie parce que « le groupe » a une vision différente des choses, qu’elle.

Participer aux tâches ménagères n’est donc pas du tout intéressant pour elle.

Sans oublier que « travailler pour un groupe » apporte de la reconnaissance. Or, elle se sent coupable, donc dans sa tête, elle doit être punie et non « avoir la reconnaissance d’un groupe ». Face à un individu qui a commis un crime, vous le punissez ou vous lui donnez une médaille ? Qu’est-ce qui est le plus « juste » ?

Mais je reprécise, comme il est indiqué dans ces pages, que ce sentiment de culpabilité « est » la maladie.
Son cerveau commet une erreur, et de cette erreur génère à son tour d’autres erreurs. (comme pour un problème de math, si vous ne prenez pas le bon théorème pour résoudre une équation, aucune équation calculée avec ce mauvais théorème ne donnera un résultat juste, d’où malaise).

Mon avis, mais ce n’est qu’un avis de logicien et non de médecin, est que votre fille est victime de troubles du comportement alimentaire. Mettre un mot plus précis sur cette famille de maladies que sont les TCA (anorexie, boulimie vomitive ou non, hyperphagie, etc) ne vous servira pas à soigner votre fille. Qu'importe le nom de cette "maladie mentale".

Pour être soignée, elle doit identifier correctement le traumatisme de base.

Ne pas faire le ménage, ne pas vouloir aller à l’école, avoir des crises nerveuses, mentir, parler mal, craindre le regard des autres, tout cela n’est que la surface de l’iceberg.
Chercher le trauma de base, recouper les informations, remettre à sa place les informations dont elle a déformé les valeurs dans ce traumatisme, c’est à mon avis la seule façon d’aider durablement votre fille.

Si vous avez le temps d'expliquer, n'hésitez pas.

08/08/2011

PYRUS : Des exemples, je peux vous en citer des tonnes ! Elle ne partageait plus nos repas il y a quelques jours, ce n'est plus le c as. Ces derniers jours, c'est plutot boulimie entre les repas...Chaque jours nous apporte des faits nouveaux, de nouveaux comportements ; " végétarienne " il y a environ 2 ,3 ans, elle a fait de l'anorexie (avec vomissement parfois), puis de la boulimie, tout cela en alternance...

(là, les TCA sont clairement présents).

Cette dernière année, elle prend et perd une dizaine de kilos en quelques semaines. Décide soudainement de se mettre au sport, au régime, au travail (scolaire) ; cela dure 2 ou trois jours et s'évanouit aussi vite que cela est venu...

(une part d'elle a besoin d'être dans l'échec, toujours parce que " ne pas aller au bout, c'est bien parce que je me sens nul, si j'allais jusqu'au bout de mon travail, ça voudrait dire que je suis une personne bien, or, je me suis déjà condamné : je ne suis pas une personne bien ")

Tout est excessif chez elle; si elle décide de se remettre au sport, c'est trop d'un coup …

(le but est et reste : s'étouffer, souffrir, parce qu'elle croit à tord qu'elle le mérite)

et bien sur, elle ne tient pas le coup, craque... remange, passe des heures devant des séries coréennes...

(la télé est une drogue qui annihile les capacités de raisonnement, chacun peut en ressentir le besoin lorsque la pression intellectuelle est trop forte)

Ces derniers temps, elle n'arrive plus a se mettre au régime ou au sport... Son psy lui a prescrit des antidépresseurs (après un essai de Tercian) ; elle se monte très agressive verbalement avec nous et toute tentative de dialogue tourne au vinaigre et à l'affrontement..

(Elle pense avoir raison d'agir comme elle agit (dans sa tête, elle a raison d'être coupable), donc l'harmonie n'est pas possible avec des gens qui ne savent pas ce qui se passe dans sa tête, à moins d'aller au cœur du problème (voir plus loin dans le texte de cette page))

(et précision importante : comprenez bien l'énervement : on ne s'énerve que lorsqu'on a l'impression que sa survie est menacée. (par la frustration, par la fatigue, etc) Il est donc inutile de répondre à la violence par la violence / voir carte des sentiments humains).

Si nous voulons respirer un peu, la seule solution serait de la laisser faire ce qu'elle veut, c.a.dire la laisser regarder ses séries dans sa chambre. Question hygiène aussi, il y a à redire...Combien de fois avons nous retrouver des restes (pourris), de nourriture sous son lit !

(un coupable, c'est sale. C'est un moyen de le dire).

