Emetophobie

 

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06/12/2013 (et suite)

 

Guizmo : Bonsoir,

J'ai la phobie de vomir, l'émétophobie. Je l'ai depuis l'âge de 5 ans, et je n'ai pas revomis depuis, soit, 20 ans. J'ai toujours vécu sans m'en soucier et sans angoisses "indirectes", je me sentais un peu angoissée seulement devant les faits "directs". Depuis 2 ans, la phobie a viré à l'obsession. Plus jeune, quand j'ai été malade, mon frère me méprisait car je vomissais : je n'étais "plus sa soeur" sic, parce je m'en mettais partout. Je pense que toute ma fratterie a été émétophobe. Ma grande soeur l'a été, ma petite soeur l'a été, mon frère, je ne sais pas, mais il venait nous voir ma petite soeur et moi, dans notre chambre, des soirs, à l'âge de 23 ans, parce qu'il avait envie de vomir, je pense qu'il angoissait. Ma petite soeur et moi avions vécu l'inceste par le père et toute notre frattrie a été battue et maltraitée jeune. Mère protectrice et impuissante. Aujourd'hui, je ne parle plus à mes frères et soeurs, nous sommes tous très froids. Ils me manquent mais renouer est difficile, tellement je me sens rejettée de ma fratterie. Depuis deux ans, je suis en dépression, au chomage, j'ai un petit ami qui est handicapé moteur, mais ne m'aide pas dans la phobie qui est devenue obsessionnelle. Je me sens en insécurité totale alors que j'ai quitté la maison très jeune. J'ai une hernie hiatale, donc la phobie n'est pas facile à vivre, étant fortement confrontée à des nausées. Aucune personne de mon entourage ne peut vraiment comprendre ... J'ai testé divers psys et je vis mieux mon inceste : le père est vieux et je veux profiter du peu de sa bienveillance depuis qu'on a tous quitté la maison, comme une voleuse. Rien, encore moins la vengeance de la justice, ne réparera mon viol. Je l'assume et j'utilise le pardon comme une arme. Est-ce une sorte de "résiliance" ? J'ai fais beaucoup d'instropection à ce sujet, d'autant plus que c'est l'homerta familiale à ce sujet et personne n'en parle / se soutient. Je pense avoir décelé des causes à ma phobie et je suis en paix avec moi-même mais celle-ci est toujours obessionnelle. Je vois un nutri pour mon poids plume dangereux et me force tous les jours à au moins prendre un énorme petit déjeuner. Je ne vis plus à cause de cette phobie et pourtant, par ailleurs, ça ne va pas si mal. Je ne vois pas vomir comme étant un danger même si ça m'angoisse énormément car je ne connais pas les sensations d'avant vomir depuis 20 ans ... Après avoir identifié les possibles causes et que j'ai peur de perdre la maîtrise de moi-même (inceste), que j'ai pardonné à moi-même puis que j'ai fais le deuil d'un bon père (une sorte de trahison), j'aimerais aspirer à une meilleure qualité de vie car c'est un "handicap" qui m'ôte les possibilités de travailler pour l'instant. Me changer les idées, je le fais, car faut bien vivre ... Au sens vital du terme, ne marche pas à effacer ces nausées (j'ai subi un coma de plusieurs mois quand même et je m'inquiétais plus sur si j'allais vomir ou pas, que de mourir même, je n'ai pas peur de la mort, à cause d'une maladie très grâve). Je m'aperçois que je dépense toute mon énergie pour les "contraintes vitales, admin, sociales" mais que je n'en ai plus assez pour "me faire plaisir", "éprouver du plaisir". Avant ces deux ans, j'étais plutôt épicurienne et bonne vivante. J'adore pourtant cuisiner et la nourriture mais je n'arrive plus à me nourrir. Mon ami qui est handicapé ne peut m'aider en rien du tout, n'en parlons pas de cuisiner, donc je n'ai pas le choix. Il m'arrive de cuisiner pour lui et de ne rien manger du tout de la journée, assez souvent, même. Je survis, mais je ne vie pas à cause de cette phobie. Je m'excuse de ce pavé, je suis "lucide" sur ma peur, mais rien qu'une régurgitation suite à une éructation me fait peur et extrêmement mal. J'ai peur de vomir à cause de la douleur, j'ai peur de dégouter mon ami qui est facilement dégouté et qu'il me renie, j'ai peur de ne pas savoir comment faire, j'ai peur d'aller aux toilettes, je n'en suis capable, j'ai peur de manger mais surtout de boire (j'ai donc des soucis de santé rénaux), j'ai même peur que nos animaux en lêchent après *rires*, peur du vomi des autres, limite hypocondriaque pour les maladies qui font vomir seulement ...

Je m'excuse de mon pavé et vous remercie de votre compréhension.

