Schizoïde ?

 

Rechercher dans nos différentes pages, une réponse ou une question,
par date
ou par mot clé...

22/10/2012

pyrus : Il me semble pas que vous traitiez , dans votre 1er livre, des troubles de la personnalité. Je pense plus particulièrement aux personnalités dites " schizoides"?

Vous avez parfaitement raison.
Je n’ai pas parlé des comportements shizoïdes non pas parce qu’ils n’existent pas, mais parce que la définition de « shizoïdie » est un peu floue.
La schizoïdie est « une constitution mentale prédisposant à la schizophrénie, caractérisée notamment par le repli sur soi-même. » (dixit mon dico).
Or, où commence le repli sur soi-même ? Est-ce qu’une personne passionnée par quelque chose, s’enfermant dans sa chambre pour satisfaire à sa passion (exemple : dessiner) n’est pas déjà dans "un repli sur soi-même" ?
Soit, dessiner c’est extérioriser, mais « manger de trop » est moins artistique mais tout autant une extériorisation…
Bref.
L’important n’est pas l’étiquette (même si toute étiquette permet de se sentir « mieux » (assure mieux notre survie) parce que donnant l’impression d’avoir cerné un problème ou un élément).
Mais l’important est de comprendre les constituants.

Dans ces cas, il n'y aurait pas d'éléments déclencheurs de ce type de pathologie ; ce serait génétique pour une part et/ou lié à une difficulté d'attachement dans la relation mère-fille... Qu'en pensez-vous ?

Génétique ?

Tant qu’on aura pas déterminer de façon certaine dans quelle mesure un patrimoine génétique a une influence sur les comportements (car pour compliquer, les éléments génétiques peuvent être présent, mais être dormants…) on ne pourra pas « savoir ».

Difficulté d’attachement dans la relation mère fille ?

Qu’est-ce qu’un attachement mère fille ? Où « finit » sainement l’attachement dans une relation mère fille entre « fusion totale » (quitte à perdre sa propre personnalité) et « déni totale d’existence » (quitte à cultiver un sentiment d’abandon avec toutes ses multiples conséquences) ? Où est l’équilibre ?
Surtout qu’il y aura toujours des « difficultés » car c’est dans la nature humaine de se confronter (plus ou moins pacifiquement). De plus, il y aura toujours des problèmes pour interpréter les « difficultés » alors que ce ne sont parfois que de simples « pérégrinations ».

Je comprends votre problématique : aider votre fille, se sentir responsable, …

N’ayant pas échangé avec votre fille, je ne peux pas vous donner mon avis (qui ne sera qu’un simple avis) sur votre et son problème relationnel. Mais vous avez besoin de repères, alors essayons de déterminer quelques éléments :

  • Si je me souviens bien, vous avez plusieurs enfants. Alors quels sont les éléments de « vécu » différents entre eux ?

  • Chaque cerveau humain peut se définir par « des valeurs dominantes » différentes du voisin. Quelles sont les vôtres ? Quelles sont les siennes ? Quels interactions entre vos valeurs ?

  • Est-ce que votre fille a « le droit d’exister » par elle-même ?
    (dans sa tête / dans votre tête).

La construction de la personnalité est LE défi pour chaque humain.
Mais ce défi n’est pas impossible, quoi qu’il arrive. Le tout est d’appuyer sur le bon bouton pour démarrer (trouver ce qui fait « vibrer », l’étincelle), et de ne pas manquer d’essence (d’avoir défini plus ou moins consciemment son « sens de la vie », parce que la vie ne doit pas s’arrêter aux difficultés rencontrées ou être une focalisation sur « l’étincelle »).

La dernière fois, je n’avais pas rebondi sur la thérapie familiale que vous avez suivi.
Si votre mari et vos autres filles ont arrêté, quelles sont les raisons ?
Si vous et votre fille avez continué, quelles sont les raisons ?
Qu’est-ce que vous en attendiez (chacune).

En conclusion momentanée, je suis tenté de vous rappeler que si vous désirez être « consciente » pleinement de la situation, rappelez vous que l’humain fait ce qui lui semble assurer sa survie, et ne fait pas ce qui lui semble le menacer. Lorsque vous fille s’enferme, c’est parce que « faire exister le monde extérieur » menace sa survie. Pourquoi ? En quoi le monde extérieur est une menace pour elle ? Il faut définir les « dangers » présents dans son cerveau. Mais également motiver l’existence des « bons moments » car la psychologie humaine ne se résume pas à une suite de problème.