Elle nous montre aucune empathie, ni a nous ses parents, ni a ses deux soeurs (qui l'évitent tant qu'elle le peuvent), semble parfois ne pas ressentir d'émotions si ce n'est les siennes propres qui sont exacerbées.

(son cerveau tourne à fond en vase clos et se répète des milliers de fois : " je suis nul ". Son cerveau n'a plus de disponibilité pour le monde extérieur. Ça ne vient pas de vous, mais de son obsession de culpabilité)

Le contact avec l'extérieur est souvent difficile ; elle a pourtant des amies, mais repousse toujours le moment de prendre l'initiative du premier contact, c'est toujours " demain "qu'elle le fera...

(elle a peur du jugement extérieur et quelque part, n'en a pas besoin parce qu'elle est déjà convaincu qu'elle est " nulle " et qu'elle a raison de se penser comme " coupable ").

 

Tous ces exemples confirment des TCA purs et durs.
Ayant pu communiquer avec de nombreuses victimes de TCA, vos exemples sont malheureusement " classiques ".

Votre fille n'est pas schizo ou autre. Juste victime de TCA.

Avez-vous essayé de lui montrer ces pages ?

Je ne sais pas dans quelle région vous êtes, je ne sais pas si près de chez vous existent des psychologues soignant les TCA (spécialisé dans ce domaine), mais vous devriez peut-être vous concentrer sur cet objectif. D'expérience, je sais que les approches psychos freudiennes (enseignées dans toutes les universités françaises) sont une catastrophe pour soigner les TCA. Mais tous les psychologues avec diplôme d'état ne sont pas adeptes de cette école freudienne qui fait croire que les anorexiques ne sont que des personnes immatures ou des personnes qui n'ont pas été nourries au sein, etc.

L'objectif étant de la sortir de sa " secte ", ne perdez pas vos forces à lui dire " mange comme il faut ", " fais ceci, pas cela ", etc.

Vous devez arriver (avec un spécialiste ou sans si vous n'en avez pas sous la main) à déterminer le traumatisme de base qui a entraîné toute sa culpabilité et toutes les formes de " punition " qu'elle se crée.

Je sais que communiquer avec quelqu'un d'enfermé dans sa propre tête, c'est très dur. Mais n'oubliez pas qu'elle n'est pas " folle ". Tout son raisonnement est parfaitement logique. Elle a juste pris en compte de mauvais paramètres pour raisonner d'une façon " proche de la réalité ". Elle est intelligente, faites lui confiance.

Vous pouvez lui demander si elle se sent coupable de beaucoup de chose.

Vous pouvez lui dire qu'il est parfaitement logique pour une personne comme elle, qui tient à la " justice ", qu'une personne coupable soit punie. Mais que la raison pour laquelle elle se culpabilise, est peut être fausse.

Ne vous lancez pas dans une discussion sur les dernières " source de culpabilisation " car c'est un débat sans fin (tout pouvant être source à culpabilisation / ne pas éteindre la lumière alors qu'il faut ; tourner à droite dans la rue plutôt qu'à gauche et rencontrer une personne qu'elle n'a pas envie de croiser, etc) et ce débat là ne servira à rien.

Occupez-vous à déterminer le trauma de base, repérez-vous avec la chronologie des événements (le début des troubles alimentaires), mais il faut savoir que parfois, des traumas plus anciens que la date de déclanchement des TCA peuvent être la cause des TCA. Les TCA n'arrivent alors qu'au moment de la puberté ou à cause des " responsabilités d'adultes ".

L'une des phrases chocs qui marche assez bien pour qu'une anorexique comprenne qu'il y a malgré tous ses efforts, un illogisme dans son raisonnement est :

 

Des coupables de crimes, il y en a plein les prisons. Est-ce que ces vrais coupables sont anorexiques ?
Non. Renseigne toi si tu ne me crois pas.
Pourquoi les vrais coupables ne sont pas anorexique-boulimique ?
Qu'est-ce qui fait la différence entre ces vrais coupables et une personne anorexique ?
La personne anorexique s'est jugé toute seule. Et quand on raisonne tout seul, parfois on se trompe en prenant en compte des éléments qu'on grossit considérablement, et d'autres que l'on amoindrit considérablement. Il faut retrouver un équilibre par la communication, déterminer " sans pression ", en prenant son temps, quelle est la réelle source du problème. Ce n'est pas la mer à boire même s'il y a beaucoup de souffrances présentes.
Inutile de s'énerver.
Juste certains efforts à fournir et un peu de remise en question.

