Volonté de changer
(trouver l'envie)

 

Rechercher dans nos différentes pages, une réponse ou une question,
par date
ou par mot clé...

04/08/2015

 

chama : Agée de 39 ans, et ayant des troubles alimentaires depuis l'âge de 17 ans, je n'arrive pas à me projeter sans ces repères-là, qui au final finissent paradoxalement par me structurer (rythme dans le temps, impression de redémarrage dans ma vie). Il y a bien évidemment des limites à tout cela : difficultés pour moi d'envisager une construction sur le long terme, difficulté à projeter la vie personnelle et professionnelle, difficulté du lâcher prise, puisque tout ce système est bien rôdé mais cadenassé.

Dernière fille d'une fratrie de 3, ai été la dernière à quitter la maison familiale, et je sentais que j'abandonnais ma mère (dépressive), seule avec mon père qui est un personnage compliqué, perturbé, nous ayant surtout transmis la peur de se lancer, la peur de la vie tout simplement. Je pense être assez lucide sur mon cas : lorsqu'on me laisse tranquille avec l'alimentation, sans pression ni regard, j'arrive relativement à respirer et à partager un repas, chose impossible en famille mais relativement réalisable avec mon ami ou des amis (tout est relatif, c'est vrai, je reste constamment sous contrôle, comme si cela m'appartenait à moi, et que je ne permettais à personne d'y avoir accès). Merci pour la lecture de ce mail et pour votre éventuel retour, Cordialement

 

Si j'ai bien compris, la problématique est : « comment changer de mauvaises habitudes ? »

Vous le comprenez vous-même, lorsque des habitudes sont structurantes et ne paraissent pas nocives au point d'en changer... pourquoi en changer ? Modifier la valeur de l'information « mes habitudes sont les bonnes » ne peut à mon avis se faire, uniquement avec « un choc » plus ou moins important.

Sauf que là, il s'agit de « créer » un choc « constructif ».

Vous n'avez pas donné de détails sur vos habitudes alimentaires, mais vous pouvez surement en regardant internet, prendre connaissance de toutes les conséquences d'une alimentation mauvaise.

Sera-ce suffisant ? Il faut également s'occuper de « l'envie ».
Avez-vous « envie » de vivre libérée de ces prises de tête ? Souvent ces maladies se lient avec la dépression et quand on nous dit « il faut réagir ! » la réponse dans sa tête est souvent : « à quoi bon ? » avec derrière des impressions comme « est-ce que je mérite d'aller mieux ? » « la vie mérite-t-elle d'être vécue ? », etc, etc.

Alors, si vous voulez que « l'arbre de votre vie » s'épanouisse, peut-être faut-il faire tomber certaines branches, autrement dit, peut-être faut-il « abandonner » les points de vue qui ne font pas avancer, vous faire « violence » de manière constructive.

Vous n'êtes pas responsable des autres, d'abandonner les autres, ni votre mère ni personne. La culpabilisation ne mène nulle part. S'il y a un souci, faites en sorte que le souci trouve une solution. Si la solution est hors de portée parce que dépendant d'autres personnes et de leur volonté, alors il faut admettre que « vous n'êtes pas Atlas ».

Connaître ses limites permet aussi d'avancer. Je ne sais pas si ces mots vous serviront. Si vous avez « coupé » les boulets que vous avez au pied (culpabilisation, focalisations sur la nourriture ou autre, etc), alors vous oserez exister et entreprendre et au final, avoir confiance en vous. Nourrissez votre cerveau avec plein de nouvelles choses. Le monde est immense et permet presque tout.

Courage.

Et n'oubliez pas que si vous vous êtes répété des milliers de fois "je ne mérite pas, je suis nulle",

il va maintenant falloir vous dire "je ne suis finalement pas si nulle et je mérite d'exister" des milliers de fois ! (une fois le matin une fois le soir, et lorsque vous commencez à déprimer dans la journée, ce sera un bon début ! ;) ).

 

Si vous avez une question plus précises, n'hésite pas.