Physiologique
ou
psychologique ?

 

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01/05/2015

 

Caro : Bonjour... Je suis une brunette de 28 ans. Je suis diabétique de type 1 depuis mes 14 ans, hyperthyroidienne de basedow depuis mes 12 ans. Tous mes troubles viennent de cet unique partie du cerveau qui gère les hormones, le sommeil, l'appétit, la gestion de l'angoisse. Mon TCA (boulimie violente avec pulsions et comportements compensatoires + état borderline diagnostiqué) a commencé vers cette période. De temps en temps, je vis de longues périodes de dépression (environ 2 ans à chaque fois) où je me laisse à proprement mourir dans une anorexie sans pratiquement aucun apport de nourriture, mais c'est seulement réactionnel aux aléas de la vie.

Lorsque j'ai réussi à équilibrer mon diabète, après dix ans d'essais, les crises ont radicalement disparu. Mais j'ai alors connu un épisode de thyrotoxicose (retour flamboyant de l'hyperthyroidie en rémission depuis dix ans), les crises sont réapparues progressivement. On m'a alors enlevé la thyroide. Acalmie. Maintenant, un an plus tard, tout est redevenu comme avant ces diverses solutions même si elles m'ont apporté des éléments de réponse à chaque fois...

Vu mon historique, je suis convaincue que la cause de ces troubles est physique voire hormonale, bien plus que psychologique, mais c'est terriblement difficile de tout équilibrer. Je soupçonne une déficience en cortisol. Le dernier terrain déséquilibré de ma vie étant l'angoisse (= mon homme a remarqué récemment que je faisais du bruxisme, donc que même en dormant j'étais stressée). Je ne suis pas quelqu'un de calme en général, mais en fait, même en dormant, je reste contractée au max.

Je suis convaincue que les personnes boulimiques comme moi, même non diabétiques, ont des troubles de régulation du sucre dans le sang à ces moments, car tout simplement je l'ai vérifié moi-même.

Tout le monde me dit d'aller voir un psy, mais moi je suis une scientifique... J'aimerais trouver une réponse scientifique à mes questionnements. La mécanique du cerveau et du corps est une mécanique logique en principe... Je ne trouve que des publications US sur les causes hormonales et biologiques (et donc traitables) des TCA.
Qu'en dites-vous ?

 

Bonjour,
en tant que logicien je ne m'occupe que du traitement de l'information par le cerveau, pas de biologie ou de chimie ou d'électricité (même si c'est forcément lié).

En vous lisant, vous semblez vouloir absolument qu'un comportement soit uniquement (ou principalement) à base physiologique, pourquoi ?

On sait que la génétique et certains paramètres physiologiques constituent un « terrain », en particulier dans le domaine des addictions (qui est, vu le caractère obsessionnel, forcément proche des TCA), mais si le terrain permet une culture, pour qu'un problème se développe, il faut une graine, et de l'arrosage.

Alors, quelle est la graine ? Quelle est l'information qui a été « mal rangée » et qui a ensuite généré le sentiment de culpabilité (dont vous ne parlez absolument pas... Il n'y en a pas ?).
Avez-vous regardé la vidéo sur les TCA ?
Qu'en penses-vous ?
Lorsque je parle de culpabilité, il ne s'agit pas de rentrer absolument dans un « modèle », peut-être que votre souci est uniquement physiologique, mais ces cas sont très très rares à ma connaissance, et d'une part, votre "chasse à l'équilibre par des réponses physiologiques" semble difficile, d'autre part, vous avez parlé de vos nuits, du bruxisme, de votre stress. Il faut écouter votre inconscient. Non pas en faisant des interprétations fantaisistes, mais si pendant la nuit [pendant le moment où l'inconscient (générant des rêves, etc) prend le pouvoir sur le conscient (qui lui, prend généralement le pouvoir dans la journée)] vous avez des « signaux de problème », alors il faut se poser des questions :

« Qu'est-ce qui m'agresse ?
Qu'est-ce que je ne maîtrise pas ?
Est-ce uniquement parce que j'ai des soucis physiologiques ? »
Et plus précisément :
quelle est l'information mal rangée dans mon passé et qui tourne autour de la période de 12 ans ? (puisque c'est le premier repère temporel que vous citez).

Ce qui suit n'est qu'une possibilité :
Parfois c'est au moment des premières règles qu'on se sent forcée à grandir, on se sent punie en n'étant plus totalement libre comme avant. Mais cela ne suffit généralement pas à développer un sentiment de culpabilité. Alors... quel était l'environnement de vos 12 ans ? Et avant ? Y-a-t-il eu des moments mal vécu qui ont généré des informations ensuite mal rangées dans votre cerveau ?

Le premier diagnostique « hyperthyroidienne de basedow » a été fait dans quel environnement familiale ? Scolaire ?
Quels étaient les symptômes ? A ce que j'ai pu lire sur internet, ils arrivent seulement vers 30 ans, pas 12. Alors... Quel a été le terrain psychologique de l'époque ?
Est-ce à partir de ce moment que cette « différence » par rapport aux autres a été mal vécue ?
("je subis ce problème, pas les autres". Ou au contraire, "quelqu'un de ma famille a ce problème, alors moi aussi")
Cette différence a-t-elle été mal vécue ?
Est-ce au contraire une façon d'exister ?

Tous ces questionnements ne sont pas là pour « faire souffrir » ou pour « créer des souvenirs artificiels » comme le font certaines approches. Ils sont là pour créer un déclic, ouvrir la bonne porte.

Le but est de déterminer scientifiquement le grain de sable dans la mécanique, d'explorer les possibilités dont certaines seront inexactes dans votre cas.
Le cerveau humain est une mécanique, mais la difficulté est d'identifier correctement les informations présentes en lui.
Et ce n'est jamais évident d'être à la fois "le sujet" et "l'analysant".
Il faut du recul, être neutre.

Pour compliquer l'équation, avec le temps, votre cerveau a surement construit des tas d'échafaudages, d'explications « logiques », et c'est très dur de démêler « quoi est quoi ».
La seule solution viable que je connaisse, est de trouver « la source ».
Le tout début.
Ce qui représente une sorte de « tabou » qu'avec le temps vous avez peut-être oublié.
Ce « truc » que l'inconscient a enregistré, mais que le conscient n'a su maîtriser.

 

Si vous avez une question plus précise, n'hésitez pas. Si vous avez la possibilité de faire un retour sur ces écrits, n'hésitez pas non plus. Le but est de faire avancer les choses, aussi bien pour vous que pour les personnes qui arriveront sur cette page, ... faire avancer modestement la connaissance.
Merci d'avance.