Oser exister et dire.

 

Rechercher dans nos différentes pages, une réponse ou une question,
par date
ou par mot clé...

10/05/2013

 

bobbyblinie : Quand j'étais petite, des pédophiles dans le métro me touchaient sans arrêt, mais j'étais trop gênée de repousser un adulte. Jusqu'à mes 13 ans ou j'en ai enfin repoussé un qui s'est alors mit à balbutier et a quitté la rame. Depuis on ne m'a plus jamais touché dans le métro (comme si ils lisaient la faiblesse sur le visage des enfants). Cependant, vers 14 ans, le gardien de mon immeuble s'est mit à me toucher les fesses en m'enlaçant et essayait de m'embrasser. Comme c'est un ami de la famille et qu'il a des enfants, j'avais peur d'être la cause d'un éclatement familiale. J'en ai ensuite parlé à mon père qui a quitté la maison quand j'avai 4 ans et qui s'est remarié car je ne suis pas très proche de lui, ayant toujours vécu chez ma mère. Il m'a dit que je racontais des histoires. Il m'a tellement bloqué en ne me croyant pas que j'ai mis des mois avant d'en parler à ma nounou, qui a ensuite fait le nécessaire pour que ça s'arrête. Quand j'ai eu 15 ans, je me suis fait avoir par un prédateur sexuel sur internet qui m'obliger à me "violer moi même" par webcam, avec du chantage, me faisant faire des choses atroces très dégradantes pendant près de 2 ans. (j'ai attendu ma majorité pour porter plainte, il est maintenant arrêté....ce n'est pas la dessus que se porte ma question). J'avais peur d'en parler car l'été qui a suivi ce chantage, je suis allé chez mon ancienne meilleure amie. Son oncle qui avait 3 enfants et toujours sa femme, ma tripoté les seins a plusieurs reprises et a glissé ses doigts sous mon bas de maillot pour me toucher lorsque nous étions seuls. J'avais peur que d'une chose à ce moment là, c'était de briser sa famille car je me sentais responsable. J'en ai donc parler a ma meilleure amie, juste pour ne plus jamais me retrouver seule avec lui, et elle ne m'a pas cru, elle m'a dit que 'j'avais mal interprété' ce qu'il avait fait (cad toucher mes seins a pleine mains et glisser de doigts a l'interieur de moi). Le soir meme, les enfants de ce pedophile se sont acharnés contre moi en me traitant de menteuse, en disant que je fabulais car je n'avais pas accepter que mon pere ne me croit pas pour mon gardien (ma meilleure amie leur avait répété). En larme, j'ai tu l'histoire pour ne pas souiller l'honneur de cette famille, mais ma meilleure amie s'est empressée de raconter toute l'histoire a toutes les personnes de mon lycée en disant que j'étai une menteuse qui inventait des histoires.
Resultat : j'ai été traité de tous les noms, harcelée telephoniquement, juste parce que j'ai voulu éviter à cette famille de souffrir. J'ai songé plusieurs fois au suicide dès mes 15 ans donc, aussi a cause du chantage que je subissait et dont j'avais peur de parler (peur qu'on ne me croit pas). Je suis donc restée seule car tous mes amis m'ont tourné le dos en me traitant de menteuse. Je suis ensuite partie en Suisse pour mes études et me suis fait une nouvelle meilleure amie qui s'est elle aussi retournée contre moi car j'avais flirté avec un garçon (dont elle se fichait) mais que je ne lui avais pas dit. Elle a ensuite fait croire a tout le monde des choses affreuses que tout le monde a cru. J'avais également deux autres meilleures amies qui m'ont tourné le dos sans explication un an plus tard, au moins l'autre c'était parce que j'étais "sortie avec un garçon" et nous avions 22 ans... Ma question est donc la suivante : j'ai l'impression que le schéma de ma vie se répète sans arrêt, que je suis le détenteur de la verité mais que pourtant personne ne me croit jamais (sauf la gendarmerie quand j'ai porté plainte et qui a pri cette histoire très a coeur et qui a retrouvé l'homme en question). Les personnes préfèrent croire des choses infondées, comme si mon image était tellement négative que mon propre pere, mes amis, des adultes ont préféré me tourner le dos plutot que de me croire. Je ne comprend pas pourquoi cela se déroule ainsi. Je suis très fatiguée de cette vie qui semble être un tourbillon, dans lequel je m'attache a des gens qui se détachent très rapidement de moi, me rejetant. Je n'ai jamais mal agit a mon gout... et pourtant... Lorsque je raconte ma vie, cet acharnement me semble même a moi démesuré sans qu'il y ai une véritable cause. J'ai l'impression de semer le malheur autour de moi, car les gens arrivent a me haïr pour des mensonges qu'on leur raconte sur moi. Et ce qui a pu se passer (ma meilleur amie qui se retourne contre moi a cause de l'histoire de son oncle) se retourne sans arrêt contre moi car par exemple avec cette amie de Suisse, j'avais le droit a des "tu mérites ce qu'il t'est arrivé" "normal que tes amis soient partis" et j'en passe... Des phrases plus blessantes que vraies, placés en raccourcis...
Le seul ami qui me reste dit que c'est de la jalousie... peut-etre pour ce cas mais cette accumulation de cas fait que je ne devient plus crédible...
J'ai peur pour l'avenir, j'ai l'impression que ma vie ne sera toujours que comme ça.

