Viols, anorexie, automutilations...

 

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15/01/2013

 

didine : bonjour,
je vous adresse ma question car je suis perdue, j ai été violée il y a maintenant 11 ans par cinq garcons. depuis malgré toutes mes tentatives , je n'arrive pas a assumer cela, durant toute mon adolescence je n ai jamais cessée de m autodétruire, automutilations, anorexie, drogues, alcool, médication abusive... et j en passe aujourdhui je vais avoir 23 ans et ne me sens toujours pas a ma place nulle part, je ne m aime pas, ne veux pas de ce corps de femme et les conduites dangereuses ont repris le dessus , je me rends compte que je n accepte pas mon corps qui me renvoie toujours cette agression . J’aimerais pouvoir me débarrasser de ça, accepter car je sais pertinemment qu il me faudra faire avec et accepter ce fichu corps avec des formes .
Si vous avez des suggestions je suis preneuse , merci d avoir pris le temps de me lire.

Bonjour.
Votre cerveau n’est pas votre ennemi. Vous avez été soumise à un événement : le viol multiple. Votre cerveau a logiquement classé cet événement comme « nocif » (menace sur ma survie). Il a logiquement cherché à comprendre « la cause » pour que cet « effet » n’existe plus à l’avenir. Mais faute d’informations valides, il a jugé que « la cause » de l’événement, était « moi », « mes formes ». Il s’est trompé cette fois ci. Mais ce n’est pas de sa faute : lorsqu’on subit des événements pareils, il faut pouvoir en parler avec une ou des personnes capables de « remettre » les choses en place après un tel chambardement.
La « cause » de cet événement, ce n’est pas « vous ». La cause est « l’ignominie » de gamins. Ces gamins n’on jamais appris à respecter l’autre. Pour eux, l’autre est un objet, et l’effet de groupe amplifie l’impression d’invulnérabilité même lorsqu’ils commettent un crime. L’ignominie est dans leur association de malfaiteurs. Vous, malheureusement, vous n’avez été qu’un « objet » à un moment précis. Mais en aucun cas ce qui vous est arrivé est de votre ressort, de votre responsabilité, même si votre cerveau croit que « si vous aviez été moins attirante, vous n’auriez pas subit cet événement ». N’importe qui peut se retrouver victime d’un viol, même un soldat dans une chambrée occupée par des malades.

Vous pensez « mériter » votre souffrance mais c’est inexacte. Vous n’êtes pas coupable des agissements de malades. Et il est inutile de s’en vouloir d’avoir « existé ». Et vous le constatez par vous-même, les punitions que vous vous affligez n’ont pas résolu le problème, n’ont pas permis à votre cerveau de retrouver de l’harmonie. Tout simplement parce que la problématique était fausse : vous n’êtes pas coupable de l’événement.

Vos formes ne sont donc pas un problème, elles font partie de la nature normale des choses. (l’anormalité était le comportement des agresseurs) Exister va maintenant être possible pour vous, car votre existence n’a jamais été le problème. (c’est l’existence des malades-agresseurs qui est le problème / mais ça, vous ne pouvez pas grand-chose si dans notre société il y a des cons).

Comme expliqué dans la page ici, la victime doit comprendre les motivations réelles de l’agresseur, doit comprendre la psychologie des malades, pour ensuite aller mieux elle-même, (comprendre que cet événement est un mauvais hasard), pour ensuite faire la distinction entre le désir sexuel normal et le sexe subit sous la violence.

Votre « place » dans le monde existe, mais votre cerveau ayant trouvé comme « moyen de défense » de ne pas exister, forcément, lorsque vous voulez exister à 100% il y a conflit, car une partie de vous dit « oula ! non, n’existe pas ! ainsi tu seras protégée ! »

Retrouver un équilibre n’est pas évident, mais c’est parfaitement possible.
Ranger les éléments présents à leur juste place, et avancer. :o)
Courage.

 

Une question précise, n’hésitez pas.

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