Identifications non-humaines
et réincanation
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26/08/2014

 

Impératrice : Certaines personnes, notamment des personnes : aux traits autistiques, trans*, et / ou ayant vécu un traumatisme durant l'enfance, développent une identification non-humaine (animal, créature mythologique...)
Cette identification s'accompagne de sensations de membres fantômes surnuméraires (queue, oreilles...), de sentiments de ne pas être dans le bon corps, de pulsions 'animales', jusqu'à des souvenirs d'une vie passée non-humaine.
Quel peut être l'avantage pour la survie de l'individu, d'assimiler ces pulsions, sensations, souvenirs et ressentis, à une identité non-humaine ?

L'avantage est de fuir, d'échapper aux notions humaines (aux caractéristiques et paramètres humains) et d'échapper aux responsabilités :

  • économiques, lorsque la personne est menacée ou ne se reconnaît pas dans la société qui l'entoure,
  • familiale lorsque il y a un lourd passé à assumer, etc),
  • de solutionner un problème existentiel lorsque des personnes proches l'empêchent (volontairement ou inconsciemment) d'exister.
  • lorsqu'une personne n'obtient pas une reconnaissance suffisantes des autres .
  • Etc.

Certaines personnes vont jusqu'à considérer l'origine de cette identification comme spirituelle (réincarnation, lien d'âme avec un animal, mission à accomplir sous forme humaine, punition divine).
En quoi ces croyances peuvent être préférables pour certains individus, à une considération psychologique du phénomène ?

Je pense que c'est principalement lié à la non remise en cause de sa personne.
Les exemples que vous citez, viennent de l'extérieur : réincarnation (donc vie autre), mission (dictée par une autre entité), punition (d'un tiers), etc.

  • Ce qui évite de se dire « alors... j'ai des problèmes mais il va falloir que je trouve une solution moi-même, je dois également me remettre en cause car si ça ne marche pas comme je veux, c'est peut-être que je ne fais pas ce qu'il faut... » etc.
  • Un autre paramètre est souvent « la récupération de pouvoir que je n'ai pas ».
    Certains pensent être la réincarnation d'une personnalité, mais jamais (en tous cas je ne connais pas cet exemple là) du paysan anonyme qui a galéré toute sa vie, qui n'a jamais rien fait de spécial, et dont plus personne ne se souvient.
    Pareil pour l'idée de réincarnation d'un animal : on veut être plus fort, donc on s'imagine être la réincarnation d'une bête « forte », rarement d'une souris qui a vécu dans un champs perdu, ou d'un moustique parmi d'autres milliards de moustiques ...
  • Enfin, ne pas oublier que l'idée de la réincarnation est une solution bien pratique lorsqu'on est terrifié par l'idée de disparaître à jamais (la mort ou autre forme de disparition/affective, etc

Se remettre en cause, aller fouiller dans son passé, affronter des choses difficiles = danger

S'imaginer "autre" = bulle d'oxygène = espoir = survie

Pratiquer une spiritualité tournée vers cette identification non-humaine, est-ce que ça apporte du bien-être à l'individu ou est-ce que ça ne risque pas de le marginaliser encore plus ?

La réponse à la question du « bonheur » et de sa quête, dépend du court, moyen, ou long terme. Il est évident que si la personne vit dans « son monde » et que cela lui apporte du bien être (plutôt que d'avoir à affronter ses problèmes une bonne fois), à court terme... pourquoi pas ?
Mais si elle a un contact régulier avec le monde extérieur, qu'elle inter-agit avec celui-ci, elle va être « en décalage », et le décalage peut être bien vécu ou mal vécu.
Cela dépend de la philosophie de la personne et de celles qui l'entourent.
Un ou une « gentil(le) taré(e) » comme on disait dans le temps, et bien ma fois, ce n'est pas un problème.
Mais il est évident que cette solution d'identification non-humaine pour un humain, est un décalage qui est « une maladie » dans le sens où il y a un décalage important avec la réalité.
Mais il sera dur de lui « montrer la réalité » car la réincarnation ou ce genre de domaine, est de l'ordre de la croyance. Or si une personne décide de croire que tel ou tel élément est une valeur dominante absolue... Vous ne pourrez pas grand chose (c'est la limite du respect de la personne humaine : chacun doit rester libre de fixer ses valeurs dominantes. Ce qui n'empêche pas la communication et l'éventuelle remise en cause, sans agressivité).

