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25/11/2008
Julie
: Complément de ma question
précédente sur le délire : C'est une personne qui se sent persécutée
par son mari et pense que son entourage complote contre elle. 3 semaines
auparavant, elle faisait une fausse-couche.
Est-ce qu'elle avait ce sentiment
avant la fausse-couche ?
ou
Etait-elle simplement "mal à l'aise et angoissée" par sa grossesse (peur
des changements que la venue d'un enfant peut occasionner ?)
Y'a-t-il des preuves concrètes (et non
simplement des doutes et des peurs) d'une volonté de
nuire de la part du monde extérieur (mari, entourage, etc) ?
Dans sa recherche de "causes
aux effets qui arrivent", le cerveau est prêt à tout, même aux explications
les plus éloignées de la réalité.
Dans l'événement "fausse couche", quelle est la cause dans son cerveau
? Est-ce que la personne a une impression de culpabilité ?
Est-ce qu'une autre personne a fait quelque chose qui aurait déclanché
cette fausse couche ?
Notons que la femme qui subit une fausse couche éprouve naturellement
un sentiment de culpabilité (elle se pose la question : "qu'est-ce que
j'ai fait pour mériter ça ou provoquer ça ? Ai-je écraser quelque chose
? etc.")
Mais la réalité sur "la
cause" dans une fausse couche est généralement ailleurs :
Il faut savoir (au
risque de choquer les lecteurs(rices) dans un premier temps) que la fausse
couche est généralement une bonne chose parce que le corps de la
femme peut apparemment détecter lorsque la conception biologique de l'enfant
se passe mal. (je n'ai pas de données scientifiques à ce sujet, ce sont
justes des échos de médecins). Et la fausse couche n'est que la suite
logique à un problème de "fabrication". Alors, qu'est-ce qui a mal été
fabriqué et pourquoi est-ce que ça s'est mal fabriqué ? Les causes peuvent
être multiples (hasard du mélange des gênes propre à chaque naissance,
causes chimiques (absorption involontaire de molécules entraînant des
modifications dans l'agencement des cellules du fœtus, ) etc.)
Mais la femme a beau être "le centre de fabrication", cette fabrication
est issue de milliards d'années d'évolution de la matière (Evolution,
etc) et la femme ne décide de rien dans le mécanisme de fabrication. Evidemment,
son comportement peut influer sur l'avenir du fœtus : exemple, il est
déconseillé de prendre régulièrement de l'alcool, certains médicaments,
de faire du rugby, etc. Mais si ces comportements fortement déconseillés
ne font pas partie des comportements de la femme enceinte, alors il faut
accepter que le devenir de cette fabrication est totalement indépendant
de la volonté de la femme enceinte.
A ce stade des explications,
il faut également parler de "la part d'inconscient" car chez certaines
personnes noyées dans le doute, lorsqu'une fausse couche se déclenche,
après cet événement, toujours dans le but de "comprendre pourquoi c'est
arrivé", elles finissent pas "accuser leur inconscient" de ne pas avoir
voulu ce bébé.
Alors où sont les
limites de l'inconscient et du conscient ?
L'inconscient nous
fait parfois agir sans que nous comprenions nos agissements. Le sujet
de l'inconscient ne se traite pas en deux lignes, mais pour résumer :
que les informations dans notre cerveau soient "dans l'inconscient" ou
"dans le conscient", cela ne change pas grand chose au fait que les informations
de notre cerveau sont étiquetées "survie" ou "non-survie". Si une grossesse
est mal vécue psychologiquement, cela peut entraîner des complications.
Il faut le savoir. La psychologie de la mère peut influer sur la grossesse
mais il n'y a pas de liens scientifiquement établis.
Quoi qu'il en soit,
est-ce une raison pour culpabiliser et s'accuser d'avoir voulu un enfant
consciemment, mais ne pas l'avoir voulu inconsciemment ? Non.
Il faut remettre à leur place les doutes : il est normal d'être angoissé
par une grossesse (même si ce n'est pas une obligation, donc n'étant
pas une obligation, ne pas être angoissé par une grossesse est aussi "normal"
/ tout n'est que question de personnalité et de "voir le verre à moitié
vide ou à moitié plein").
En conclusion sur
"l'inconscient qui pourrait déclencher une fausse couche", il faut savoir
qu'une peur extrême peut engendrer un "accouchement prématuré" mais ce
cas semble réservé aux "peurs suite à un choc" (exemple : on apprend à
une femme enceinte que quelqu'un de sa famille a eu un accident).
Pour les "peurs latentes" comme celles qui résident éventuellement dans
l'inconscient, il n'y a aucune preuve de quoi que ce soit, et des femmes
dont la grossesse a été forcée (cas des viols), ont pu accoucher jusqu'à
leur terme sans pour autant avoir voulu cette grossesse consciemment ou
inconsciemment. L'inconscient ne doit pas être un mot "fourre-tout" pour
expliquer (donner une cause artificielle) aux évènements.
S'il y a des douleurs profondes, qu'elles existent vraiment, qu'elles
sont détectables, identifiables, alors il faut les soigner. Sinon,
inutile d'inventer des douleurs cachées ou de déformer la valeur (l'importance)
de ses peurs.
Par
delà toutes ces "raisons possibles mais non identifiées clairement", l'humain
doit apprendre qu'il ne peut pas tout contrôler dans sa vie, et accepter
cette position indélicate d'impuissance face à certains faits.
C'est dur pour notre
"ego roi" d'accepter une chose pareille, mais un ego, ça
s'éduque.
L'humain, pour sa
quête de "survie assurée au maximum" cherche à tout contrôler, à être
tout puissant. Mais la "survie assurée au maximum" n'est pas dans le contrôle
de toutes les données de l'univers (car le cerveau humain n'a pas les
capacités pour collecter et traiter toutes les informations de l'univers).
La survie assurée au maximum est plus dans l'équilibre, dans la relativisation
des évènements, dans le "faire du mieux que l'on peut sans vouloir absolument
être le (la) meilleur(e) du monde" car la perfection humaine n'existe
pas.
Pour en revenir au
cas que vous énoncez,
si le sentiment de persécution était déjà présent avant la grossesse,
il faut faire un travail de recherche plus éloigné dans le temps, et voir
si "l'impression de persécution", si les informations "je subis régulièrement
des évènements injustes" sont présentes ou non.
Essayer de voir à partir de quand remonte cette impression, essayer de
déterminer un premier traumatisme de départ, "d'injustice absolue".
Si le sentiment de persécution a été présent seulement après la fausse
couche, essayer de remettre à leur place chaque information et que chaque
"?" ait une réponse claire et vérifiée (vérifiée grâce à la communication
et la comparaison avec d'autres personnes) (mais ne pas oublier que parfois
le "?" reste un "?", et qu'il est inutile de forcer une réponse : il
faut rester humble), ceci afin que cet événement ne devienne pas un
traumatisme, qu'il soit "simplement" un événement pas agréable mais qui
n'empêche pas de poursuivre son chemin et de vivre de façon équilibrée
en ayant des joies, des peines, des joies, des peines, etc.
Espérant avoir répondu
à votre question. .
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