Végétalien(ne) ou omnivore,
pourquoi ?

 

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11/09/2014 (et suite)

 

JulieM : Bonjour, Je suis végétalienne depuis 2 ans après avoir pris conscience que ce que nous faisions subir aux animaux (élevage intensif, maltraitance... ) étaient insupportable. J'ai pris conscience que les animaux avaient autant le droit à la vie que les humains, que nous étions tous égaux. Depuis des mois et des mois, je dialogue beaucoup avec des omnivores qui n'arrivent pas à passer le cap sachant qu'ils sont informés (par des vidéos, photos, etc)de tout ce qui se passe dans les élevages et abattoir. Un omnivore non averti est déconnecté de la réalité et conditionné depuis son enfance à manger de la viande, quand il mange,il ne pense pas qu'il mange un animal... donc je peux comprendre puisque moi même j'en mangeais. Pourquoi certaines personnes qui se connectent à la réalité, qui prennent conscience qu'elles ne peuvent plus cautionner cette souffrance et cette injustice arrêtent de manger de la viande du jour au lendemain et pourquoi d'autres disent qui leur faut du temps, qu'on ne peut pas devenir végétarien du jour au lendemain ?

Principalement parce que « l'acte de faire du mal ou de tuer » n'est pas fait par eux.

et pourquoi certains s'en moquent totalement ?

Votre valeur principale de survie est « la non souffrance, ne pas causer la mort d'un être vivant », etc. Sans doute parce que vous avez aussi une valeur dominante qui vous dit « ne soit pas coupable, c'est injuste, c'est mal ». Le sentiment de culpabilité est bien présent.
D'autres personnes végétaliennes viennent à ce comportement à cause de l'impact écologique de l'élevage, etc. D'autres encore, parce que leur survie leur semble menacée par la consommation d'animaux "toxics" (OGM, vaccination, etc).

Mais d'autres personnes n'ont pas ces valeurs dominantes. Pour elles, les humains sont des animaux comme les autres, comme les ours qui sont aussi omnivores, c'est « normal » de manger d'autres êtres vivants.
C'est la nature depuis des milliards d'années. Les microbes et les virus mangent les humains.
Les plantes vertes aussi sont vivantes. Pourquoi pourraient-elles être mangées ? Question de conscience ? De perceptions ?

ATTENTION : ce qui précède n'est pas un jugement de valeur (dire que c'est bien ou mal) mais une description de valeur (décrire les valeurs dominantes présentes chez les personnes qui agissent de telle manière, et chez celles qui agissent d'une autre manière).

La majorité des gens disent aimer les animaux, alors pourquoi les manger et leur faire subir autant de souffrance ?

Probablement parce qu'ils arrivent à se convaincre que les animaux qu'ils mangent n'ont pas souffert, ont eu une belle vie, etc.

La survie dans tout ça ? Rester dans la norme ?

Je ne pense pas que « la norme » soit une valeur dominante dans ce cas là mais ça dépend effectivement des lieux, car la notion de norme utilise « le regard des autres ».
Ce regard peut être présent dans une cantine, dans certains restaurant, dans le cercle familiale (un peu moins), mais n'existe plus en privé lorsqu'on mange seul ou dans certains pays où on mange peu de viande.
La norme dépend aussi du sujet. Il y a des sujets sensibles dans la société, mais celui de « choisir ce que l'on met dans son assiette » est plus « à la mode » « dans la norme » actuellement, qu'avant.
Evidemment, dire « je ne mange pas de viande » dans un lieu où on produit de la viande pour avoir un salaire... pose des problèmes à certains.
Là encore, une question de priorité dans les valeurs dominantes qui assurent notre survie.

 

14/09/2014

JulieM : Une valeur assez forte d'un végétarien ou végétalien serait la "non souffrance" selon vous. Me concernant, ce serait plutôt "l'injustice ".
Tuer pour un plaisir gustatif de 5 mn un animal qui souhaitait vivre, n'est pas tolérable...
On trouve toujours des excuses aux omnivores comme par exemple " ils mettent des oeillères pour continuer à manger de la viande, ils sont déconnecté lorsqu'ils mangent un morceau de viande, ils ne pensent donc pas à ce moment là qu'il mange un animal ", donc ne pas penser lorsqu'on mange un morceau de viande serait un mécanisme de survie pour celui qui n'est pas informé, ok...

Ce n'est qu'un avis, le mien.

C'est une question également d'empathie.
Lorsque des terroristes font exploser des gens, ils ne considèrent généralement pas ces gens comme « leurs semblables »mais comme des « sous êtres ». ça facilite intellectuellement leur geste.
Pour les mangeurs de viandes, ils seraient choqués de « manger de l'humain ».
Mais des animaux...
Voyez-vous le parallèle ?

mais le carniste qui ne souhaite pas changer ses habitudes, qui débat avec un végétarien, qui dit qu'il aime trop la viande pour s'en passer, la survie dans tout ça ? L'égoïsme ?

Plutôt qu'employer un terme emprunt de « jugement de valeur », disons que son monde est plus centré autour de son plaisir à lui, avec les valeurs pré-citées, et ce statut d'omnivore qui n'est pas remis en cause.

L'injustice aussi est quelque part, un jugement de valeur. Car... qu'est-ce qui est « justice » ?