Le tout est que la personne qui croit être la réincarnation d'un oiseau, ne se lance pas dans le vide en battant des bras, car la dur réalité du sol risque de se rappeler à son bon souvenir...

La « solution » si vous désirez agir et modifier sa croyance, ne sera pas de « s'attaquer » à sa croyance, mais de lui expliquer pourquoi elle a besoin de croire en cela, de comprendre ce qui dans sa vie a causé un tel décalage, et que, peut-être, elle peut penser autrement afin d'être encore plus forte.
Si la personne comprend cette mécanique, il est probable qu'elle doutera de sa croyance. Mais il faudra « reconstruire » car il ne suffit pas de « dé-croire » il faut ensuite savoir pourquoi on vit, qui on est, etc.

Quelles seraient les conséquences pour l'équilibre psychique, de ne PAS avoir développé une identification non-humaine suite à ces phénomènes de souvenirs, ressentis, comportements étranges ?

Si ces comportements n'avaient pas existé alors qu'ils participent à leur survie, il est probable que l'alternative soit « la non survie », c'est à dire la dépression, ou le suicide, le refuge dans une addiction, etc.
D'où l'importance, si vous décidez de prendre la responsabilité d'agir, d'aider la personne à se construire autrement (et construire autrement ne veut pas dire : suivre le modèle d'une autre personne, mais bien de trouver sa propre voie et voix.)

Est-ce que s'identifier à une créature non-humaine permet de mieux se connaître soi-même ? Est-ce lié à une meilleure conscience de soi ?

  • D'un côté je dirais « non » car c'est une fuite de soi-même et de ses problèmes.
  • D'un autre je dirais que l'exploration « d'autre chose » permet d'explorer ses capacités. Exemple : je me prends pour un loup, je vis dans la foret comme un loup, je prends conscience du froid, de l'eau, de la nature du sol, de devoir manger comme un loup, déchiqueter des lapins, manger froid (ou de la chaleur de l'animal lorsqu'il était vivant) et cru, etc. Et tous ces éléments aident à « prendre conscience du monde qui nous entoure ». Et prendre conscience du monde qui nous entoure permet également de se construire soi, car une personne qui sait, agit ensuite différemment de celle qui n'a jamais fait et n'a même pas idée de ce que représente de « vivre comme un loup » pour continuer l'exemple du dessus. Mais la conscience d'un animal n'est pas la même que celle d'un humain. En général, leur monde n'est pas aussi vaste que le monde humain (c'est d'ailleurs pour cela aussi que certains humains s'imaginent être un animal : le monde humain a tellement de paramètres, que certaines personnes saturent, et « devenir animal » permet de réduire les paramètres, donc d'avoir une vie plus gérable, de permettre à ces personnes de mieux contrôler leur survie).

Des études psychologiques ont-elles déjà été réalisées afin d'étudier les causes et les conséquences de cette identification, d'un point de vue des avantages conférés pour la survie et le bien-être ?

Aucune idée. Désolé.
A vous peut être de « tracer ce chemin » ? :)
(mais vous savez, comprendre la psychologie humaine suivant l'axe de la survie (comme le prône le survisme) plutôt que par les filtres freudiens ou autres, c'est un travail de pionnier... avec toutes ses difficultés... mais aussi toutes ses gratifications... Alors à vous de voir.)

Merci d'avance pour vos réponses.

 

si j'ai mal répondu à un questionnement, n'hésitez pas à reformuler.