Paranoïa & Communication

 

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06/07/2013

 

maribelle : est-il normal qu'une personne paranoiaque se renferme sur elle même aprés un conflit ?

Normal ou anormal, la question est plutôt : « que pense une personne paranoïaque qui se renferme après un conflit ? »
Le silence et le « peu » de communication s’expliquent par deux choses opposées :

  • la personne est en paix avec elle-même et avec l’univers qui l’entoure, elle ne ressent donc pas le besoin de communiquer plus qu’il ne faut.

  • La personne se sent en danger : si elle communique, elle aura l’impression de s’exposer, de se mettre à nu alors elle cherche un bouclier pour se défendre. Et faute de mots ou d’arguments assez « pointus », elle préférera « l’inexistence extérieure » en se taisant. « pas entendu, pas pris ».

doit on annoncer a une personne paranoiaque qu elle l'est ? et si oui comment ?

L’important est de ne pas mettre en danger la vie de la personne. Il n’y a pas de règle absolue en la matière, il faut déterminer si elle peut s’autodétruire plutôt que s’affronter et affronter ses peurs.
Si vous pensez qu’elle peut s’autodétruire, il est évident qu’il faut éviter ce genre d’annonce.

Mais encore une fois, pour éviter les drames, il faut avant tout se mettre dans de bonnes dispositions d’échanges, et… dédramatiser, relativiser les enjeux, etc.
Ensuite, le meilleur moyen que je connaisse pour soigner des informations erronées présentes dans un cerveau, est d’expliquer les mécaniques de survie, ne pas « condamner ou juger » la paranoïa, mais l’expliquer, comprendre que c’est une façon de se défendre d’un monde qui paraît agressif et dangereux, mais qu’à la base, il y a probablement un traumatisme, une fragilité qu’il faut réparer en replaçant correctement les éléments de l’époque à leur juste place.

La paranoïa est une réponse des cerveaux qui n’arrivent plus à mettre une échelle de dangers en phase avec la réalité. C’est également un manque de confiance en ses propres capacités de survie. Et cette confiance en elle, peut difficilement se reconstruire si on se contente de dire « tu es paranoïaque ».

Ce n’est pas évident mais il faut « lui expliquer la vie », lui montrer plusieurs philosophies de vie possible (et donc, ne pas chercher à lui imposer NOTRE point de vue), lui ouvrir l’esprit en montrant d’autres exemples de comportements, discuter tranquillement sur ces sujets, tout de suite calmer le jeu si elle panique, lui donner des clés pour qu’elle puisse affronter des dangers ou des menaces autrement qu’on mettant des étiquettes « danger total » dès que les choses ne vont pas comme elle le désire.
En une phase « elle doit reconstruire son équilibre ».

Pas évident.
Mais avant de pouvoir aider, il faut bien connaître les peurs et les joies de la personne en face, connaître sa vie, connaître aussi ses propres défauts (dans la manière d’expliquer les choses par exemple), et ne pas oublier que « la survie » ne passe pas par un seul chemin, mais par de multiples.

Votre question étant assez « générale », mes réponses le sont aussi, mais si vous avez une question plus précise, n’hésitez pas à la poser.

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