Oui, « enlever la vie » nous paraît être un crime. Mais... où est l'équilibre ?
Certaines religions font porter à leurs adeptes, des voiles transparents devant la bouche, pour ne pas prendre le risque de tuer accidentellement un moucheron (pour ne pas les aspirer et les manger accidentellement).
Est-ce trop ?
Ces adeptes agissent ainsi parce que ça « assure leur survie » de respecter cette valeur.
Ne pas manger de végétaux parce qu'ils sont vivants, est-ce que demain ce sera une valeur prise en compte ?
Est-ce une question de conscience du vivant ?
Où doit-on situer la justice de la mort ?
Existe-t-elle cette justice là ?
Un enfant qui meurt nous paraît moins "injuste" qu'un "vieux" qui meurt.
Pourquoi ? La norme ? La justification de "il a déjà bien vécu" ! (comme pour certains animaux destinés à la boucherie ?)

Toutes ces questions ne sont pas là pour remettre en question vos valeurs dominantes.
Vos valeurs assurent votre survie, gardez les :o)

ps : je tenais à vous signaler que j'ai acheté votre livre il y a très longtemps et qu'il est un des rares à rester graver dans ma mémoire :-)

Très touchant.
Merci.
Si seulement cette approche était un peu plus connue...
Est-ce que ça aiderait ce monde à aller mieux ? ;o)

 

16/09/2014

JulieM : " Vos valeurs assurent votre survie, gardez les ". En quoi le fait d'avoir une valeur qui sur le fond nous fait souffrir assure notre survie ?

Ce n'est pas cette valeur qui vous fait souffrir. (Ne vous trompez pas de cause et d'effet.)
Ce qui vous fait souffrir c'est que vos valeurs ne soient pas celle de la société.
C'est ce manque d'harmonie qui vous nuit.

Pas le fait de respecter la vie animale jusqu'au bout. (qui est votre valeur dominante car elle assure votre survie plus que le comportement inverse).

Comme évoqué précédemment, l'égoïsme n'est pas forcément « un mal ». C'est un recentrage sur votre personne afin de ne pas « perdre la tête » dans l'immensité de la diversité de l'humanité.
C'est encore une question d'équilibre à trouver.

Chercher à améliorer le monde est une chose fort louable, respectable, constructive, mais votre ego ne peut pas changer certaines choses en claquant des doigts. Et en attendant que ces choses changent (avec notre apport) et bien on souffre plus ou moins.

Pour répondre à une de votre question... si votre approche était appliquée par tous les hommes, je ne sais pas si le monde tournerait mieux car pour mettre en application votre approche, je pense qu'il faut un minimum d'empathie. Et ce n'est pas donné à tout le monde (petite note négative, désolée) ;o)

Voulez-vous dire que si le survisme était connu, il pourrait servir aux « humains méchants » pour être encore plus nocifs ?
Je ne suis pas sûr. Mais c'est une problématique liée au libre accès aux connaissances.
Car la méchanceté se soigne par l'expression de ce qui menace notre survie, autrement que par la violence. Sans frustration puissante, pas de développement de la violence.
Et le survisme aide à comprendre cette mécanique, loin de la morale ou des luttes de pouvoir.

Mais je suis d'accord avec vous sur l'importance de l'empathie.
:o)

 

17/09/2014

JulieM : Non je m'excuse, je me suis mal exprimée. Je pensais plutôt à une personne qui appliquait votre approche envers une autre personne. Cela lui permettrait de mieux la comprendre. Exemple : Marc adopte de mauvais comportements envers Marie (égoïsme, dénigrement). Si Marie utilise votre approche et se pose le bonne question " pourquoi Marc est-il méchant avec moi ? " en comprenant par exemple que la méchanceté de Marc est dû à son passé, que Marc a besoin d'être méchant pour retrouver un sentiment d'harmonie car l'injustice qu'il aurait subi ne doit pas seulement le toucher lui, Marie pourra le comprendre (empathie) et qui dit comprendre, dit souvent pardonner (même si l'on ne cautionne pas). Ainsi le monde ne serait plus en guerre... ou moins ?
Voilà pourquoi je disais que l'empathie, cette facilité de compréhension, de se mettre à la place de l'autre, n'était pas donnée à tout le monde. Je vais relire votre livre, je me rends compte en vous lisant que j'ai oublié beaucoup en théorie, aïe aïe aïe... et merci pour toutes vos réponses neutres, quand les débats partent sur le végétarisme, c'est rare. Preuve que votre approche marche :-)

Merci.
Une précision : dans votre exemple, imposer de la souffrance aux autres permet de contrer un sentiment d'injustice. Mais je me rends compte que ce n'est pas assez développé dans le livre.
Pour certaines personnes, lorsqu'elles souffrent et trouvent leur souffrance injuste, un bien être est possible si elles savent qu'elles ne sont pas les seules à souffrir.
En gros : si une personne est la seule à souffrir, c'est inacceptable, si les autres souffrent aussi, alors c'est supportable.
Mais derrière ce « supportable » il y a sans doute l'idée de « communion » de la douleur.
La personne méchante a du mal (pour X ou Y raison) à exprimer sa souffrance.
Et son moyen de l'exprimer est de faire la même chose.

Un peu comme si un enfant ayant subit le jeu de la torture indienne (aux poignets) a pour seul moyen de décrire cette douleur, de refaire la même chose à une ou un camarade.
Résultat : « tiens, tu vois ce que ça fait ? »
Harmonie.
Sentiment de survie augmentée. (à tord ou à raison car évidemment la communication par la violence recrée un déséquilibre chez les autres et … etc.)

Bonne continuation.

:o)

 

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