Gérer la paranoïa
et se protéger
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08/06/2013

 

Aurélia : Bonjour,
Comment faire lorsque l'on est victime d'accusations irréelles d'une personne paranoïaque pour y répondre sans l'enfoncer encore plus, mais en se protégeant soit même (lorsque ces accusations sont presque un "pousse-au-suicide") ?
Merci de vos conseils

 

Bonjour,
si la personne est réellement paranoïaque, il sera très difficile de la soigner en essayant de lui prouver qu’elle se trompe, car à un moment ou à un autre, les faits seront « interprétables », et qui dit « interprétables » dit « déformables » (dont l’importance est déformée, exagérée, etc).

La solution est à mon avis dans l’explication du processus qui mène à la paranoïa (et non dans une lutte sans fin d’explications, pour chaque chose paraissant menaçante).

Il faut donc aller au cœur du problème (mais prudemment, en déculpabilisant, en comprenant plutôt qu'en jugeant, en relativisant), aller chercher l’information qui a causé l’obsession, l’information qui « menace grandement la survie de la personne », pas celle du moment, mais celle qui a causé la fracture, celle qui a détruit la confiance en soi, celle qui a détruit la barrière protectrice entre « moi et les autres ».

Exemple : une personne peut avoir une peur panique des « étrangers » parce qu’un jour elle a subit le « viol » que constitue un vol dans sa maison. L’information qui a perdu sa valeur normale est dans ce cas, « l’étranger ». Un « étranger » est devenu une menace terrible, alors qu’en réalité, l’étranger n’est qu’un humain comme soi, mais dont « la place » n’est pas maîtrisée par la personne malade.

Solution pour remédier au problème ?

Que la personne arrive à parler avec la personne « étrangère à son village », qu’elle relativise la menace, qu'elle établisse sa propre place sans le monde (suis-je le centre du monde ? est-ce que « tout maîtriser » est possible pour un humain ou est-ce juste une envie maladroite liée à un sentiment (un sentiment est une analyse rapide du cerveau, et qui dit rapide, dit grande possibilité de se tromper car mauvaise prise en compte des éléments présents) de vulnérabilité passagère ? est-ce que mes activités répondent à mes désirs existentiels ou est-ce que mon cerveau s’ennuie et donc focalise pour s’occuper ? Etc.)

Rendre « forte » la personne paranoïaque par des occupations constructives, par de la communication libre, par la résolution de problèmes personnels passés, sont des solutions à mon avis plus porteuse d’avenir que d’essayer de raisonner un cerveau qui de toutes manières déformera sa vision du monde (on le fait tous plus ou moins consciemment) pour rester dans son monde connu (qui lui donne l’impression de mieux assurer sa survie / mais sa souffrance devrait être un indicateur lui permettant de comprendre que « son monde » n’est pas en harmonie avec la réalité).

La maladie mentale étant caractérisée par un trop grand décalage entre notre vérité et la réalité.

Si j’ai été trop vite dans le raisonnement ou si mes écrits sont incompréhensibles, n’hésitez pas à poser une question précise.

 

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