Sans pression et sans condamnation.

Juste, comprendre ce qu'il se passe réellement.

Faire confiance à l'intelligence. Oui, c'est dur d'affronter " sa grande honte " mais cette honte est fondée sur une erreur de jugement. Elle n'est pas la seule à subir ce genre de problèmes.
Comprendre les mécaniques de cette maladie, ça permet de respirer.

Soif d'absolu ? Comprendre, maîtriser les causes et les effets, c'est l'absolu.

 

Courage.

 

Si vous avez d'autres questions précises ou quelque chose que vous ne comprenez pas dans ce qui précède, ou simplement donner des nouvelles, n'hésitez pas

 

10/08/2011

PYRUS : Quel soulagement à vous lire ! J'espère seulement que vous avez raison. Elle voit depuis quelques séances une psychologue que l'on m'avait conseillé, formée "aux addictions".
Le contact passe très bien me dit ma fille, mais c'est souvent tout rose au début, mais elle a remarqué que jusqu'à présent, elle arrive a se livrer dans les premiers temps, mais après plus...
Sa psychiatre était surprise de la facilité avec laquelle elle lui parlait, mais cela ne durera peut être pas. Que pensez-vous d'une thérapie familiale ?

Dans un premier temps, je vous déconseille le « parler en groupe » car pour la délivrer du poids qu’elle a sur la tête, elle a besoin de « chuchoter ». N’oubliez pas qu’une partie d’elle a honte. D’ailleurs à ce propos, dédramatisez le fait que vous ayez parlé d’elle sur un site internet visible de tous : rassurez là, il n’y a aucun moyen de savoir qu’on parle d’elle. Des milliers de personnes sont dans son cas et il n’est pas possible de remonter à vous, même avec des détails.
Il faut dédramatiser tout.

Lorsqu’elle aura « livré » le sujet de sa honte, là, il y aura nécessité qu’elle communique avec vous, qu’elle se libère complètement, pas obligatoirement par une thérapie familiale, mais si elle le sent mieux lorsque le moment est « encapsulé » dans « une thérapie familiale », pourquoi pas ?
Il y a surement des « non dit » un peu de partout, et en parlant tranquillement, sans agressivité, on recrée de l’harmonie nécessaire à la vie en société.

Quand je cherche la cause possible du déclenchement de ses premiers TCA, il y a plusieurs possibilités ; il lui arrivait très souvent, entre douze et quinze ans , de ne pas pouvoir se retenir de faire pipi la journée, et nous avons eu la voiture ou le canapé trempé (lorsqu'elle riait ou encore elle disait "ne pas penser à aller aux toilettes...).
Evidemment, cela a généré de nombreux conflits.
Je lui ai proposé, peut être un peu tard
(il y a assez d’auto flagellation dans cette histoire, occupez vous du temps présent :o). de consulter, elle a refusé. Ces troubles ont cessé à peu près quand ont dû commencer les troubles alimentaires.

Elément significatif je pense. Son cerveau a probablement trouvé un moyen de se désangoisser de quelque chose qui lui faisait avoir ce problème d’énurésie. (j’en reparle plus bas).

Nous avons essayé avec ma fille de dater le début de ceux-ci , mais cela lui est difficile ; elle dit qu'elle a l'impression que cela dure depuis toujours, et qu'elle s'est toujours sentie "grosse" (alors que jusqu'à,il y a deux ans, elle était très mince).

(traduction : elle a l’impression d’avoir toujours été « sale », « repoussante »).

Un gros épisode traumatique a été sa pratique de la danse classique (12 à 16 ans) ; elle avait l'espoir d'être danseuse professionnelle et lorsque je me suis renseigné auprès de sa prof, celle -ci était très surprise, trouvant ma fille trop timide, ne prenant pas "sa place" sur scène. Je n'aurais peut être pas du répéter ses propos à ma fille, (il y a assez d’auto flagellation dans cette histoire, occupez vous du temps présent :o) mais elle s'est mise "à vouloir lui prouver" qu'elle pouvait y arriver... hélas sans succès.
La relation entre la prof et ma fille n'a plus été très bonne, mais ma fille a persisté encore une année. Ne lachant pas l'idée d'entrer au conservatoire, un prof a accepté de l'évaluer .
Et ca a été la catastrophe car lui aussi, bien que ne la connaissant pas, lui a mis l'étiquette de "timide" (ce qu'elle réfute) et donc n'a pu lui montrer ce qu'elle sait faire. Elle a fait une vraie crise d'hystérie dans la voiture, au retour de cette évaluation; elle a menacé de se suicider, etc...