En attendant vos réponses…

 

29/10/2012

pyrus : La thérapie familale à été arrêtée car le « protocole » est d'interrompre si un membre de la famille n'ai pas présent ; mon mari et mes deux autres filles ne souhaitaient pas poursuivre, cela leur pesaient déjà depuis le début . Je pense que c'était une erreur d'arrêter mais j'ai pris sur moi de ne pas influencer les uns ees les autres... Mes valeurs dominantes sont la famille, je précise : mon couple et mes enfants ( mes relations avec mes parents étant très compliqués).

La relation « petite fille / grands parents » n’est pas à mépriser.
Qu’est-ce qu’elle pense de ces « relations compliquées » ?
Est-ce qu’il y a matière à causer chez elle un manque de confiance ? (pour se construire, lorsque les parents ne sont plus le modèle (passage normal vers l’adolescence), la génération plus ancienne représente parfois un repère.
Et si le pont se coupe, l’enfant/ado se sent perdu, en manque de repères, et a du mal à construire sa confiance en lui.)
Mais ceci n’est qu’une possibilité parmi… beaucoup d'autres.

J'aurais souhaité que la famille soit une havre de paix.. et c'est le grand bordel depuis 4 ans... Valeurs morales : je souhaite poursuivre ma vie avec pour première condition le respect de l'autre. M'épanouir, grandir et m'améliorer ,dans ma vie en général, dans ma peinture, en particulier. J'ignore tout des valeurs de ma fille, elle est insaisissable par nature ou de par son mal-être.

Il faudrait idéalement commencer par là. Mais peut-être qu’elle-même a l’impression de ne pas avoir de « valeurs dominantes » ? Quand une personnalité est écrasée (pour X ou Y raison), elle n’ose plus exister, elle n’ose plus prendre le moindre risque, de peur d’être « encore moins quelque chose ». A-t-elle un moyen d’expression autre que la parole ? (la peinture par exemple, ou le théâtre, etc). C’est peut-être une artiste qui n’a pas trouvé son « média ».

Elle semble justement ne plus en avoir depuis le début de tout cela ou lorsqu'elle semble enfin en avoir, cela ne dure pas longtemps. Un de ses problèmes, c'est le manque de constance, de persévérance, elle baisse les bras dès qu'elle a une mauvaise note, ou alors c'est peut être une excuse pour ne rien faire ?

L’échec la tue.
Elle n’a plus confiance en elle et l’exposition est un « trop grand risque » pour elle. Elle préfère se lobotomiser devant une série télé. La question est : qu’est-ce qui l’a détruit ? Y’a-t-il un événement qui ait détruit complètement sa confiance dans l’échec (car échouer à un moment n’est pas un problème).
A-t-elle eu un enseignement pour gérer les échecs ?
Quand le reste de la famille vous semble « trop doué » et que vous avez l’impression d’être en concurrence avec les autres, vous pouvez prendre le parti « d’abandonner toute lutte ». Mais exister ne passe pas forcément par un positionnement par rapport aux autres. Encore faut-il avoir des exemples réels pour le comprendre.

Je pense lui laisser le droit d'exister. Justement, c'est même là le noeux du problème ; nous aimerions son père et moi, qu'elle « vive sa vie » ! Nous attendons cela impatiemment. Malheureusement, plus le temps passe et moins nous « visualisons » son autonomie.

Qu’est-ce que représente pour elle « l’autonomie » ?
« Vivre sa vie » pour elle, c’est quoi ? Devoir s’assumer ?
Si elle manque de confiance en elle, cela risque de lui sembler une montagne ! Une mise en échec immédiat ! Avant de vivre sa vie, il faut qu’elle détermine ce qui lui plaît, et pas ce qui plaît aux yeux des autres pour elle.
Son cerveau doit sentir son utilité.

Elle en est encore au stade, ce matin, de piquer des BN et de les manger dans sa chambre devant ses séries (qu'elle s'est juré à maintes reprises de ne plus regarder!), si je n'intervient pas, elle passe ainsi sa journée sur le même tempo... » Mais je n'arrive pas à travailler à la maison !» (elle est toujours boulimique ;+ 20 kilos en deux ans)

Je ne comprends pas votre question concernant « les éléments de vécu » différents entre ses sœurs et elle, pouvez-vous préciser?

Exemple : a-t-elle été en colonie de vacances quand ses sœurs n’y allaient pas ? (ou l’inverse) L’objet de ce questionnement de « vécu différent » est :
Qu’a-t-elle vécu que sont cerveau a ensuite interprété comme « un manque d’amour » ou « un manque de capacité », et qui ait fragilisé durablement sa confiance en elle ?

(suite)

n’hésitez pas.

.