Beaucoup de choses, et bravo pour le début de prise de conscience.

Vous dites :

Je m'aperçois que je dépense toute mon énergie pour les "contraintes vitales, admin, sociales" mais que je n'en ai plus assez pour "me faire plaisir", "éprouver du plaisir"

Avez vous « pas assez de forces pour faire des choses sympa » ou avez-vous toujours cette impression de ne pas mériter un quelconque plaisir ?
Avez-vous regardé la vidéo ici : que vous inspire-t-elle ?
Après avoir identifié les possibles causes et que j'ai peur de perdre la maîtrise de moi-même (inceste), pouvez-vous développer ?
Quelles sont les causes de votre culpabilité ?
Etait-ce réellement de votre ressort ?

 

09/12/2013

Guizmo : Bonjour et merci infiniment à vous pour votre réponse !

J'ai vécu beaucoup de traumastimes, je ne peux pas tous les écrire. Y'en a trop pour mon jeune âge (25). Mais c'est ce qui m'a appris à beaucoup relativiser. L'ombre reste cette phobie obsessionnelle de vomir, car je ne peux vivre comme une personne ordinaire et épanouïe, c'est une phobie de contrôle, somatique sûrement et endogène. Mes troubles allimentaires viennent uniquement de cette peur de vomir, j'associe le fait de manger à ce danger-là, je n'ai pas l'impression de me punir spécialement, ce serait plutôt de me forcer à manger malgré les nausées que je verrais cela.

Vous focalisez sur « ne pas vomir » pour occuper votre cerveau et avoir une façon de maîtriser ce qui vous arrive. Nourrissez votre cerveau avec des données nouvelles. (pas évident car la vie ne laisse pas toujours le choix, mais vous avez pourtant ce choix, ne l'oubliez pas). Le monde ne se résume pas à votre peur de vomir ou plutôt : VOTRE monde ne doit pas se résumer à votre peur de vomir.

Disons que ce que vous avez cité, c'est plus parce que je n'ai jamais le temps, ou si je l'ai, je n'ai jamais les ressources nécessaires "physiques" pour prendre du plaisir. Je ne crois pas que je devrais m'en priver, mais, personne ne peut m'aider. L'handicap de mon ami me demande du temps, à part ma "névrose personnelle". L'administration, mes contraintes sociales, mon compagnon, ne peuvent pas attendre, je le peux. J'ai l'impression que je dois être "utile", à défaut d'avoir la capacité de m'épanouïr. Parfois, il m'arrive, pour questions physiologiques, de m'allonger par périodes, car je ne me sens pas fonctionnelle, et mon ami a tendance à vouloir me culpabiliser. C'est très paradoxal chez moi : Je sais dans le fond, qu'il n'a pas à le faire, mais je me dis à la fois, qu'il a complêtement raison, que je dois me forcer encore plus pour faire vivre le foyer. Mais voyez-vous, c'est plus une question de "survie" que de "vivre". Et je prépare à manger pour lui avec des nausées, je crois que vous pourriez, compte tenu de ma phobie de vomir, comprendre cette difficulté.

Ne cherchez pas à être « absolu » (absolument coupable ou absolument pas coupable). Recherchez plutôt l'équilibre à savoir : parfois je mérite de me mettre un petit coup de pied, parfois je mérite de me reposer tranquillement.

Concernant la vidéo, je vous remercie de la partager, c'est plein de bon sens. Mais à présent, je ne me sens plus coupable par rapport à l'inceste, mais il me reste des séquelles sur ma fragilité face à la culpabilité que m'inflige mon ami, quand, par exemple, je n'arrive pas à avoir des rapports sexuels satisfaisants avec lui. J'ai très peur de me laisser aller aussi, comme séquelles, et le fait que je sois la seule qui puisse agir sur les aléas de la "vie" dans mon couple, fait que je me sens insecure et que je n'ai pas le droit de faiblir. Seulement, je commence au bout de deux ans, à faiblir.

J'ai intégré que je n'étais plus coupable de ce que j'ai vécu : inceste, maltraitance, la fratterie qui m'isole, être sans travail, mon ami qui assure les revenus (il est ayant droit et il n'a presque rien à faire, et je l'aide beaucoup), avoir subi le "complexe du survivant" lorsqu'avec une amie, à 17 ans, nous avions eu un accident en scooter, qu'elle est décédée deux jours plus tard à l'hopital, à la suite de ses blessures et que moi je n'ai eu que quelques bleus, une agression sexuelle à 14 ans, où j'ai su dire non, assez violemment d'ailleurs ... mais que j'ai été bien naïve de m'être faite quand même avoir sur Internet par un "pédophile" qui masquait son âge réel, mes frères et soeurs m'ont aussi culpabilisée d'être tombée grâvement malade d'une méningite mortelle et foudroyante parce que les parents ont prit soin de moi (surtout ma soeur, qui a la slérose en plaques, elle a été jalouse, qu'on me dit), la mort de mon Grand père que j'ai aimé plus que tout, qui a été présent pour moi, j'ai été la seule enfant à aller le voir le maximum de fois que je pouvais, et je me disais à l'époque, aussi, que j'aurais pu laisser tomber mes "devoirs" plus souvent, mais je sais que j'ai fais du mieux que j'ai pu .. Je crois que j'ai intégré que je n'ai pas été coupable, ni responsable....je ne culpabilise plus moi-même.