Traduction : sa haine de l’événement (la mort de cette carrière possible) était tellement fort, que son cerveau a dû trouver une raison à cet échec.
Si on ne lui a pas expliqué (vous ou d’autres, mais là encore, pas de culpabilisation, juste de la compréhension), que les rêves que l’on met de côté, ce n’est pas comme « mourir », que pour être danseuse il faut certaines capacités, et qu’à un moment T. de jugement, ces capacités n’étaient pas réunies, et que la vie offre des centaines d’autres opportunités de « réussir sa vie »,
si elle n’a pas eu ou si son cerveau n’avait pas voulu prendre en compte ces éléments, (timidité = manque de communication pour savoir où est la réalité = « se monter le bourrichon » ), et bien elle peut se reprocher d’être timide et croire que sa timidité est irrémédiable parce qu’elle ne pouvait pas empêcher l’énurésie, etc, etc.

Elle a finalement changé d'école de danse, a fait une année du jazz qui s'est bien passée. L'année d'après, c'était le passage en seconde avec internat, a sa demande. Nous l'avions inscrite à l'école de danse de la ville et les premiers cours se sont très bien passés. Cela a duré 2 semaines et ça a été le grand clash : phobies d'angoisse, en étant dans la maison et avoir des problèmes d’énurésie, c’est embêtant mais « dissimulable », si elle est à l’extérieur, c’est plus difficile à planquer. (La peur d’avoir des problèmes d’énurésie peut suffire à cette panique, pas la peine que l’énurésie soit réelle. C’est une « phobie » comme les autres que j’ai déjà rencontré.) qui ont nécessité, de l'avis du psychiatre qui la suivait à ce moment, de la déscolariser. Je pense que c'est à ce moment-là qu'on commencé les TCA. Je pense, mais je peux me tromper, que les TCA étaient déjà là en secret (moins violents).
Comment déterminer la cause réelle ce ses troubles ? L'énurésie ? La danse ? Autre chose ?

Pardonnez cette apparence « froide » mais je raisonne en logicien, sous forme d’équations. Et si l’énurésie peut être un élément très important, il est peut-être lui-même un effet d’une autre cause. Je ne suis pas un spécialiste de l’énurésie, et si le problème passé était « mécanique », là, ça modifie l’équation (problème dans le circuit urinaire, etc). D'ailleurs, en relisant, je m'aperçois que vous ne parlez pas d'énurésie nocturne... Est-ce que pour elle, aller aux toillettes était "une forme de danger" ? Etait-ce simplement de "parler d'aller aux toilettes" qui la gênait ? Est-ce que, et pourquoi si c'est le cas, "demander d'aller picer" représentait un danger pour elle ?
Quoi qu'il en soit, en général, les enfants qui ont ce genre de problème nocturnes un peu tard, sont des enfants angoissés il me semble. Ça peut être une angoisse passagère, auquel cas il ne faut absolument pas creuser plus, mais ça peut être également lié à un autre problème encore plus « caché » qui l’a fortement angoissé.
"ne pas penser à aller aux toilettes" mais ça arrivait dans quelles conditions ? Lorsqu'il y avait du monde à la maison ? Autrement ? Etait-ce au moment des règles ? (Avoir ses règles ou en parler, est-ce un tabou ?)
Je reprécise que pour aller mieux, il ne faut pas essayer de se trouver des problèmes à tout prix (tout peut devenir un faux problème) (c’est la méthode freudienne qui fait que les gens sont en analyse pendant des années, sans avancer réellement), mais qu’il faut également aller au fond des choses, explorer (en dédramatisant) toutes les pistes possibles afin de ne pas laisser un « truc inconnu et sombre » au fond de sa tête. Cette recherche est un équilibre. Si on se sent bien, inutile de se torturer par habitude.

Il y a tellement de traumatismes possibles dans une vie, comment savoir lequel a été le détonateur ?

C’est « fort simple » : deux éléments pour se repérer :

(1) - si la personne a honte de dire quelque chose, qu’un sujet est gênant, c’est qu’il y a un problème, un illogisme, un conflit.

