Les Phobies,
pourquoi, comment ?

 

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29/12/2008

Julie : Et les phobies ? Notre survie est menacée par un très grand nombre de choses chez le peureux. Pour le phobique c'est la même chose ?

Etre victime de phobies ce n'est pas simplement être peureux.
Le phobique se focalise sur un élément précis et cette peur est "panique", donc, très forte.
Mais il faut décrire où commence la phobie.
Exemple : j'ai peur des serpents.
Voir un serpent à la télé me fait peur ou me laisse indifférent ?
Si je vois un serpent en vrai devant moi, et que je sais qu'il n'est pas mortel :
me fait-il toujours autant peur ou me laisse-t-il indifférent ?

La phobie est en général une perte du repère de la réalité (rappel : la maladie psychologique existe, suivant le survisme, lorsque notre cerveau n'est pas en phase avec la réalité). Avoir peur de la présence d'un serpent est " normal ", c'est être en phase avec la réalité. Avoir peut du serpent que l'on voit à la télé et vite changer de chaîne en ayant eu une sueur froide, c'est de la phobie car la menace n'existe pas réellement.

Pourquoi une phobie assure la survie d'un phobique ?

Question qui paraît provocatrice car tout le monde sait que la phobie empêche le phobique de vivre normalement !
Alors, prenons les éléments tels qu'ils sont :

Le phobique identifie comme danger une information (exemple : présence d'une araignée).
Ce danger lui paraît extrême. (l'araignée, ça va me tuer !)
Sa solution : la fuite, la réaction violente.

La maladie étant qu'il n'y a pas de danger réel. (l'araignée ne va pas me tuer).

Pourquoi a-t-il déformé l'importance de l'étiquette "danger" de cette information ?
(rappel : information = araignée, dans l'exemple).

Un peu à la manière de dominos, la peur de l'araignée est peut-être le dernier domino qui est tombé, un peu comme "le haut de l'iceberg". La focalisation sur un seul danger peut par exemple être un moyen de mieux contrôler les autres dangers qui entourent le phobique.
Le phobique va donc mieux assurer sa survie, dans la mesure où un seul danger à maîtriser sera plus facile à gérer pour lui que cent autres dangers.
Pour reprendre l'exemple des dominos, le phobique s'occupera de la dernière pièce de domino qui est tombée, pour éviter d'avoir à gérer les autres pièces du domino qui sont tombées.
La situation ressemble à celle de l'anorexique qui contrôle la nourriture faute d'arriver à contrôler d'autres éléments de la vie.

Pour comprendre la phobie d'une personne, il est important de ne pas se limiter à cette phobie, mais voir à quoi le cerveau associe cette phobie :
Exemple : une araignée ça vous fait penser à quoi ?
A une bête qui peut se glisser partout ?
A un truc à plusieurs yeux ?
A un tas de poils vivants ? Etc.
Ensuite, chercher à comprendre à quoi est reliée la nouvelle information
(exemple : "j'aime pas les araignée principalement parce qu'elles ont plein d'yeux" / "pourquoi plein d'yeux c'est dangereux ?" etc. Et ainsi creuser la question, non pas pour le principe de creuser, mais pour comprendre quelles informations sont reliées à quelles informations et voir si des informations sont déformées ou non.)

Et comment se fait le "choix" de l'objet ?
Pourquoi tel objet et pas un autre ?

Pourquoi un objet et pas un autre ?
- Par le hasard des rencontres de ces objets,
- Par leurs symbolisations (je ne parle ici par de symbolisation ou interprétation loufoque, mais "information reliée à telle information", différente pour chaque cerveau, pour chaque patient, suivant le vécu personnel).

Par exemple, pourquoi devient-on émétophobe ?

Emétophobe. Je ne connaissais pas ce mot. (pour info, c'est la phobie de vomir). Je ne connaissais pas ce mot, mais je connaissais cette phobie car une personne proche de moi en est victime.
Quand je lui ai demandé "pourquoi ça te fait peur ?" Sa réponse a été :
"Un jour quand j'étais petite, j'ai été malade en voiture (vomi plusieurs fois). A midi, on m'avait promis que je ne le serais plus, qu'il fallait manger avant de voyager. Mais le voyage a duré 8 heures, un vrai calvaire et j'ai de nouveau vomi !"

Est-ce une réponse suffisante pour comprendre ?

Apparemment non.
Car toutes les personnes qui ont vécu des événement identiques ne deviennent pas émétophobes.
Et toutes les personnes émétophobes n'ont pas vécu ce genre d'expérience.
Alors j'ai creusé la question et certains informations sont revenues à la surface :

Après plusieurs question, j'ai pu constater que c'est une personne timide qui n'ose pas dire tout le temps ce qu'elle pense, et l'avis des autres lui semble très souvent mieux que ce qu'elle pense.
L'événement du vomissement alors que l'adulte lui avait promis qu'elle ne serait pas malade a engendré une perte de confiance dans les adultes et aussi fait disparaître un rapport de cause à effet : elle a l'impression qu'on peut vomir sans raison.

Or, que se passe-t-il lorsqu'on prive un bateau la nuit en pleine mer de son phare ? Il se sent perdu.
Vomir peut arriver sans raison ? Sans pouvoir être maîtrisé ? Panique !

De plus, il lui est très désagréable de vomir en public (rapport à l'image que l'on donne de soi aux autres).
Pour un être normal, être malade n'est pas un crime, mais lorsqu'on place en valeur dominante "le regard des autres", alors devenir malade c'est "se faire remarquer négativement alors qu'on devrait être invisible".
Cette pression par rapport à l'environnement (environnement = les personnes qui vous entourent) accélère le stress et donc facilite la sensation de malaise, de mal au cœur, et de possibilité de vomissement.
Au simple mot "vomir", est associé les informations :
"danger pour mon image auprès des autres, danger car pas de cause connue, répulsion face à l'acidité, etc."

Toutes ces informations font que l'action de vomir sort du cadre de la normalité et devient phobique.

 

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