Oublier le passé ?

 

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07/11/2012

flo-flo : mon père m'a fait des attouchements sexuels depuis l'âge de 12 ans jusqu'à l'age de 40 ans. je n'ai jamais rien dit parce que ma mère avait des hallucinations auditives. Elle entendait une "radio".Elle avait des crises,elle délirait, "gueulait"comme une folle, parfois pendant des heures. Nous vivions en Afrique noire,nous n'avions aucune visite, aucun ami. Nous vivions en vase clos; cela pendant 5 ans. Puis ma mère a voulu rentrer en France avec moi(je suis fille unique). Depuis l'âge de 14 ans,je suis moi-même "borderline" je prends antipsychotique,antidépresseur, anxyolitique et je suis boulimique. Je suis suivie.
Mes parents sont morts tous les deux.
Je n'arrive pas à oublier !

Le cerveau est fait pour comprendre, pas pour oublier.
Comprendre le passé, vous permettra de vivre en harmonie, de retisser des liens qui n'ont jamais pu s'établir à leur juste valeur.
(trop d'émotions [émotion = reflexion très rapide] et pas assez de raisonnement [raisonnement lent = conscience]).

J'ai 58 ans. J'ai un mari adorable,mais je ne veux pas le faire souffrir. Je suis boulimique non vomitive et je suis grosse, difforme. J'essaye de comprendre mon vécu mais c'est dur ! Croyez-vous que c'est héréditaire ? Merci de me répondre !

Bonjour,

L’hérédité des comportements n’est pas évidente à prouver car à l’heure actuelle, la connaissance humaine n’a pas pu « isoler » les gènes de comportements précis (est-ce possible ou simplement une théorie ?). Sans oublier que certaines gènes sont « dormants », etc.

Votre mère : vous n’étiez pas responsable de son état. Peut-être elle-même a-t-elle vécu des choses peu agréables ? Votre père : les abus sexuels ne sont pas de la responsabilité des enfants, ils ne sont pas là pour pallier à un « manque » dans le couple ou pour être des « défouloirs ». Vu votre environnement familiale, il est normal d’être « perturbée ».

Si vous avez expliqué tout ce que vous avez vécu dans le passé à un pro de la psychologie, c’est une bonne chose.
Maintenant, vous devez arriver à vous déculpabiliser de tout ce passé en analysant chaque événement et en comprenant qu’une enfant de 12 ans n’était pas une adulte, et que lorsque l’adulte à continué à subir, cette adulte n’avait « pas le choix » car embrigadée depuis son plus jeune âge dans un monde qu’elle n’avait pas choisi. Comme une sorte de prison mentale. Inutile donc de vous en vouloir de ne pas avoir réagi avant. Tout ceci n’est pas de votre responsabilité, n’est pas de votre faute.

Votre boulimie : avez-vous le sentiment que vous « mangez pour vous faire du mal » ou « jusqu’à vous faire du mal », ou est-ce de l’ingurgitation de nourriture continuelle, parce que cela vous apporte un minimum de plaisir que vous n’avez pu trouver ailleurs (dans la richesse des plaisirs accessibles aux humains non-embrigadés comme vous l’avez été) ?

  • Si vous êtes dans le premier cas, le mot d’ordre est « déculpabilisation ». Ce n’est pas évident, surtout quand on a toute sa vie essayé de tisser des liens de causes à effets qui menaient tous à « c’est de ma faute ». Mais c’est possible avec le temps. Comprenez comment fonctionne le cerveau humain, comprenez pourquoi il a besoin de tisser des causes et des effets entre les éléments qui l’entourent. Votre cerveau n’est pas votre ennemi, même si parfois il peut s’être trompé dans ses conclusions, faute d’avoir eu accès en son temps aux connaissances qu’il fallait pour comprendre. Courage.

  • Si vous êtes dans le deuxième cas, l’idéal est de vous montrer que le monde entier peut être « source de plaisir ». Sortez, vivez, rencontrez, apprenez, ouvrez autant que possible votre cerveau au reste du monde, essayez de contrer ce « réflexe de survie » qui a consisté à vous concentrer sur les menaces qui pesaient sur vous et vous ont empêché de vivre « normalement ». Le monde extérieur n’est pas à l’image du monde familiale dans lequel vous avez vécu.

  • Si vous manquez de confiance en vous, là encore ce n’est pas de votre faute. Votre environnement familiale ne vous a pas « formé » à bien appréhender le monde. Mais l’environnement familial n’est pas la seule façon d’apprendre. Et il n’y a pas d’âge pour apprendre (même si lorsqu’on est jeune, on apprend plus facilement / on se trouve aussi plus facilement en étant jeune).
    Tout cela n’est pas évident et ne se fera pas par un « claquement de doigts », mais ça reste du domaine du possible, ne l’oubliez pas. Courage.

J'ai un mari adorable,mais je ne veux pas le faire souffrir.

Commencez par ne plus vous faire souffrir inutilement (puisque finalement, vous ne méritez pas de souffrir), vous verrez qu’ensuite, certaines peurs n’auront plus lieu d’être. :o)

J'essaye de comprendre mon vécu mais c'est dur !

Dur, ne veut pas dire impossible.
Les pires barrières sont dans nos tête, courage, c'est possible de les passer en mettant une jambe après l'autre.

 

Si vous avez des questions précises, n’hésitez pas.

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