(2) - quand « tout est dit », la personne se sent « libérée d’un poids immense », et… ça se voit par l’abandon des formes d’expression agressives, un visage apaisé, etc.
Et lorsque ce (2) est atteint, il ne faut pas oublier de « se reconstruire », et de se répéter tous les jours jusqu’au moment où c’est devenu une évidence : « je ne suis finalement pas coupable, et je mérite d’exister ». :o)

PS : je souhaiterais imprimer les pages de notre dialogue ; j'aimerais les faire lire à ma fille et surtout, j'arrive mieux à lire, mémoriser et comprendre un texte sur ce magnifique support qu'est le papier ! Y a-t-il une astuce pour contourner le copyright ?

Je l’ai enlevé sur cette page, vous pouvez donc sélectionner le texte avec la souris de l’ordinateur et le copier coller dans un traitement de texte pour l’imprimer. Je vous souhaite une bonne lecture, surtout, tout le monde doit dédramatiser, respirer tranquillement et profondément, et… Si vous avez d’autres questions ou envie de donner des news, n'hésitez pas.

11/08/2011

PYRUS : Concernant la thérapie familiale, c'est elle qui y tient. J'en ai parlé la première et il a fallut 1 an pou obtenir un RDV en septembre prochain. Elle a même pensé à un moment qu'on ne souhaitait pas le faire son père et moi (comme si nous avions qq chose à nous reprocher de son point de vue).

Si c’est elle, alors, pas de problème :o)

L'énurésie se produisant uniquement la journée, en général lorsque nous étions en famille ou lorsqu'elle était avec des amies ;

Jamais quand elle était seule ? Si c’est le cas, le paramètre « présence des autres » doit être un poids… Reste à savoir si c’est parce qu’elle a peur « d’exister » de déranger, (pourquoi ?), peur de dire qu’elle va aux toilettes (problème avec ce liquide ?) ou… ? (car il faut toujours laisser la porte à d’autres possibilités).

elle avait très peur lorsqu'elle était en 4è que cela lui arrive au collège et emportait toujours des protections pour les règles. Ce sujet (les règles) ne me semble pas lui être tabou ; le dialogue a toujours bien fonctionné à la maison, quel que soit le sujet .

Ok.
J’ai tout de même quelques doutes sur le « dialogue ok quel que soit le sujet » car parfois l’humain peut être « bon acteur » quand une voix le pousse à se cacher. (mais pas de culpabilisation, c'est contre-productif).

Par contre, elle me semble immature affectivement, puisqu'elle ne manifeste aucun penchant pour le sexe opposé...

Il n’y a pas que le sexe opposé qui peut compter…
Sans oubliez que ce n'est pas ceux qui agissent le moins qui y pensent le moins...

sauf au travers des séries "dramas" coréens.

Ha l’éxotisme

Je suis vraiment surprise de l'apparente facilité avec laquelle vous décryptez les comportements humains ; cela a l'air si juste, si sensé, si évident après votre "lecture" !

Certains suspicieux vont croire que c’est moi qui ait écrit cette phrase ! Mais… merci :o) J’espère surtout que ça aura aussi un impact positif à long terme.

Auriez-vous autant de distance à interpréter les comportement d'un proche ?

Oui et non. Non parce que les sentiments font que parfois on n’ose pas tout dire de façon directe (quand on vit avec une personne presque 24h/24 ou quand on a une famille, des parents, cousins et autres, il faut savoir arrondir les angles pour que la vie soit acceptable), or arrondir les angles peut modifier certaines données et sans s’en rendre compte, on se « décale » avec la réalité.
Le sentiment amoureux fait qu’on passe sur certaines données, fait qu’on s’aveugle, jusqu’au jour où ces données occultées prennent de l’importance.
Mais tout est relatif, même la relativité. Quand on décide de communiquer pleinement, quand on est conscient de ses limites, quand on prend du recul, du temps, que l’on n’est pas dans une « lutte de pouvoirs ou d’egos », alors on peut avoir assez de distance pour interpréter les comportements d’un proche. Je l’ai déjà fait pour aider.

Le faites-vous au quotidien ?

Oui, je le fais au quotidien (parce que mon cerveau est comme les autres, il faut le nourrir de son pain quotidien) mais pas avec la même intensité chaque jour.
Cela dépend des événements. Et puis je garde ça généralement pour moi sinon, je prendrais encore plus la tête que je peux le faire ! :o)

Qu'est-ce qui vous a amené sur cette voie qui va à l'encontre de bien des fondements, pourtant "rodés" et établis de la psychologie (du moins de ce que j'en connais, je ne suis pas professionnelle, amateur et interessée par le domaine).

