Mal-être à 12 ans

 

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30/03/2012

ladivadu91 :
Bonjour, j'ai 12 ans et j'ai des TCA je suis boulimique non vomitive et je suis vraiment complexé par mon corps alors qu'on me dit que je suis maigre, j'ai des pensées de suicides ainsi que des tentatives. j'ai voulu me sauver de sa en voulant voir un psy mais je pense que ma famille n'es pas du tout prête pour sa car nous avons déjà des problèmes familiaux et je ne veux pas les compliquer, j'ai peur qu'ils m'engueulent carrément car j'ai une personne de ma famille qui était Anorexique et ma mère péterait un câble si elle apprendrait que je suis en train de suivre sa voie, BREF que faire ???

Bonjour, Je précise que je ne suis pas un « conseil » en vie, je m’occupe uniquement des comportements qui paraissent incompréhensibles. Le premier questionnement qui apparemment vous gêne c’est : « est-ce que je suis grosse alors qu’on me dit que je suis maigre ».
Pour déterminer « qui se trompe » (et se tromper n’est pas une catastrophe) il faut que vous déterminiez votre IMC (Indice de Masse Corporelle) soit sur internet, soit avec un ou une professionnelle de la santé (vu votre âge, le premier pas est d'aller voir votre infirmière scolaire / s’il y en a une dans votre école. Sinon essayez de voir si vous avez la possibilité de prendre rendez-vous avec un(e) psychologue scolaire. Ça existe.)
Et si vous êtes dans la norme, essayez de ne plus focaliser sur votre poids. (si vous n'êtes pas dans "la norme", essayez d'apprendre à manger équilibré / lire également la suite).

Ensuite, si vous ne vous sentez pas bien et avez besoin de trouver « du bien être » dans la nourriture, il faut peut-être solutionner le problème qui occupe votre esprit.

  • Si c’est un problème existentiel, si vous n’arrivez pas à trouver votre place, c’est tout à fait normal à votre âge, soyez indulgente avec vous-même, inutile de vous mettre la pression.
    Ne restez pas « isolée » face au monde qui vous entoure.
    Essayez des moyens d’expression, que ce soit avec le corps (sport, danse, natation, etc) ou que ce soit avec le reste (chant, théâtre, etc). Il y a surement des activités qui vous conviennent et qui vous aideront à « exister ». (ne pas chercher être « une star », mais chercher à développer ses capacités qui vous aideront à vous sentir bien, entière).


  • Si c’est un problème qui vous culpabilise, il serait peut-être bon de déterminer si réellement vous êtes « coupable ». (Je vous rassure tout de suite, les vrais coupables ne sont jamais anorexiques ou victimes de TCA). Il va donc falloir arriver à vous déculpabiliser en retissant les liens corrects qui existent entre les causes et les effets. (cette dernière phrase va surement vous sembler obscure, mais en plus simple : A un moment, vous cerveau a reçu une information (comme un choc) qu’il n’a pas compris (il n’a pas compris la raison de ce choc). Et comme le cerveau est fait pour tisser des liens entre les causes et les effets, comme il n’a pas trouvé de cause, il s’est dit : « c’est de MA faute ». Mais dans la réalité, ce n’est pas de « SA » faute. Dans la réalité, il y a d’autres causes au choc.
    Et ces causes, il faut les chercher, en communiquant (avec un psy d’école ou avec des amis très proches en qui vous ayez confiance), il faut demander l’avis des autres et ensuite prendre le temps d’y réfléchir. Ils n’auront pas obligatoirement raison, mais au moins, ils pourront vous transmettre des infos que vous n’avez peut-être pas.

Quoi qu’il en soit, les victimes de TCA ne sont pas coupables. Souvenez-vous en si vous êtes dans ce cas.

Pour la communication avec votre famille :
J’espère que les problèmes que vous évoquez ne sont pas « la raison » pour laquelle vous culpabilisez. N’oubliez pas que les problèmes des adultes sont leurs problèmes, et pas ceux des enfants.
Un enfant n’est pas « une source de problème » : un enfant expérimente et c’est aux adultes de le guider, de lui enseigner, de l’aider à résoudre les problèmes qui se posent dans la vie.
Ça s’appelle tout simplement l’éducation.

Mais quoi qu’il en soit, un enfant n’est pas responsable des incompétences ou des maladresses de certains adultes.
Donc, pour ce qui est de la communication avec votre mère, il n’y a pas de « conseils » à vous donner.
Juste des recommandations : il ne faut pas que vous vous imaginiez des choses sur ce qu’elle pense ou imaginer trop ses réactions, car
c’est dans ces moments là d’imaginaire, qu’on finit par s’enfermer sur soi-même et se créer sa propre prison

(on finit par avoir peur de ce que les autres pensent (de ce qu’on croit qu’ils pensent), par focaliser sur les autres et oublier qu’on a une vie à vivre « pour nous » et pas « suivant le regard des autres »).
Tout n’est qu’équilibre.

Pour les envies de suicide, n’hésitez pas dans les moments de « flip », à appeler un numéro de type « sos suicide ». Ce sont des gens formés à ces problématiques qui sauront vous écouter. Mais n’oubliez pas que les « moments difficiles » dont on ne voit plus le bout, ne sont que des « moments » et qu’après, tout reste ouvert, qu’il faut rechercher les solutions et que vous n’êtes pas seule ! (notre société nous habitue à avoir juste à appuyer sur un bouton pour que les choses se fassent, mais dans la vraie vie, il faut faire des efforts, et vous êtes capable de faire les efforts nécessaires pour enfin vivre :o)

Courage, vous allez vous en sortir car vous êtes sur le chemin de la compréhension. :o)

Votre cerveau n’est pas « mal fait », il se trompe juste dans les moments où il se croit « responsable de certains événements » ou lorsqu’il oublie qu’il y a des tonnes de choses qui apportent du bien être, (autre que la focalisation sur la nourriture).

 

Si vous avez un questionnement précis, n'hésitez pas.