Mais la culpabilité que tente d'infliger mon ami en moi, puis mon état larvaire à cause d'une phobie de contrôle, essaient de me manger cette résilience auquelle je suis enfin parvenue. Je réalise que tout cela n'était pas de mon ressort, ou, au pire, à mon insu total. Par exemple, quand j'avais 6 ans lors de l'inceste, innocence de l'âge, je n'ai rien fait pour me "défendre" mais ce mot est une abhération, quand on ne voit pas le danger, surtout dans une famille puritaine ... C'est : L'état de sidération dont j'ai fais preuve (j'ai fais un malaise et je me suis réveillée plusieures heures, plus tard).

J'aimerais vraiment vivre un minimum, ne plus me poser de questions si je mange, la digestion est souvent monstrueuse, que je n'y pense ou pas. J'aimerais ne plus avoir peur de vomir. J'identifie les causes, et je pense que la peur d'être souillée, de salir, intervient aussi, en regard de mon passé.

Si votre cerveau assimile toujours (inconsciemment) l'information: « nourriture normale » à l'information : « liquide sexuel », il est logique que votre cerveau ne voulant plus subir, ne veut plus prendre « le risque » de manger.

Mais si vous avez fait le « travail » pour comprendre que vous n'étiez finalement pas « coupable » de tous ces événements, quelque part, vous avez fait le plus gros.

Reste à « rebooter le système », c'est à dire à reprendre les choses une par une, bien les identifier, et les assimiler correctement :

  • Qu'est ce que la nourriture ? C'est un ensemble d'éléments nécessaires à ma survie, et je mérite de vivre.
  • Qu'est-ce qu'un mal de ventre ? Il y a évidemment ne nombreuses raisons possibles, mais lorsqu'il est lié à l'angoisse, il faut aller mettre des baffes à ses angoisses. Il faut réapprendre à respirer posément, profondément, tranquillement. Se réhabituer, Le souffle a énormément d'importance dans notre stress. On croit que c'est uniquement parce qu'on est stressé qu'on ne respire plus comme il faut, mais parfois c'est parce qu'on ne respire plus profondément qu'on alimente son stresse. La conscience de sa respiration peut être un bon facteur pour votre guérison.
  • Qu'est-ce que la digestion : un processus permettant d'assimiler les éléments nutritifs et de rejeter les éléments non nécessaires. L'équilibre se fait tout seul. Il faut avoir confiance en son organisme. Inutile de paniquer ou de ne pas manger pour ne pas être en situation de panique.
  • Pourquoi vomir ? Un organisme vomit pour se protéger contre une infection, un danger. (la base est un infection réelle ou un surplein, une saturation). Lorsqu'un individu est « en panique » il vomit parce que les nefs serrent son système digestif et l'empêchent de digérer correctement : cela forme un « faux » trop plein.
    Respirer correctement avec le ventre (et non avec la poitrine / je vous laisse vous renseigner sur les techniques de respiration utilisées par les chanteurs/euses) permet de chasser complètement cette réaction de l'organisme.
  • Qu'est-ce que le plaisir ? Une réaction chimique qui permet de positiver lorsque son mental est trop dans le négatif.
    Ni « que du plaisir » ni « que de la souffrance » : chercher l'équilibre. Etc.

J'aimerais que mon ami soit plus écoutant et compréhensif. Je le protège de mon état dépressif, il le sait, mais j'ai l'impression qu'il ne veut pas m'aider. J'hésite à le quitter ... Mais nous nous aimons, je le pense réellement, même si ce schéma n'est pas sain. Je vous remmercie d'avance, bien à vous et à ceux qui me lisent.

Guizmo.

Votre ami n'a peut être « pas les mots qu'il faut » mais cela n'empêche pas les ressentis.

Comme disait le grand stroumph (oui, je sais, la référence n'est pas terrible) à la shtroumphette qui ne savait quel stroumphe épouser : « on n'aime pas quelqu'un pour ses avantages, mais pour ses défauts ». Autrement dit, aimer quelqu'un pour ses qualités, c'est facile, tout le monde peut le faire. Là où s'effectue la différence, c'est lorsqu'on comprend les défauts de l'autre, et qu'ils ne nous empêchent pas de vivre harmonieusement.

Question précise ? N’hésitez pas.

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