Comme vous l’avez lu dans le livre, je suis fasciné par le cerveau et sa mécanique, et comme parallèlement je suis presque né avec un ordinateur (avec les 1er ordinateurs, ceux où il fallait un peu faire les choses par soi-même (programmation)), j’ai compris progressivement qu’une fois de plus, l’humain n’avait rien inventé, juste redécouvert les « 0 » et les « 1 » qu’il a lui-même dans la tête. (les « 0 » et « 1 » étant la base de l’informatique, « courant passe » « courant ne passe pas »).

J'ai acheté votre premier livre , mais j'avoue trouver plus de clarté et de réponse sur le forum de votre site.

Je comprends le problème.
Dans mon bouquin j’ai voulu décrire les mécaniques, donner des exemples, mais sans penser à la place du lecteur. Je donne des clefs, certaines serrures, mais après, ce livre ne peut pas être lu comme un roman. Il faut lire un paragraphe, puis « méditer », prendre le temps, remettre en cause soit même par des exemples de sa propre vie, voir si ça permet de mieux comprendre, puis passer à un autre paragraphe.
Cet exercice là demande du temps, de la réflexion, et c’est deux choses que notre monde actuel ne défend pas vraiment. (et moi-même, ne suis-je pas attiré par le moindre effort ?).
Le forum, lui, est plus « humain » dans le sens où les cas concernent déjà les lecteurs, et j’essaye de décrire « leur situation » et non uniquement décrire une mécanique.
Si j’avais voulu le faire dans un livre, il serait à écrire en permanence pour être « complet ».
C’est chose impossible, et en plus, mon but n’est pas de faire que les gens ne réfléchissent pas par eux-mêmes.
Donc, un mélange des deux (livre + forum) est le compromis que j’ai pu trouver pour essayer de faire « avancer les choses dans le monde ». (mais quelle prétention ! :o)))

Avez-vous eu l'expérience , à titre personnel ou avec des proches, de problèmes "psycho", j'ai le sentiment que l'on ne peut pas interpréter les comportements humains comme vous le faite si justement sans avoir eu soi-même à y être confronté à un moment de sa vie...

J’ai été confronté à l’anorexie (après l’écriture du 1er livre, et c’est d’ailleurs pour cela que le livre n’en parle que « très vite » et sûrement de manière maladroite)
Mais cette confrontation n’était pas familiale. Il n’y a pas besoin obligatoirement d’être confronté à un ou des problèmes psychologiques pour s’intéresser à la psycho.

Evidemment, d’habitude on ne s’intéresse à un sujet (les maladies orphelines, la défense de certains crapauds et de leur milieu naturel, etc) que parce qu’on a été sensibilisé par une naissance à problème, voir des crapauds écrasés sur la route près de chez soi, etc, mais dans mon cas, j’ai été « sensibilisé » aux autres. On m’a très vite dit « ta vie, c’est rien sans les autres ». « l’humain peut se démerder tout seul, mais… il n’y gagnera que le repos de ne pas être soumis à certaines contraintes. Et à ce moment là, la contrainte à gérer sera… lui-même. Donc toute fuite est inutile. Comprendre, est la voie. »
Partant de là, comprendre pourquoi « l’autre » agit de telle ou telle manière est devenu un « jeu » intéressant. Et dans un deuxième temps, il m’a permit également de me comprendre moi. Non pas que j’avais des agissements « bizarre », mais comme tout le monde, je pouvais ne plus savoir où j’en étais dans certains moments de ma vie.
L’auto analyse est possible lorsqu’on essaye de se voir « comme un autre », mais comme pour « l’analyse d’un proche », il faut se méfier de ses sentiments (négatifs ou positifs) :o) et il ne faut pas rester trop longtemps « en train de se voir comme un autre », sinon, on peut devenir fou en se croyant « deux » ! :o)))
Quant à la faculté de se mettre à la place des autres, c'est une question "d'éponge", de motivation, de sensibilité, etc.
A part ça, je suis en train de travailler sur des vidéos explicatives de la psycho.
Car « lire » est encore trop fatiguant pour certains, et… On n’améliore pas les chose en parlant uniquement à une « élite ».

En attendant le moment de la thérapie familiale, passez un bon été, fait de dédramatisation, de communication et de compréhension :o) .

Suite de la conversation.

 

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