J'ai oublié de préciser que j'ai fait une tentative de suicide il y a un an mais que je m'automutile réguliérement pour calmer mes crises d'angoisse et de tristesse qui me menent à des idées noires dont j'ai peur. J'ai peur de me suicider car j'ai peur de faire du mal a ma mere, c'est la seule chose qui m'en dissuade pour l'instant. J'était anorexique il y a deux ans.
J'ai l'impression d'être devenue folle, et de l'être aux yeux des gens si ils savent ce que je fait.
Suis-je anormale?

Bonjour,

A la question « suis-je anormale », sachez qu’il n’y a pas de « normalité » chez l’humain, donc inutile de courir après un « modèle », l’important c’est de définir ce que vous êtes « vous ».

Etes-vous « vous » lorsque vous utilisez l’automutilation ?
En partie seulement, car l’automutilation comme vous le savez, n’est qu’un moyen d’exprimer sa souffrance, son impression forte d’être coupable.

Au fil des années, vous vous êtes probablement construit (faute d’avoir accès à une communication pleine et entière) tout un tas de certitudes.
L’une d’elle, est que vous êtes « coupable ».
Vous avez évoqué le divorce de vos parents, peut-être vous sentez-vous coupable, responsable de ce divorce ?

Sachez que l’enfant n’est pas coupable dans ce genre d’événement, c’est juste une question d’adultes qui ne savent pas gérer les différences, et où malheureusement ce sont les enfants qui trinquent le plus.

Comment pouvez-vous arrivez à vous enlever de la tête cette idée de culpabilité ?

Pas évident, surtout lorsqu’on se l’est répété pendant des années tous les jours. Comme expliqué dans les pages sur l’anorexie, vous devrez d’abord comprendre que « finalement, vous n’y êtes pour rien », et ensuite, arriver à l’intégrer dans votre vie de tous les jours. Pas évident, mais parfaitement possible. Courage.

Pour votre problème de relations humaines :
Tous les humains ne sont pas « égaux » en caractéristiques.

  • Parfois certaines personnes « attirent plus » que d’autres, de par leur sourire, de par leur capacité ou de par leur attitude.
  • Parfois également, le profond sentiment de manque d’amour, fait que nous agissons « pour nous faire remarquer », pour « attirer l’autre ». Mais dans cette « tactique », ceux qui répondent à cet « appel » sont souvent des « décalés » (les décalés mâles étant souvent porté sur le sexe, surtout si le moyen d’expression est une attitude « sexy », et les décales femelles étant souvent « jalouses » de l’attractivité d’une autre personne, surtout si cette autre personne n’agit pas suivant une certaine « norme », ou simplement agit différemment et qu’elles ne veulent pas agir de la même manière pour contrer cette « concurrence ».

Par conséquent, si vous voulez savoir où se situe votre survie (c’est avant tout VOUS qui devez le définir), mais elle passe par l’identification du traumatisme ayant eu comme cause inexacte : MOI. (vous).

Elle passe probablement aussi par une prise de conscience du « pourquoi j’attire les cons » et également par une définition de votre propre personne. Car on ne définit pas un individu suivant le regard des autres et suivant l’amour (éventuel) que les autres lui renvoient. L’individu se définit par ses agissements, par ce qu’il fait de sa vie, par ce qu’il pense, par sa propre philosophie de vie, etc. Tout un tas de paramètres subtiles. Il faut tenir compte de l’avis d’autrui, mais faire l’équilibre entre « vivre pour les autres » et « vivre pour soi uniquement ». Mais cet équilibre est difficile à atteindre lorsque l’on reste soumis à des obsessions (que ces obsessions soient la culpabilité ou la recherche d’amour).

Respirez.
Votre cerveau est capable d’aborder l’univers qui l’entoure, d’une manière juste.
Mais pour être dans la « justesse » il faut arriver à prendre un peu de recule, ne pas avoir peur de ses peurs, comprendre ses angoisses, ne plus en être esclave, et ça s’apprend lentement par la communication avec soi et avec les autres, en se posant tranquillement les questions « qu’est-ce que l’amour ? », « c’est quoi une vie assumée ? », « quelles sont mes propres capacités ? » etc, etc.

Courage, demain est un autre jour qui permettra beaucoup de choses positives, il est inutile d'angoisser pour rien.

 

N’hésitez pas à poser une question si quelque chose n'est pas assez bien expliqué.

.