La mythomanie ?

 

Rechercher dans nos différentes pages, une réponse ou une question,
par date
ou par mot clé...

14/04/2014 (et suite)

 

éléborus : Bonjour,
Rien sur votre site ne traite de la mythomanie ; que pouvez-vous en dire?
Je pense que ma fille (20 ans) en souffre et nous sa famille, aussi... Peut-on en guérir? J'ai l'impression que c'est la pire des maladie psy car , apparemment, le malade ne s'en rend pas compte ; et on sait bien que si on ne prend pas conscience des chose, on ne consulte pas... Eléborus

Bonjour,
vous êtes effectivement la première personne à poser la question, et je n'ai effectivement jamais développé ce terme.

Mentir est un acte bien répandu sur terre.
Du commercial qui veut vendre à tout prix, jusqu'au petit enfant qui ne veut pas avouer une bêtise ou une faiblesse, le panel est important.

Mais la question de « l'inconscience du mensonge » me pose problème.
On peut prendre l'habitude de mentir et ne plus faire attention à la véracité de ses propos. Mais est-on pour autant inconscient de l'inexactitude de ses propos ?

Quoi qu'il en soit conscience ou inconscience, le problème reste « la maladie mentale », c'est à dire la différence trop forte entre ce qui est réellement et sa propre vérité.
Quel est le fondement de la mythomanie ?
La réalité menace la survie du mythomane, le mensonge assure sa survie.
Pour soigner un(e) mythomane, rien ne sert de lui démontrer ses mensonges si l'alternative (la réalité) équivaut pour lui (elle) à « la mort ».
Pour qu'un mythomane n'ait plus à utiliser la solution du mensonge, il faut s'occuper du « pourquoi il voit la vie réelle comme une torture, comme un truc sans émotion assez forte, etc. »
Car le mensonge est parfois vécu comme une montée d'adrénaline, une drogue, quelque chose qui met du relief à une vie morne. (au passage dans ce type de mythomanie, pour que cette montée d'adrénaline existe, il ne faut pas d'inconscience du mensonge, mais bien une pleine conscience des limites franchies.)

Pour d'autres type de mythomanie, la personne peut s'aveugler dans ses fantasmes mensongers. Mais encore une fois, pour que le mensonge ne soit plus « une façon de survivre », il faut que la réalité soit « une meilleure solution que le mensonge », que la réalité ne représente pas un danger pour notre ego.

Si vous avez des questions précises ou si quelque chose vous semble mal expliqué, n'hésitez pas.

 

18/04/2014

éléborus : Y a t-il toujours une réponse à " pourquoi voit t il la vie réelle comme une torture "? C'est peut etre juste comme cela, une prédisposition... Vous avez l'air de penser que tout peut s'expliquer dans les maladies mentales, mais comme toutes autres maladies, la plupart du temps, elles nous tombent dessus comme ca, pas de chance quoi... Une prédisposition ou un truc mal fichu dans le cerveau, ou encore un déséquilibre chimique... Vous cherchez toujours "LE" traumatisme ; mais peut etre qu'il n'y a pas toujours de déclencheur aux maladie psy, non? éléborus

La question est importante.

Il est évident que nous ne sommes pas tous égo génétiquement : certaines personnes sont plus sensibles que d'autres. Et pour « gérer » une trop grande sensibilité il faut une psychologie forte. A l'inverse une sensibilité peu développée, engendre d'autres comportements sociaux.

Vous citez le déséquilibre chimique : il est évident qu'un cerveau qui n'est plus en état de raisonner, d'analyser son environnement pour répondre correctement (déséquilibre lié à l'utilisation de drogues (autorisées ou non) ou déséquilibre lié à un dis-fonctionnement de l'organisme) n'aura pas à chercher « le » traumatisme.

Mais le cerveau a autant de capacités à se soigner qu'à s'autodétruire.
Et il ne faut pas ignorer la part de la volonté, même si elle ne fait pas tout.

Y a t-il toujours une réponse à " pourquoi voit-t-il la vie réelle comme une torture "?

Le cerveau analyse une situation et réagit. A moins d'être dans une situation d'hallucination (données artificielles chimiques), il y a à mon avis toujours une réponse et une cause au sentiment de « torture ».

Peut etre qu'il n'y a pas toujours de déclencheur aux maladie psy, non?

Une maladie psy se caractérise par une déformation de la réalité. Plus on s'éloigne de la réalité, plus on est « malade ». La difficulté réside dans la détermination de « qu'est-ce que la réalité ? ».

Notre vécu nous donne des repères. (Le vécu des autres également. Mais ce vécu des autres, on a tendance à ne pas trop en tenir compte, rien ne vaut « l'expérience personnelle ».)

Si nos repères nous donnent une mauvaise appréhension de la réalité, c'est que nous avons déformé la valeur de certaines éléments. Déformer la valeur de certains éléments (avoir un rapport cause/effet inexacte ou avoir donné une valeur exorbitante à un événement) est la définition du traumatisme.

Pour certaines maladies, il y a des « terrains propices aux déclenchements de maladies ». Exemple, ne pas déterminer quelles sont nos valeurs durant l'adolescence, avoir le sentiment de « ne pas avoir sa place, ne pas exister ».
Mais je n'ai jamais eu connaissance d'une maladie qui ne soit pas liée à un « choc », à un traumatisme. (même si parfois ce traumatisme s'est nourrit progressivement par la suite. Une réflexion entendue à notre sujet peut ensuite nous faire focaliser sur un élément, exemple : « tu es trop gros ! » et ensuite, si nous avons du mal à trouver des vêtements qui nous plaise, etc, cela nourrit la culpabilité de départ, liée au « traumatisme » : la réflexion qui nous a dit « tu es trop gros »).

Je pense qu'il y a toujours un déclencheur, même si parfois elle est difficile à identifier, même si parfois, on n'a pas envie de trop fouiller.

 

Des précisions ? N’hésitez pas.